‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 70 sur 205 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DYNASTIE DBS NANTS'I (IX*).

CINQ EMPEREURS, FIXES A NANKIN (47i»-502).

Cette dynastie, très nankinoise, reconnut pour fondateur Stao TaO'tch'eng, le ministre meurtrier des deux précédents empereurs, Ts'angf-ou wanj; et Song Choen ti.

En eflfet, à la '*• lune de Tannée 479, cet audacieux Siao Taotch'eng, alors Prince Ts'i wang ^ï, avait usurpé le pouvoir en séquestrant Jou-yn wangf (jadis Song Choen ti) dans la vieille ville de Tan-yang hien ^ (| JK (Tang-rou hien § ^ JK)- Un mois après, il le fit assassiner. Pourtant il octroya au monarque déchu, sa victime, la sépulture impériale de Soei^ning ling ^ l^h ^, et prit soin d*installer des gardiens auprès des tombeaux de la dynastie des Song. C'est un usage chinois, auquel n'ont point encore dérogé les souverains de ce siècle, même pour les sépultures dévastées de la dynastie des Ming, à Nankin. Ta'i Kao ti (479-483) l'usurpateur, ne tarda point à installer dans le T'ai miao, le "temple des Ancêtres impériaux*', les tablettes de sept générations de ses propres aïeux. Et, à la 10* Lune, il alla leur offrir les sacrifices rituels, consacrés par la coutume.

Les premiers jours de Tannée suivante (480) il accomplit également les cérémonies traditionnelles à la Terrasse méridionale des sacrifices au Ciel.

Le roi de Wei j^, Hiao Wen ti $^ -^ ^ (471-500), envoya alors ses généraux menacer le nouvel empereur dans sa capitale. Pour en assurer la défense, Siao Tch'ang-meou Hf -g gj, prince héritier Nan-kiun v:ang || {fS £ , s'enferma dans Che^t'eou tch'engÇlgJS; et Taggrèssion n'eut point de conséquences sérieuses. Ces souverains, qualifiés empereurs, n'étaient guère en réalité que de gros chefs de partisans.

L'orage passé, l'empereur présida un banquet fastueux dans ses jardins du Lo-yeou yuen |^ ^ ^S- Cependant, en vue probablement de prévenir semblable attaque, il fil protéger chacune des six portes de la ville par des murailles en briques. Ces ouvrages consistaient, j'imagine, soit en barbacanes extérieures, soit en murs de renfort élevés derrière les portes. L'examen des types de fortifications urbaines du Nankin moderne autorise cette double hypothèse. En outre, Siao Tch'ang-meou, nommé plus haut, fut chargé de mettre la ville de Si-tcheou

XV T'tti-p'ing men.

XVI Muraille près de Te'Jng-liang clian. Lac hors ville.

XVII Portes du Ya-men du Maréchal tartare.

XVIII Porte de tribunal,

s I. TS'i OU Ti, 483-494. 89

ÎS iW iS (à l'ouest de Yé tch'eng)^ en parfait état de défense. Rassuré par ces préparatifs, J'empereur jugea publiquement les différends de son peuple dans la salle centrale. La tenue de ce Lit de justice populaire faisait partie des prérogatives impériales.

A la fin de Tété de 481, nous le voyons en visite chez Siao I "SE M^ prince Yu^tchang wany 9i 4^ £ i qui habitait dans la ville de Tong^fou ^ ^. Fidèle à la tradition de ses prédécesseurs, il fonda divers collèges d'instruction publique. Mais la mort l'atteignit à la 3® lune de 482 dans la salle Linkoang tien g^ 5È SSi' ®°^ ^^^' ^^ prince héritier, nommé précédemment Siao Tche ^ ^, accompagna le cercueil de TsH Kao ti 5SF 1S ^» jusqu'à Ou-tsin ^ jg (maintenant sous-préfecture de Tch^ang-tcheou fou ^ ji\ /j^), désigné pour sa sépulture.

Alors on inaugure les nouveaux jardins du Sin-Leou Houyuen sK ft îîSfl ^^ (483) et l'on rebâtit le palais qui dominait le canal Ts'ing-k'i ^^ (près Tchen-tchou k'iao ^^^). L'empereur T^si Ou ti fît mettre à mort dans le Hoa-lin yuen ^ ^ ^, célèbre jardin des environs du Pé-ki ko, le Général Tchang King-eul ^ ^ %, qui l'avait offensé. Cette année encore, la ville de Lang~ya ^ J^ fut transformée en celle de Pé'hia è T.

Siao Tse^liang ^ ^ g. Prince King-ling wang j^Bfï, reçut l'ordre d'aller compléter les fortifications de la ville Si-tcheou "g j\'\ (à l'ouest de Yé ich'eng). C'est ce Siao Tse^iang, l'un des 18 fils de l'empereur, qui, devançant de plusieurs siècles le monde moderne occidental, avait formé, à Nankin même, un cabinet, une collection, un Musée de vases anciens et autres antiquités. Ses amis, amateurs comme lui des arts et des lettres, le secondaient dans sa tâche intelligente (Cf. de Mailla V. p. 161). En 487, Siao Tse-liang se bâtit une vaste habitation, appelée V hôtel occi^ dental JS fli» sur les flancs de Ki'long chan. Il y réunissait les plus célèbres lettrés dans une sorte de salon ou cercle artistique et littéraire. Et pourtant l'heure n'était guère propice à la culture des arts libéraux! Jiâ|^|^IiFHWW«if*^«iltai J8 Ife^ i- Peut-être saisirons-nous ailleurs l'occasion de revenir sur divers monuments qui témoignent du mérite artistique de cette époque, mal connue.

TsH Ou ti passa, en 484, la revue générale de ses troupes (inspection navale?) au lac Yuen-ou hou TCJÇ J88'

A la V'^^ lune de 485, il sacrifia au Ciel du Sud, et, à la 2*^ lune au Ciel du Nord, sur les Terrasses destinées à ces rites impériaux. Trois mois plus tard, il alla visiter l'Ecole Tsong'^ming kodn ilBWffi* Puis, au début de 486, il présida pour la première fois les Examens des lettrés dans la salle centrale. Au jour voulu, il accomplit aussi la cérémonie du Labourage impérial au Tsi't'ien ^ ^- De même, il fit une conférence militaire à ses

do GH. ly. LBd NàN'TS^I, IX* DYNASTIE.

officiers dans la salle Siuen-'Ou i'ang .1[^^ (1). Nous relatons un grand nombre de ces particularités,. à certains égards superflues, parce qu^ellcs nous initient, mieux que des dissertations, à la vie réelle et à Thistoire locale de Nankin, dans ces temps reculés. Nos chroniqueurs de la Oaule franque, qui s'attardent à des détails analogues, ne paraissent ni prolixes ni bavards aux curieux ou chercheurs, passionnés pour les choses de Tancienne France.

Divers fléaux menaçaient le royaume : pour les conjurer, Ts'i Ou ti invita les grands mandarins à un banquet h la villa du Fang-lin yuen ^ ^ H (IIP L. 487) (2). Mû par la même intention propitiatoire, il se rendit le 9 de la 9° lune (date fatidique pour les Chinois] sur la butte Suen^ling kang ^^ fê fiS9 ^ une courte distance de la porte Tch'ao-yang men 1^ f^ f^ (3).

Vers le mois de janvier 489, des brouillards épais et nauséabonds couvrirent la campagne et la ville, sans qu'on pût éviter leurs effets pestilentiels.

La même année, Siao Yng ^^, Prince Yu-lchang wang fj ^ 3E ^^ Gouverneur de Yang-tckeou, contracta quelque infirmité et revint se soigner dans sa résidence princière. Siao Lien Jjf ||| son fils vint habiter la ville de Tong-fou ^ jj^ pour le suppléer en son absence. TsH Ou H alla souvent visiter l'illustre malade en son palais. Comme l'empereur rencontrait sur sa route les colonnes funéraires et les lions de pierre (K'i~lin Kttl^) du tombeau de So7ig Wen ti 5(c 3JC *r& ? au Tch^ang^ning ling ^ ^ ^, il lit transporter à Tong kang ^ Rî^^ la «butte orientale» {Tchong chan) les diverses pièces lapidaires de cette sépulture impériale. De fait, à K'i-lin men (18 li de Tch'ao^yayig men) on trouve encore

(1) A la ÎH lune (î'.î 488, il se rendit, pour le mî^mc but, dans la ville de Lungijè tch^eiiff^c ÎÎP ÎR liors delà iwrto Chfn-fch't: virn^ A Pr-kou rhan ^t 19 lU «-'t y l'Xpliqua K'S livres de tactique et straté^'ie classique. Un mois aprèb nous le voyons commentant les rubriques du Calendrier devant ses mandarins, dans la salle T'ni-Iù tien "Jj^ /^ J^« En 189 et en 491, il se rendit encore ;\ Lang-yê Vrheng, pour ses cours d'instruction militaire; enfin il remplit le môme oflice h la 10* lune de cette dernière année, auprès du

lac Yuen-ou hou 7C W^ «W ■

(2) Il renouvela cet exploit ^^'astronomique, à la 3* lune de 491, dans ses jardins du

Hoa-lin yuen ^p ^ ^'Q*

(3) Le 9 de la ÎK lune est, avec le 5 de 5*^ L. et le 8 de la S^ une des époques qui partagent l'année civile en Chine. C'est un jour férié, un terme pour les baux et loyers, une sorte de ^^bank lioli(l<nf\ universellement respecté. Les lettrés ont encore pour principe de rester fidèles à cette observance: le 9 de la 9® lune, quiconque veut se préserver de tout© calamité ultérieure doit monter, s'élever, gravir quelque hauteur. Cf. Parva adnmbratio rer. sin. 9* 1* 9* die.— Zottoli, II p. 139.— Doolittle, Social life of the Chinese^ II. p. 70. édit. New-york 1867.

Ts^i Ou ti avait une maison de campagne nommée Cliang-piao hoan ^ ft^ |5' sur cette butté de Suen-ling kang^ sise au sud du tombeau des Ming, ou Ho(mg ling. On en trouve la vue et la description au n° 47 des Quarante-huit paysages de Nankin.

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