‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 69 sur 205 · CH. III. LES NAN-80NG · texte numérisé non relu

CH. III. LES NAN-80NG

^^^ ï R mourut aussi cette année-là (VHP L. 464); elle partagea la sépulture de Song HiaO'^u ti. Une grande famine sévit alors, qui emporta les sept dixièmes de la population, chiffre difficilement admissible.

A l'automne de 465, Song Fei ti se mit en campagne à la tête de son armée et marcha contre Lteou I^kong ^ H ^, Prince Kiang^ /lia Wang Jt J[ ï, au Hou~pé. Le rebelle périt avec Lieou Fiienking <î( x; :! et Yen Che-pé M 6f iÙ

Vainqueur et de retour dans sa capitale, il y choisit les sites de quatre palais, fort célèbres dans la littérature chinoise ; en voici la liste : dans la ville de CheA'eou tch'eng ÇH j(^i il éleva le Tch'ang^lo kong ^^ ^ ^*le palais de la joie immortelle'*. Au Tong-fou tch'eng ]K j^ jj^ il bâtit le Wei-yang kong ^ ji^^. *'palais du plaisir sans fin. Sa villa septentrionale :|^ ^ devint le Kieri'tchang kong J^ IfL g et sa villa du sud ]^ ^ fut changée en Tch'ang-yang kong •^^'ë-

A la 9^ lune, il condamna à mort, je ne sais pour quelle cause, Lieou Tse^loan ^ ^ ^, Prince Sin^ngan v;ang ?Bf ^ ï- Puis il ordonna de préparer une expédition militaire contre Lteou tch^ang m ^, Prince I^yang wang H ^ £i Gouverneur de SiU'tcheou ^ ^ .

Oe dernier s'enfuit au royaume de Wei |J|. L'empereur se dirigea, par la colline Pé-hia ^ f (au S. G. de Mou- fou chan) vers le Yang-tse kiang qu'il descendit jusqu'à Koa-pou JBJ^ ^, grande île entre Si-hia chan et Tchen^kiang. A la 10® lune, il était pourtant de retour en son palais. Il le quitta le mois suivant pour aller mettre à mort le Général Ho man ^ HJ ^ ^ ^ jH. Puis il fit périr son propre ministre Chen KHng-tche StKjè- Lui-même, probablement par représailles, fut assassiné, quelques jours après, dans la salle Iloa-koang tien $5lu JS ^^ ^^^ fameux jardins Hoa-lin yuen ^ ^ B|, au nord de sa capitale. Il eut sa sépulture à l'ouest de la Terrasse du sacrifice au Ciel, près de MoU'ling koan Se fô 5B fi W-

Le lendemain de la mort de Song Fei ti, Lieou Yu ^J ^, Prince SiangAong -wang ^^]£, assassina le Xils du Prince Yu-tchang wang 31 ^ ï' marié à la princesse Chan-yn Kong-tchou jlj ^ ^ i, fille de l'empereur Song Hiao-ou ti ^ ^ ^ 'H^^ frère de Wen ti. Le meurtrier Lieou Yu [Song Ming ti) monta sur le trône au dernier mois de 465 ; sa mère Chen^che g^ R était enterrée à MoU'fou chan ^ )^ \\i' H lui conféra le titre honorifique de Siuen t^ai-heou ^ ^ jg*, bien qu'elle n'eût possédé jadis que celui de Tsié chou j^^', lorsqu'elle était à la tète des concubines de la maison de l'empereur. Mou-fou chan, par décret impc'Tial, devint le Tch'ong-ning ling ^ ^ ^. L'empereur accomplit sans retard la cérémonie traditionnelle au T'ai miao ^Jl^, le temple des ancêtres impériaux.

Le nouveau souverain avait à combattre Lteou Tse-Zitun ^

{ II. soNG WEN Ti, 424-453. 85

iF fllj> Prince Tsin^ngan wang § ^ 3E' ^"'' avant la mort de Song Fei tij • était entré en campagne, à Siun-^yang $ ^ au Kiang-si, et n'entendait point se soumettre. La lutte fut ardente. Enfin, à la 8* lune 466, Lieou Hieou-jen ^J fjfji ^, Prince Kienngan wang ^ ^ J, remporta sur l'ennemi plusieurs victoires décisives.

L'impératrice-mère, Lou f^ai-heou ^ ^ )§, mourut cette année. Elle fut inhumée au Sieou-ning ling f^ 5? ^•

Un remaniement des sépultures du Tch'ong-ning ling entraîna, en 467, différentes exhumations, pour lesquelles l'empereur eut à indemniser les familles intéressées.

Le Prince héritier habitait alors le Tong-kong ; il y reçut la visite de son père (IX** L. 468) qui, en 469, rendit la justice au peuple, dans la salle principale de son palais.

Alors fut fondé le collège Tsong-ming'hoan ^ §^ ^, sorte d'Université de prétention encyclopédique, dont l'empereur tint à cœur d'assurer le recrutement.

Ce lettré, ce dilettante, fît pourtant massacrer en 471 treize de ses neveux ; puis il transforma son ancienne demeure en la pagode Siang-kong se ^ '^ ^.

Etait-ce un présage funeste? A la première lune de 472, on vit l'image d'un géant imprimée sur la glace du Si tch'e U ^ ou étang de l'ouest. Et l'empereur tomba malade. Il prescrivit à son héritier présomptif de convoquer dans le Tong-kong 3^ § (cf. supra) tous les rois et princes, puis (3*'L. 472) par précaution, il fît mettre à mort le gouverneur de Yang-'tcheou igg ^t| jjlj ^, Wang King-wen 3E ;§; 3!t> dont il se défiait. Lui-même mourut un mois après dans son palais, King^fou tien ^ ÎSÎSR- ^ong Ming ti 5^ ^ i^ fut enterré (5« L.) au Kao-ning ling ig îÇ H- Dès le lendemain de son décès, Lieou^I |fl| ^, son fils héritier, le remplaça sur le trône. On le connaît sous le nom de Ts'ang-ou

Les débuts de son règne furent des plus mouvementés. A la 5° L. de 474, Lieou Ilieou-fan |fl| flc ^^ Prince Koei^yang wang ;^ 1^ 2 et. Gouverneur de Kiang-tcheou (Kieou-hiang) fL ji{ "^ ^, leva l'étendard de la révolte. Le lecteur admettra sans peine que cette attitude semble constituer la tradition monotone de cette époque. Siao Tao-tch'eng H Jl^ JQS marcha contre lui en qualité de général en chef, jusqu'à Sin-t'ing ^ Ç. Lieou HieoU" /"an ?( ff: H, parti de Sin-lin Jgf ;^, prit l'ofTensive et attaqua les camps retranchés du gouvernement nankinois. Un officier, nommé Tchnng King-eul ^ ^ j%^ feignit de se rendre à Lieou Hieou-fan, lui coupa la tête et la rapporta à la capitale. Tou Hè-li >Èt |^ j(||, un officier des rebelles, ignorant le sort de son maître, poursuivit sa marche en avant et vint emporter les citadelles de Pé-liia ^ f et de Che-t^eou Çfl|> les avant-postes de Nankin. La ville de Tong^fou '^f^ capitula elle-même. Les révoltés entrèrent

86 GH. It. LES NAN-SONG, 420-479.

dans la salle centrale du palais par la porte Tch'^ng^ming men ^TO P^* Siao Tao-'tch'eng US ^ ^ ^ ^^ nouvelle du désastre, dépêcha Tch'en Hien-ta ^ jP ^ avec un corps de troupes, à la défense do l'Empereur. Une bataille décisive se livra au village de Tou-mou tché tt^^. L'insurrection fut vaincue; Tou Hé-li périt dans sa défaite et Nankin respira pour quelque temps.

Comme ses prédécesseurs, Ts'ang-'Ou wang ^f§ 3Eî ^^^ n'eut jamais le titre d'Empereur (473-477), rend publiquement la justice au peuple dans la salle centrale $ + ^ îIS W^- Mais il a bientôt (VII® L. 476) à réprimer derechef une insurrection fomentée à King-k'eou t^t p (Tchen-kiang ^ ^) par Lieou King-sou {y -^ IK, Prince Kien-p^ing "wang J^ ^ I- Siao Tao-tch^eng Hf tS J^ fut encore le sauveur de l'Empire. Son lieutenant Jen Nong-fou ffi Jft ^ écrasa promptement la révolte.

L'opposition ne désarmait pourtant point ; Yxœn Tien~fou ^ fjj ^ conçut le perfide dessein de renverser le pouvoir existant; dénoncé, il paya de sa tète sa malheureuse tentative (477).

Nouveau tremblement de terre h la 5" lune. Deux mois plus tard, le souverain sanguinaire assiégé par son peuple dans Che-t'eou tch'cng est assassiné par les^eunuques dans la salle Jen-cheou tien fl M Sfi' ^^^ ^^^ conseils de Siao Tao-tch'eng, le maître réel de la situation, l'on manda à Nankin Lieou Tchoen ^^^ Prince iVj/antch'eng M'ang ^ ^ ï, et on l'y couronna empereur. C'était le frère du défunt (le 7® et avant-dernier des Song); l'histoire le connaît sous le nom de Song Choen a* 5^ |g ^ (477-479).

Lui aussi devait périr de mort violente.

A la fin de 477, Chen Yeou-tche J;fc fijc i, Gouverneur de King^tcheou ^J j|t| (Hoii^pé) lève des troupes contre l'omnipotent Siao TaO'tch^eiig , le souverain occulte qui dominait l'infâme Choen h*. De son côté, Yueyi Tch'an ^ ^ se révolte aussi dans la forteresse de Che-t'eou tch'eng; mais il périt dans un combat livré aux troupes du gouvernement. Siao Tno-tch'eng marche ensuite contre Chen Veon^tche qu'il défait à Sin-t'ing ff ^*. En 478, il rentrait, vainqueur, dans la ville de Tong^fou tch'eng J^f^ijj^- Aussi (.']° L. 479), bien qu'il ne fût encore que le Duc de Ts'i, Ti^'i Kong ^ ^, il intronisa son propre fils, en qualité de Prince héritier, dans Che^t'eou tch'eng. . Il transforma également en salles impériales deux des salons de sa résidence. Il prit ensuite le titre de TsH Wang JÇ J Prince de Ts'i, détrônant l'empereur Song Choen ti 5fç JR 'rj?î qu'il réduisit au rang de Prince Jou^ijn \K>ang ifç (^

Ce dernier clôt la liste de ces Song 5^, dont l'histoire garde un souvenir plein d'opprobre. Ils avaient agrandi la ville vers le sud.

(1) Une flotille, vomie de Ou-liou à Fnng rhan j} llj, ou T'irn-yn chan y^ RJ jlf (**montBgne carrée" ou "mouta^nie du sceau célcRto"), en descendant la Uoai et stR canaux Affluents, menaça d'attaquer Naukin, en 479.

j m. :PiN DES NAN-soNG, 479. 87

s'étaient bâti deux espèces de ''palais d'été ou d'automne". Une allusion au trop fameux Parc aux Cerfs pécherait ici par indulgence. Un jardin (on en désigne l'emplacement au coin N. E. de la ville actuelle, butte de Hiang-ling § ^, près de laquelle on vient de relever la pagode Hiang-lin se ^ ;^ %) demeure fameux par des orgies impériales, dont le récit éhonté ne tentera jamais plus, j'espère, un nouveau Suétone (1).

A ces dates, synchronisme qui a son éloquence (496), Clovis recevait le baptême à Reims.

Les plans indigènes annexés h ces pages, permettent de suivre le développement progressif de Nankin. Che^Veou tch'eng reste, durant ces règnes ignominieux, la citadelle, le réduit, à forcer pour emporter la place. On la remanie, on la munit sans cesse, tâche aisée, et elle sert souvent de résidence au prince héritier, ou à quelque grand ministre d'empire. Des villages palissades, élevés sur les buttes qui relient cet oppidum k la butte de Ilia-koan "^ ^ (Che-tse chan), ne seront que plus tard englobés dans le plan général de ces fortifications, mais l'incorporation se prépare.

Dans un autre ordre d'idées, d'intéressants changements ont lieu, qu'il ne nous faut point négliger. Les pagodes pullulent sous les Song, autant superstitieux que cruels. De civil (de neutre, si l'on veut), le culte de Confucius évolue rapidement dans un sens sacré, hiératique; on commence à désigner son esprit, ses apophtegmes, ses enseignements moraux, plus philosophiques que religieux, sous le nom de Kiao jjjç "doctrine, religion", qu'ils usurpent encore aujourd'hui. Sa liturgie aussi -se précise et, sur divers points, se crée de toutes pièces.

Concurremment, l'on sévertue à fonder de nombreux collèges ofliciels, mouvement civilisateur qui devait s'accentuer, s'accélérer sous les 2 ou 3 dynasties suivantes des Nan-TsH f^^ pendant deux siècles environ.

(1) L'ouvrago Fé-hia souo-yen 0 P Si ef' publié la 25» aimée de Tao-koang ^ ^ (184.5), placo un tombeau des Nmi-Song ^ ^ auprès de Koan-yn men |R "© f J et appelle l'endroit Uia viiao y Jw «pagode du bas.» Elle existe encore dans un vallon que domine au Rud le rempart de "grande ceinture", à quelques pas de la stèle du général Wang Te i ^S? élevée en 1154.

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