CH. I. AVANT LES TROIS ROYAUMES
En 206 av.J.-C, les Ts'in, qui avaient établi leur domination ou suzeraineté sur les trois états barbares méridionaux Tc/i 'ou. Ou (déjà conquis par Yué) et Yué..., furent remplacés par les Han. Dans le bouleversement, «les Yué, c.à.d. le Koang-tong elle Foukien recouvrèrent leur indépendance.»
Ou ti, des Han (140-86), aurait, grâce à ses armées nombreuses, totalement soumis ces barbares. Mais «c'est une vanterie des auteurs chinois. En réalité. Ou ti partagea le Koang-tong entre différents princes indigènes.» Ces fiefs furent nominalement transformés en provinces de l'Empire. «Ils s'étendaient même fort au nord car celui de Ngao était au Lin^hoai, c. à d. au Kiang-nan. Quant au Fou-kien oriental, Ou ti en transporta les habitants au delà du Kiang.ïi
Peu à peu, les vrais Chinois s'assimilèrent partiellement ces peuples, ou les inscrivirent sur la liste de leurs vassaux et tributaires.
Ws^ de Harlez, qui professe analyser en cela Ma ToanAin, con(;}ut en disant que toutes ces causes donnèrent le change sur «l'extension ' de la domination chinoise sur de vastes étendues de territoires sur lesquelles elle n'avait aucune puissance.»
On voit dans quel sens, et moyennant quelles restrictions, les populations du Nankin préhistorique possèdent des titres à ce qualificatif de Chinois, Les Annamites et les Coréens de nos jours n'en n'ont pas de. moins fondés, sauf aux yeux des citoyens du Céleste Empire.
Le P. Gaubil, en sa Chronologie chinoise (pp. 30 et 47), mentionne brièvement l'origine de notre royaume de Ou, au Kiang^ nan ; d'après lui, six siècles avant notre ère, il existait, solidement établi sur le cours inférieur du Yang-tse, jusqu'au Kiang-si inclusivement. Nabuchodonosor, rappelons-le, dominait alors sur l'autre extrémité de l'Asie ; la civilisation chinoise faisait modeste figure auprès de la splendeur de son règne (605-562). Alors aussi les Phocéens fondèrent leur colonie grecque de Marseille.
Dans le numéro 10 des Variétés sinologiques, le P. Albert Tschepe S. J. a refait avec une grande rigueur d'érudition le tableau du premier et ancien Royaume de Ou (1122-473). Il comprenait, d'après lui, tout le nord du Tché-kiang, tout le sud du Ngan-hoei, la moitié nord du Kiang-'Si, et la plus grande partie du Kiang-sou actuel (1). «Nankin n'existait pas au temps du royaume de Ou, Cette capitale de Chine date du roi Wei (339-328) du royaume de Tch'ou, Le fameux Ts'in Che hoang-H jugea la position favorable pour une ville importante et l'agrandit op. cit. p.XIIL (2).» Asser-
(1) Consulter la Carte annexée à l'ouvrage; elle corrige et complète celle des PP. P*é et Lorando, qui n'étend pas assez vers le sud ce royaume de Ou.
(2) Le m(^me auteur a donné depuis l'histoire du royaume de Ts'm ^ qui a soumis tous ses voisins et donné naissance à l'Empire actuel de Chine. — Sous presse à la Mission catholique.