‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 64 sur 205 · GH. II. LBS TROIS ROYAUMES ET LES TSIN · texte numérisé non relu

GH. II. LBS TROIS ROYAUMES ET LES TSIN

une expédition contre le royaume des Ts'in postérieurs, Heou Ts'in fl^, (384-418) Il s'empara (Vlir L. 417) bientôt de leur capitale et envoya leur roi Yao Hong ^ f3i (416-418) en captivité à Kiert" K'ang, où on le décapita.

Lors de son retour, Lieou Yu fit halte à P'ong tch^eng J^ ^ {Siu-tcheou fou ^ ji\ J^)- Aux derniers jours de 418, il ordonnait l'assassinat du débauché Tsin Ngan H ^ ^ ^ (397-419), tué dans la Salle orientale par Wang Chao^tche î |8 î- Se-ma Té-wen 9 J^ fô 35Ci Prince Lang-ya wang $Hfl5 J, succéda à son frère, Tempereur défunt, enterré (l^^e l. 419) au Hieou-p^ing ling fifc^@|.

L'ambitieux Lieou Yu, déjà nommé Song wang Jjç 3E> Prince de Song, détrôna (VI« L. 420) Tsin Kong ti ^ ^ ^ (419-420). Quarante-huit heures après, il se constitua lui-même empereur, méditant, selon la bonne vieille coutume, de se défaire du monarque dépossédé.

En réalité, le meurtrier n'arriva que par étapes à ce régicide final. Ses intrigues criminellement prévoyantes avaient au préalable élevé Tsin Kong ti sur le trône; mais comme, dictateur sans scrupules, et régnant sous son nom, Lieou Yu, couvert du sang de tant d'assassinats, complotait ouvertement contre lui, cet empereur, circonvenu, obsédé, et redoutant un nouveau forfait sur sa personne, proposa à son ministre pervers d'abdiquer en sa faveur. L'intrigant général, auquel Nankin (Kien-h'ang) avait en 418 décerné une ovation triomphale, accepta ces offres peu spontanées ; l'indolent souverain, par devant tous les mandarins de la ville, lui fit remise solennelle de tous ses droits et privilèges impériaux. A la suite de cette mise en scène, le potentat démissionnaire, pourvu d'un titre de Prince de premier ordre, lin-ling ^A?ang ^ ^ 3Ei fut provisoirement confiné dans une retraite honorable. On lui assigna Mailing tsen comme résidence, à 50 li S. E. de Nankin; il s'y gardait de son mieux contre l'escorte forcée qu'on lui avait imposée plus qu'octroyée. Finalement, comme il gênait ou pouvait gêner, Ton s'en débarrassa par une série d'attentats {Cf. de MaUla; fin du T. IV, et début du V^ ).

En effet, l'an 421 (P Lune) Kao-tsou proclama Lieou I-fou, a W^^ son fils, héritier présomptif de sa couronne. A cette occasion, il offrit au T'ien ( Ciel du sud ) un sacrifice des plus pompeux; et, craignant pour les droits de son succeseur éventuel, tant que Kong ti vivrait, il essaya à diverses reprises, mais en vain, de l'empoisonner. Ses tentatives étaient déjouées une aune. Alors il lui fit porter une partie du vin rituel qu'il avait offert dans un nouveau sacrifice au Ciel, et qu'on avait mélangé de poison. Kong ti, pensa-t-il, n'oserait refuser de le prendre. Le fidèle Tchang Wei ^ ^ qui veillait sur son maître et avait écarté de lui plus d'un danger de ce genre, reçut lui-même la coupe et en vida résolument le contenu. Il tomba presque aussitôt martyr de son dévouement. Kao-tsou se vit donc obligé de recourir à la violence.

I m. FIN DES TONG T8IN, 420. 65

Par ses ordres, les deux frères de la femme môme de Kong ti s'efforcèrent de lui faire avaler un autre breuvage empoisonné. L'infortuné monarque,* dévot au bouddhisme (1), représentant que sa religion et l'espoir d'une heureuse métempsycose lui interdisaient le suicide, on l'étouffa avec la couverture de son lit (9® L. 421). L'usurpateur affecta le plus violent chagrin et fit faire à sa victime de splendides funérailles impériales.

Ainsi les Tong Tsin, ou Tsin orientaux, fixés 103 ans à Nankin (317-420), avaient compté onze empereurs. On n'a pas oublié que les Si Tsirij ou Tsin occidentaux, en avaient eu 4 à Lo-yang, ce qui parfait la liste totale des 15 Tsin. D'après les cartes, esquissant l'état de Nankin pendant cette importante période, la Ts^in Hoai, avant d'atteindre la ville, se bifurquait auprès du Tong-tsi men actuel, au Choei koan ^ g| (porte d'eau et vanne de retenue) du Kieou-long k'iao j\^ f| Ij^, au sud et à cinquante mètres de cette porte. Un des bras enserrait alors la ville au midi ; c'est le cours d'eau qui de nos jours se glisse sous la muraille, au Tong-tsi men, s'infléchit, bordé de maisons comme un canal vénitien, dans la direction du Nan men, remonte ensuite vers le nord par une courbe lente, pour sortir de la ville à côté du Choei-si men.

La page 4® du Kien 27 des Chroniques (Kiang^ning^fou tche) présente le plan du palais impérial datant de 330 ; inutile de faire ressortir le côté fantaisiste de ce document graphique et de ceux relatifs à ces époques. Il n'y faut puiser que de simples indications. Le tracé régulier des cités d'alors suffirait seul à nous mettre en défiance sur la valeur de ces plans. Leur autorité historique est meilleure.

De 221 à 589, sous les 6 Dynasties Lou-tch'ao, /^ ^ (2), la capitale pouvait avoir, si Ton en croit les mesures données, quelque chose comme 90 hectares de superficie, tout au plus ; ce qui représenterait environ l'équivalent de la ville tartare actuelle. Des villages couvraient à peu près toutes les buttes, et, au milieu de la cité, se dressait la résidence impériale, que l'on rebâtit encore (375) la 3® année deHiao-ou ti (373-397) des Tong-tsin. Lal7" année de ce même règne, on éleva un nouveau palais à l'est. Rien de plus fréquent que des mentions de ce genre. La structure caduque des constructions, aussi bien que les agitations de ces époques troublées, pourraient fournir la raison adéquate de ce fait.

Théâtre de vicissitudes sans nombre en ces temps calamiteux, Nankin est maintes fois pris et repris. C'est le sort peu enviable des capitales aux époques troublées. Sous Ngan ti (397-419) le

(1) Il avait fait fondre un Bonddha en or, auquel il rendait un culte assidu.

(2) Pour certains auteurs, l'appellation historique de Lou-tch'ao "six dynasties," ou Lou-kotto, "six royaumes," correspond à xine confédération de six états (Song, T*si, liiang, Tch'en, Wei, Tsin,) qui, do 221 à 589, se lipruèrent pour résister aux projets ambitieux des Ta^in d'occident. Cette conception synthétique cadre mal avec les faits.

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