‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 66 sur 205 · DYNASTIE DES NAN-SONG · texte numérisé non relu

DYNASTIE DES NAN-SONG

ou SONG du SUD. — CAPITALE KIEN-K'ÂNC j^ J§ (NAN-KIN). HUIT EMPEREURS EN 59 ANS (420-479).

OU Tl, 420.-CHAO TI, 4J3.-VVEX TI, 42.;.

Plus haut (I), nous avons exposé comment, pour récompenser les services militaires de l'audacieux IJeou Yu §IJ ^, Tsin Kong ti W ^ ^ï dernier empereur des Tsiiij lui avait octroyé la principauté des Song ^, Traître à son prince, assassin de Ngan ti $ ^, il renversa également et assassina Kong ti ^'î^, puis il monta lui-même sur le trône en 420. Comme tant d'autres, le seul titre qu'il pût faire valoir au rang suprême était une usurpation criminelle et sanglante : melior est conditio pof^sulentis, "la raison du plus fort est toujours la meilleure» ; vieux axiomes, d'ancien usage, rajeunis dans la brutale maxime contemporaine : la force prime le droit !

Bientôt légitimé par la reconnaissance implicite du fait accompli, Lieou Yu passe pour le fondateur officiel de la dynastie des Song, d'où son titre de Song Kao-tsou ^ ff^ jlJ. En dépit de ses crimes exécrables, l'histoire (elle a de ces exigences!) exalte en lui de rares qualités d'organisateur, des vertus privées, une brillante bravoure, une habileté consommée. Grâce à lui, le Royaume des Song conquit un renom mérité de puissance. Nankin bénéficia particulièrement de sa sollicitude, bien qu'il y mourut (à 67 ans) après deux courtes années de règne effectif. L'ambitieux tyran est représenté comme l'adversaire déclaré du bouddhisme et des sectes étrangères: cette qualité lui vaudrait-elle, aux yeux des confucianistes, chroniqueurs ofïiciels, l'absolution plénière de tant de forfaits !

Son activité était infatigable. Pendant l'année 421, il jugea lui-même les procès des gens de Nankin, dans le parc Hoa-lin Yuen ^ i^^^ par trois fois différentes; un autre jour il alla

(1) Nombriî do menues particularités locales raoïitiounécs ici sont omises dans de Mailla. Pourtant nous conseillons vi\ement de recourir il cet auteur (12 volumes). Il insère bon nombre de faits plus généraux que nous laissons de coté, parce que déjà publiés en français, ils sont dès lors accessibles au lecteur.

f I. 80NG WEN Ti, 424-453. 75

rendi*e la justice dans la salle Yen-^hien t'ang 5§ ^ ^. A la 2® L. il présida à la Cour les examens des bacheliers et des licenciés. A la IV®, il ordonna de renverser toutes les menues pagodes où l'on pratiquait un culte différent du culte de l'empire. Puis (P L. 422) il fit bâtir le gymnase impérial Kouo Hio S ^- A la 7® L. un tremblement de terre avait effrayé Nankin. La mort le surprit dans le palais occidental Si tien |î^ (V° L. 422). Le même jour, son fils héritier, Lieou I-fou §IJ ^ ^ monta sur le trône. Song Chao ti enterra son père {Song Ou ti) au Tch'ou-ning ling ^ ^Ç jf^. SiaO'Che || ^ l'impératrice aïeule étant morte dans le Palais Hien-yang tien j^ ^ ^, on l'inhuma au Hing-ning ling §^^f^.

L'année 42 i passe pour une année calamiteuse. Dès la l^^e lune d'incessantes tempêtes et un ciel menaçant présagèrent de terribles événements. A la 5®, Siu Sien-tche ^^^ ^t Fou Liang ^ ^ détrônèrent Song Chao ti ^ ^p ^ et le réduisirent au titre de Prince Yng-rjang wang ^^î- Loi du talion, il périt assassiné (423-424). Un fait prouve à lui seul le rayonnement d'influence dont jouissait le Nankin d'alors : «Les Tartares Tou^kou-hoen Dj^ ^ ï5 (descendants des Sien-pi |^ ^ orientaux, cf. infra en 430) qui commençaient à se rendre formidables sur les frontières septentrionales de la Chime, envoyèrent pour la 1^»*^* fois des ambassadeurs à la Gourdes Song, rendre hommage h l'Empereur ('Song Chao ti)j lui payer tribut, et le reconnaître pour souverain. Ils arrivèrent kKien-h'ang à la 2® lune de cette année 423». De Mailla, V. 11.

On manda le Prince I-tou v^ang S ^ î nommé I-long H ^ et on l'intronisa (VIII" L. 424). Ce Song Wen ti ^ ^ ^ prit bientôt en mains (VIP L. 423) l'administration des affaires publiques ; il devait faire revivre les traditions longtemps oubliées, d'un gouvernement personnel. Après une sévère enquête (I^® L. 426), un décret impérial en forme de violent réquisitoire réca- )itula les crimes de Siu Sien-tche ^^ ^ i, et de Fou Liang H ^' finalement condamnés à mort. La sentence fut exécutée, ^uis, il envoya Tao Yen-tche 3âJ ^ i attaquer le gouverneur de King-tcheou ^J ji\ (Hou-pé) nommé Sié Hoei ^ ^. Lui-même se mit à la tête du gros de l'armée. Pourtant, arrivé à Ou^-hou |{t| }^, il se ravisa et rentra à Nankin. Le mois suivant, Siè Hoei fut pris et mis à mort dans la capitale. A la 5® lune, Song Wen ti Jjc^^ rendit publiquement la justice dans la salle Yen-hien Vang; chaque année il présida ainsi, par trois fois, les assises solennelles. Le neveu de Siu Sien-tche îiï ^ J^» nommé Siu Pei-tche f§ï fijl ^, tenta une révolution politique au début de 427 ; il périt décapité. A la 2® L. de cette année, l'empereur alla à Tan-rou ^ ;^ (aujourd'hui sous-préfecture de Tchen-kiang) visiter les tombeaux de ses ancêtres ; le voyage dura trois semaines. Une terrible épidémie de peste, à la suite d'une longue sécheresse, désola Nankin tout l'été ; le souverain prodigua les remèdes et les cercueils.

En 428 (l'"®lune), il se rendit, à l'occasion d'une revue militai-

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