‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 74 sur 205 · CH. IV. LBS NAN-TS · texte numérisé non relu

CH. IV. LBS NAN-TS

et Prince Nan^k'ang wang ^ j$ £ (1). Puis, adressant au peuple un manifeste, où ils récapitulaient les forfaits de l'empereur Tong-' Hoen heoUj ils firent un appel aux armes.

Lors des fêtes de la nouvelle année (501), TEmpereur ( Tong hoen heou Jd -^ ^) convoqua la troupe de ses concubines dans le Yué^ou t'ang |^ ^ ^, la '* salle des arts militaires" ; des eunuques affairés simulaient des manœuvres belliqueuses, et le souverain, revêtu du harnais de guerre, présidait cette honteuse parade féminine.

A la 2" lune, incendie partiel au Kan-'ho tien ^ if^ |g. Le mois suivant, Siao Pao-yong (Ts'i Ho ii) monta effectivement sur le trône à Kiang^ling ^ ^ (King-tcheou fou du Hou-pé) et de là, par ordre de Siao Yen, détrôna l'indigne monarque (son frère) ravalé au titre de Feou^ling wang ?$ ^ î-

De son côté, le Prince King^ling wang ;§; 1^ 3E conçut le projet d'introniser Siao Tchao^tcheou HDB ^r Prince Pa^ling wang E ^ 3E ; mais on eut vent de ce complot et il fut mis à mort avec ce dernier.

Alors aussi Tchang Hin-l'ai $ j^ :3^ Ht périr Fong Yuen^se ^X S3 ^^ y'a?i(jf Min(j't*ai {[J V^ |^, dans la salle Tchông^hing t'ang ^^ ^^- Puis il députa Wang Ling-sieou £ fi f§r à C/iet'eou tch'eng pour y prendru de sa part Siao Pao^yn ^ ^S H Prince P'ouo^-yang wang f^ ^ 3E et le conduire à T'ai tch'eng^ la ville impériale. L'entreprise échoua misérablement i arrivés à Tou^-mou tché ^H: i^ ^, ils furent abandonnés par tous les gens de leur escorte. Tchang Hin-t'ai et Siao Pao^yn jugèrent expédient de se livrer d'eux-mêmes au Président du Tribunal des supplices, qui finalement les remit en liberté.

A la 9" lune (501) Siao Yen, de jour en jour plus influent, arrivait à Kiang-ning jj ^ (aujourd'hui Kiang-ning tchen fLiM ^ à 40 li 8. O. de Nankin). Il défit, au sud du Tchou-tsio iiang -^ ^ JK l'armée de Wang Tchen-ko ï ^ 0 et poursuivit ce général jusqu'à la porte Siuen-yang men ^ P^ P^. Siu Yuen-yu fSz 7C SïSî un autre général, fit défection et livra à Siao Yen la place de Tong-fou tch^eng, pendant que Tchang Iloan 5S ^ prenant la fuite, lui abandonnait aussi celle de (he^-t'oon. Maître de ces deux forteresses, Siao Yen mena ses bandes à Tassaut de la ville impériale de T'ai tch'eng.

Dans les derniers jours de 501, Siao Yen reçut, à Che-t'eou tch'eng, la tête dé l'empereur Tong-hoen heou, assassiné par Tchang Tsi ^ ^ dans la salle Ilan-té tien ^ ^ ^. Il fit son entrée dans le Yuè^ou t'ang, puis dans la salle centrale du palais, sorte de ''Salle du Trône". Cette révolution politique ne s'accomplit pas sans un grand carnage ; la guerre civile ensan-

(1) Sera 7'«'/ Ho (l (^01-502), frère do l'Empereur Tong-hoen heou régnant, détrôné, dépossédé, puis tué par SicLO Ycii qui sera Liang Ou ti.

Ts'i HO Ti, 501-502. 95

glantait alors presque sans relâche cette agglomération de bourgs fortifiés, qui, par leur amalgame, ont formé notre Nankin (1).

L'Empereur T.s'i Ho ti ^%i^, frère et successeur de Tonghoen heou^ résidait encore à Kiang^ling ^ ^ (King-tcheou fou du Hoxi^pé). A Kien-k^ang i^J^, la Capitale, Wang^-che ^ j^, l'impératrice-mère, présidait le Conseil des ministres. Vers la 2® lune, au milieu de l'avenue méridionale menant au palais, on brûla 62 assortiments d'habits de Cour, ou costumes de gala, trouvés au Garde-Meuble de Tong^hoen heou, le défunt empereur, mort à 19 ans. Cependant, les présages d'heureux augure se multipliaient en faveur de Siao Yen: deux K'i-lin S^lH, admirablement sculptés dans la plus riche matière, furent alors découverts ; on trouva aussi deux énormes pierres précieuses, deux anneaux de cristal..; des aigles apparurent çà et là.. Tout le désignait pour le souverain Pouvoir !

L'histoire de cette courte dynastie n'offre qu'une suite de carnages, un tissu d'intrigues, une série de révolutions, spectacle plus fréquent dans les Annales chinoises que ne le soupçonne maint écrivain d'Europe. Nous sommes loin de l'Eldorado légendaire, remis à la mode par le plaisant général Tchen Ki-tong. Moins plaisant, moins inofTensif surtout est le paradoxal ouvrage d'Eugène Simon (mort en 1896), La Cité chinoise. Peu de pays furent plus troublés, au cours des âges, que l'immuable Chine, .de pacifique et débonnaire renom, laquelle, parfois asservie à des maîtres étrangers, languit officiellement sous sa 25" Dynastie (pour admettre le plus bas chiffre donné). Et que de fois elle changea de capitale. L'éloignement de temps et de lieu, l'ignorance de l'histoire, celle de la Chine comme celle de l'Egypte, ont valu h ces deux antiques contrées la réputation usurpée d'édifiante, d'inaltérable quiétude.

(l) D'après les Cbronifiurs lo -ftles, la tradition place au bas àv la colliiu* de Si-hia rhnv. an liord tin Yatifj-fsr, en aval de Nankin, tout près de la pa;ïode Pon-t^iwang miao ^ m ^' 1« tombeau d(^ Hien-ou kong JK S 5^ tles Ts'i ^ (Siao Yen) et celui de Kao Yuf^ (|§ ®) des Tumg méridionaux.

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