GB. II. TROIS ROTAUMBS ET LES TSIN
pirate Suen Ngan l'avait menacé. Puis la ville eut extraordinairement à souffrir lors des guerres livrées ou soutenues par Lieou Yu, intronisé prince de Song par Kong H. Ses visées orgueilleuses, mal satisfaites de cette dignité, rêvaient déjà de la transformer en dignité impériale, en titre de dynastie. Et les événements devaient servir ses desseins ; ou plutôt il sut les plier à son insatiable ambition. Ce Lieou Yu, cet orphelin inconnu, parti de rien, artisan de sa propre fortune, arrivé au rang de généralissime des armées de Ngan ti (397-419), puis à celui d'Empereur, de fondateur de dynastie, à l'époque où les Francs Ripuaires envahissaient notre Gaule, reste l'un des plus fameux aventuriers de rhistoire chinoise, trop bien pourvue en ce genre d'illustration. Il s'était bâti à Nankin, où onze des Tong Tsin avaient régné, un palais nommé Lin-ling wang-kong, ^ ^ £ ^^ sur l'emplacement du leur, utilisé au début.
Kong ti (419-420), dépossédé par Lieou Yu, fut enterré (9" 1. 421) au Tchong'-p'ing ling, auprès du Tsiang chan (Tse-hin chan). Les Chroniques locales, ai-je dit, conservent la liste des sépultures impériales des Tsin, distribuées principalement sur les ramifications sud de ce groupe montagneux, à peu près entre T'ai-p'ing men, Tchao-yang men et les murs de la ville impériale des Ming, Je n'en ai relevé aucune trace (1).
Autre souvenir d'alors : « On remarque encore parmi les anciens monuments le palais du T'ai-hi, ou «premier principe des choses» {T'ai'-ki tien :fcSlB)» situé au nord du Chang-i/uen bien, et construit de 376 à 397; il fut reconstruit de nouveau en 513 ; il fut brûlé depuis par des soldats, puis reconstruit en 558.» Pauthier, Chine moderne, I ; p. 66. (2).
La Chine s'émietta alors en 16 petits royaumes : elle n'avait donc rien à envier à nos états européens de cette époque. L'empire des Tsiii, bordé au nord à peu près par les pays riverains du Yang-'tse, comprenait surtout une partie notable du sud de la Chine. On a prétendu qu'ils atteignirent parfois le Hoang ho : le sens des mots conquête et domination n'avait point encore la précision moderne que nous lui attachons ; même aujourd'hui, les
(1) En 420 (VIP 1. bisspxt.) Sontj Ou ii ^^^'^ dési^nm des f,'ardions pour toutes les sépultures impériales des Tain.
(2) Ta TsHng i-t'onçt trhr, Kiuen 3î). r. 14. La préffftun» do Tan-nung (Nankin ) renfermait alors 8 sous-préfecinres : I'' Kieu-l-'ang, la ville actuollo
II Mou-Iing ^ Ki aujourd'hui Mou-Uug koau ^ SE Bn
III Tan-yaug ^ ^, „ Siao Tan-ijaug i]> j^ ^
IV HoH-chou ^ ^, „ Jlov-chou trhcn M^^
V Kiaiig-ning flQ m -, „ Kiavg-ning tchcn ^ m W^
VI Yang-k'iu f^ JSi, „ un peu au S. K. de Si-hîa chan.
VII Tai-kHeou ^ ^, „ un peu au S. E. de Si-hia chan. Vin Fei îf » „ 9 li au Nord de Chang-yuen hieii.
j III. CARTE 5^ DBS NAN-TCH*AO, 420-583. îl
Chinois les entendent différemment, eux qui rangent tant de peuples dans la liste de leurs tributaires. La Corée, TAnnam, la Birmanie, le Japon, voire l'Europe, sont pourtant bien émancipés !
Sur l'autorité de Ma Toan-lin, Pauthier raconte qu'en 405 et 419, «des ambassadeurs (venus du -Royaume des Lions, se-^tse kouo ou Ceylan, jff ^p @) furent envoyés pour la première fois en Chine, afin d'offrir une statue de Fo, en jade.... Pendant les deux dynasties Tsin et Song (397-477), elle se trouvait dans le temple Wakoan %^'^ (du ^-Maître de la poterie") de Kien-k'ang, Nankin (1).»
Un plan récent de cette ville place la pagode Wa-feoan se intra muros, à l'ouest du iVa?i men. On la trouve déjà indiquée sur la VI** de nos 17 cartes : «Nankin sous les Nan-tch'ao.y) Répétons que le mépris, ignorant et puéril, de toute exactitude dans les distances et dimensions relatives, enlève à ces plans la moitié de leur valeur critique et rend tout au plus conjecturales trop d'identifications ou restaurations "topographiques. Quant aux recherches à exécuter sur place, les Chinois, on le sait, bâtissent en pauvres matériaux, et Nankin a subi d'innombrables catastrophes, qui ont bouleversé son territoire urbain, transformé en sous-sol de briques et tuiles cassées.
§ IV
Carte xvil — Résumé de la Glose de la carte «Nankin sous les Nan-tch'aOj dynasties méridionales» (420-583). Sous les dynasties Tsin, Song, Ts'i, Liang, Tch'en, Nankin, appelé encore Kien-k'ang, demeura la capitale (3).
(1) La niAnie ville posséda un jiutrc trésor plus précieux : Quand le R* V. C. Hart visita la dent de Bouddha au Mont Oml (Se-tch'oan, Kia-tin^r fou) un bonze lui confia qu'il y en a quatre en Chine: une sur le mont Kieou-hon chan /Lip lU. une à P^ou-Vou ÇPB (île du frroupf^ de Tchcoii chau y^ [Ij ) et une autre au mont Tai au Ho-nan (Hart, Western Chiua. p. 109) v. infra. C'est ptut ^tre celle qu'en 557, Tch^en Ou ti exposa à la vénération publique.
Le Yi*^ Milne, Vi<? réelle eu Chine, traduction Tasset, p. 242, mentionne près Ning-po, le Yo-war){,' qui s'élève sur un des sites choisis pour construire les 84,000 pagodes dont A.voh, roi bouddhiste fut le fondateur. A ce propos, notes de Milne et de Pauthier sur ce roi Asoka qui remonte j\ 1000 ou seulement 282 av. J.-C— Pauthier remarque que cela contredirait l'histoire chinoise qui place l'introduction du bouddhisme en Chine sous l'Empereur Ming ti vers le milieu du 1' siècle de notre ère. La G. (iéographie impériale L. 178. f. 22. u Monastère du roi Ayoh, situé i\ l'Est du district de Yin, au milieu de la montagne du roi Ayoh. Il fut fondé au commencement des années I-hi des Tçiu (405). Le monastère de ce Thn renferme les \'raies reliques du roi Ayoh (en sanscrit Asoka, roi indien, contemporain d'Alexandre), qui en est réputé le fondateur.»
(3) L'alluvion émerge et croît aux abords de Choei-si men, entre le canal et le Yang-tse ; les cartes se chargent peu à peu d'indications moins vagues, i\ mesure que les contours se précisent.
CH. II. LBS TROIS RQTAUMBS BT LBS TSIN.
A. — A la chute des Tong Tsm (419) les dynasties sus-nommées occupèrent successivement la même ville et le même palais, décorant Nankin du titre honorifique de Kin-lien ^|j& ou Chen-kao |f ^.
B. — La deuxième année Yuen-kia yQ ^ (425; sous Wen ti, 3* des Song) (1), à Test et à Touest de T'ai tch'eng ^E Jtftt ^^ ouvrit les portes Wan-tch'oen jK $ et Ts'ien-ts^ieou ^^ (10.000 printemps, 1.000 automnes). L'enceinte de la ville conservait les douze portes de la dynastie précédente, mais quelques unes changèrent de nom. Ainsi K'aUyang men ^ ^ f^ devint Tsin-^yang men ^^f^; Ling-yang ^ ^ s'appela Koang-yang men |||^ P^.
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(1) La Chine se trouvait divisée en deux empires, collectivement désignés sous le nom de Nan-pé tch'aoy "dynasties du sud et du nord". En voici le tableau emprunté à VHistoire du P. de Mailla (en t^te du T. IV.)
s IV. CARTE x^> nan-tch'ao, 420-583. 73
C. Sous les Song du Sud (420-479) au delà de la Hoai, k b H au sud (3 kiL) on ouvrit la porte de Kouo men g p^, au S.E. de Tch^ang^kan-li, près Fu-hoa Vai. Sous les Ts'i, rien ne fut changé aux portes. Sous les Liang, au delà de Toan men fj^ f^ (probablement Siuen-yang men) on pratiqua \<( Che kiué ^ ^, «ou porte de pierre» ; la vieille porte de TchouAsio men fut reculée à rouest, vers remplacement du pont actuel de Tchen-hoai k'iao ^ fl@l ^> mais un peu au nord. Dans une attaque contre le parc impérial de Tai tch*eng, la porte de Ta se-ma men fut incendiée (1) par Heou King ^ ^, général de l'empereur Liang Ou ti, contre lequel il était en révolte (2).
D. Sous la dynastie des Tcheou (551-590), Yang-tcheou, sur la Ts'in hoai au sud, et Tan^yang kiun restaient les mêmes préfectures que sous les dynasties précédentes.
Scptcntrioval.
Dynastie des Yucn-wei yQ ^[^ ou Tartares To-pa (u8G-o32). Cour à Yun-ichong ^ + (aujourd'hui ^^M^^:k^M Chnn-si) puis à P'ing-tch^eng ^ ^ (aujourd'hui :;*: O JH de :;fc l^/iï)' «nfin à Lo-yang ^ ^ (aujourd'hui î^ Ri ^ de
Nan-pé tch^ao,
Mi'n
(lional.
Song
Liang
Tch'en
Alors le fondateur des Soci passe le Yaiig-tse kiavg.
«Déjà maître de la Chine septentrionale, | JpT îfe Ij&F).
ce conquérant s'emparer encore de la Chine méridionale, et par là il réunit tout l'Empire sous sa domination.»
À) Dynastie de^TT^ orientaux, 53-1-5.50, puis des Pé-t'si ^t^, 550-577; Cowt ii Tchangté fou J^ fÉ/fif (Ho-nan).
B) Dynastie des Wei occidentaux, 535-557; Cour à Si-ngan fou ; puis des Heou-TcheoUy
(1) Il s'agit probablement des constructions en charpente et tuile» qui la surchargeaient selon le goût chinois. Sous ces Tch'en encore l'on rétablit la porte brûlée, et les noms des deux portes du palais, Wan-tch^oen ]5 ^ et Ts'ieti-ts^i^ou "T^ ^l* furent changés en Yun-long ^ gB et Cheii-ov ]pf PC' Koang-mou men Si ^ I j devint Pétsié men ^ 3^ | " . '
(2) Les Song réunirent les trois sous-préfectures Hoai-té Tj £, Tsi-k^ieou Ij] SU et Yang-kHu f^ jjji en l'unique sous-préfecture Lin-i kS vT î ot Yovg-pHng "^ ^ fut réunie à Li-yang Î3c Iw*
L'empereur Liang Ou il était né dans le bourg de T^ong-hia [^ X ^^ ^* souspréfecture de Moling hien JJ K Jib • i^ ^^ ^^ 1* sous-préfecture T^ong-hia hien |^ J JJP^ dont nous chercherons le site dans la région de Tch'ang-lo hiang "ft US ^, bourgade de Chang-yuen hien JL TC SS-
La dynastie Tch'en créa la préfecture de Kin-Jing kiun ^ K W (ancien Langyê kiu7i }® ?flS S») ^i^ sous-préfectures en dépendaient : Kien-ngan ^ ^f' T'ong-hia 1^ 5> Ou-chan j^ [jj, Kiang-cheng Jt ^î Z/m-i tS vT et Hauchou j|9 gj.
La préfecture Tan-yang kiun 7T ||3 ]Q| gardait sous elle les six sous-préfectures de Kiang-ning XL ^, Kitnik'ang jj^ ]^, Mo-ling ^ K, Kiu-yong ^ ^, Tan-yang :I9- I» et ii-yan^ ffll li.'