‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 76 sur 205 · LIANO OU TI. — BOUDDHISME. — PAO-TSE KONG. 9T · texte numérisé non relu

LIANO OU TI. — BOUDDHISME. — PAO-TSE KONG. 9T

L'on s^it que Liang Ou ti favorisa si follement les sectes bouddhiques, que son empire, d'assez médiocre étendue, si on le compare à la Chine actuelle, compta, assur&-t-on, jusqu'à 13.000 pagodes, et que des bonzes accoururent du fond des Indes, pour participer à cette alléchante fortune, en ce pays de cocagne nankinois. C'est à Ou ti que Ton doit l'une des premières pagodes de Yu'hoa l'ai ^ :fg ^, la butte qui domine le Nan men au sud: un de ces bonzes célèbres, Yun^hoang fauche § :)t fi ÊSi ^^i avait persuadé qu'il y était tombé une pluie de fleurs, pour pronostiquer la gloire de son règne. Cf. n® 14 des '*40 paysages de Nankin".

Aujourd'hui à certaines dates, les pèlerins affluent encore, au bas de Ki-ming c/ian, à l'entrée de la pagode Ki^ming se, vers l'hermitage de cet ascète thaumaturge, Pao-tse kong ^ |S ^) conseiller principal de Liang Ou ti. Il fut enterré (13® année de Tien-kien, ^S ^^^) non loin du site du Tombeau des Ming, sur les pentes sud de Tchong chan, dans la pagode Ting^lin se ^^^. Une des filles du monarque y avait élevé une tour à 5 étages, reconstruite à Ling-kou se. L'Empereur Hong-ou ^ |Ç (1368-1399) expropria les habitants de cette bonzerie pour leur en rebâtir une plus grandiose encore à trois kilom, à l'est. C'est le Ling-hou se moderne (Cf. Var. sin. n® 3. Croix et swastika, p. 85).

Les Lettrés y admirent sur une même stèle (refaite) trois chefs-d'œuvre: le portrait de Pao~tse kong par le bonze-artiste Ou Tao^tse ^ ^^ ^ (1), des vers du poète Li T'ai-pé ^ ^ Q, enfin des caractères écrits par le calligraphe Yen Lou^kong U^& (Ph. XXVII).

Le 11 juillet 1898, j'ai photographié Pao-^se kong sur un autel ordinaire, avec une petite Koan-yn à ses pieds: il est accroupi, jambes croisées sur une base moulurée à lotus opposés: vêtu de la robe croisée des bouddhistes, agrafée par un anneau sur l'épaule gauche, demi-souriant (béat), tête émaciée d'ascète, longues oreilles, couronne à cinq pans ordinaire surmontée d'un haut Ting^tse (bouton) étage ! indique le sol de la main gauche et * 'enseigne de la droite". Ton vieil or rougeâtre. Tout l'attirail du culte ordinaire des poussahs. — Sur la terrasse au bas de Ki^ming se, il y a des pierres de taille (Ph. XXVIII).

Bien que scandaleusement dévoué au bouddhisme, l'éclectique empereur construisit des temples somptueux à Confucius, fit refleurir les études littéraires, et, outre ceux des provinces, bâtit cinq

(1) On a du bonze-artisto Ou Tao-tae {Ou Tao-ynen ^ Js 7C) trois Koan-yn (ou plu8)îl Nankin, copies d'un m(^rae type. La statue en pierre du Koan-yn se (pagode sur un rocher au coin S. E de la ville) remonte i\ cette époque, ou à celle des G dynasties. L'obscurité ne m'a pas permis de la photographier. Ou Tao-tue est le peintre le plus brillant de cette époque... De son vivant même il jouit d'une grande réputation au Japon où il était connu sous le nom de Go-doshi. On conserve de lui un dessin original dans le temple de Manjugi à Kioto. Paléologue, Art Chinois, p. 263.

98 CB. T. OTKA8TIB (z*) DBS LIANG, 502*557.

oollèges à Nankin, pour 1.000 élèves entretenus aux frais de l'État (Biot, Essai ... p. 240). C'était, on le constatera, un lettré, un * intellectuel" comme on dit aujourd'hui, un érudît, un adroit politique, une personnalité de tout point marquante, prédestiné à un rôle glorieux et fécond, s'il n'avait été le jouet des bonzes, la victime des sorcelleries taoïstes, de Toccultisme chinois. Rien de plus malaisé que de se former une juste idée de cette fîgure si complexe, à une époque mal connue, du reste, et très digne d'étude.

Rival de gloire de Pao-tse kong et thaumaturge comme lui, Ta-mo ^ 0, (ou Dharma) Ggure parmi les plus illustres bonzes, attirés alors à Nankin ; son principal renom résulte des discussions auxquelles donna lieu sa vie légendaire et la ressemblance de son nom avec celui de S^ Thomas, apôtre de l'Asie, certainement de l'Inde et peut-être de la Chine du sud-ouest. La question est loin d'être épuisée. «En 520 de notre ère, Ta-mo vint en Chine par le sud et la voie de mer, puis il s'attacha à un temple nommé Chaoling-se, Bodhidharma, arrivé à Nankin, vit l'Empereur Ou ti, des Liang, puis passa à Lo-yangn, On le représente marchant sur les eaux. «Les Chinois nomment cette image Ta-mo kouo-kiang, c. à d. Ta-mo traversant les eaux » (Pauthier, cité dans le Pé-king de Mfi^ Favier, p. 48) On traduirait plus exactement Ta-mo traversant le Yang-tse kiang. Ce thaumaturge aurait passé miraculeusement le Fleuve sous Nankin, auprès de Koan^yn men, où sa grotte, changée en pagode, à mi-hauteur dé la colline, est asses visitée (cf. Croix et swastika). A Nankin même, et aux environs, où son culte reste populaire, il a de nombreux autels, notamment à Pi'lou se ^ J[ ^, à Ki-tche se jgf ^ ^, M^'» Favier donne son portrait, p. 47 (1).

Une ligne menée du KouAeou au Yang-tse par Chen-tche men aboutirait à cette grotte, Cf. la 18° des ''48 vues de Nankin". Au sud du Pé-ki ko un vieil arbre [Pé-chou, cyprès?) date des Lou Tch^ao, dit le peuple. Il est vraisemblable qu'il date au moins des Ming (2).

A la 5® 1. de 502, un inconnu, entré furtivement dans la ville impériale, incendia la porte Chen-hou men f^^P^ et le salon

(1) Ne pas confondre Ta-mo avec Ta-mon chc. Cf. Journal asiatique, janv. févr. 1897' Détails sur Ta-7uou-che (ou Ta-mou-tou) envoyé à la cour de Chine en 710, par le roi de Tokharestan (Fon-Ung). Kd. Chavannes. "Le Neatorianisme et l'inscription de Kara-Balgassoruin^\ Les Monl seraient dans les livres chinois h's musulmans: et le mahométisme serait la religion monienne. Manière de ne rien trancher. — V. aussi : Stèle do Sl-nganfou du P. Havret, II.

(2) LeangOu ti obli^^ea Tchfou Hing-se ^ ^ j^) fameux littérateur, en punition d'un crime, j\ mettre en vers mille caractères tirés du célô})re calligraphe Wang Hitcke jE. ^ Z* Il f^n aurait fait en une nuit le t ^'3C^ mille caracterum lucuhratiOy qu'apprennent encore les enfants des écoles. Zottoli. II. p. 113.

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