‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 80 sur 205 · FIN DES NAN-LIANG · texte numérisé non relu

FIN DES NAN-LIANG

En récompense de ses victoires et en raison des nécessités de son service, Liang King ti par décret impérial accorda (2® L. 556) à Tch'en Pa-sien le privilège d'entrer à cheval dans la ville impériale. C'est une prérogative qui s'octroie encore de temps à autre à la Cour de Pékin (I). Au début de l'été, un retour offensif des troupes de Ts'i fit trembler Nankin. Venues par Ou-hou ||E {jjj, elles attaquèrent Mou-ling koan et franchirent la ligne stratégique que formait la Ts'in hoai canalisée. A la 6® lune, elles étaient à Tsiang-chan long^M;ei ^ |lj f| j^, l'un des contreforts sudouest de Tse-kin chan ^ ^ lll, d'où, arrêtées par des travaux de défense, elles défilèrent le long du lac Heou hou jusque vers Mou-fou chan. Des pluies torrentielles contrarièrent heureusement leur marche en rase campagne. Enfin, non loin de la Terrasse du sacrifice au Ciel du nord, Tch'en Pa-sien leur livra un combat désespéré, et les refoula en désordre sur l'ancienne sous-préfecture de Lin-i g^ j)f, vers Test, non loin du Pic de Si-hia chan :^|S|lj. Le calme rétabli, on éleva sur la muraille de Nankin les deux portes Yun-long ynen ^ H P^ et Chen-hou ynen jp^ ;^ P^.

Les premiers jours de l'an 557, l'empereur Liang King ti ^^^ accorda, dans la salle orientale du T'ai-ki tien -jj^ ;gg ^, une audience solennelle aux ambassadeurs de tous les royaumes; et neuf mois plus tard, Tch'en Pa-sien lui extorquait un acte d'abdication, puis le détrônait, en le réduisant au titre de Kiang-yn -Wang Ùl lé I- Lui-même, huit jours après (le procédé semble vieux jeu), s'emparait du pouvoir et devenait l'empereur Tch'en

Ou ti m^is-

Les Liang étaient irrémédiablement renversés. Un ministre astucieux, au moins doublement régicide, fondait la dynastie des Nan-Tch'en ^ ^, dont les cinq empereurs successifs allaient présider 33 ans aux destinées politiques de Nankin.

Au demeurant, et bien que cette capitale ait joui alors d'une incontestable renommée, dans une sphère assez large d'influence, les dessous de l'histoire nankinoise manquent de grandeur, sinon d'intérêt. Il nous en coûte de reprendre incessamment le même récit, répugnant et monotone, de troubles, d'intrigues basses, de révoltes sans excuses, de luttes intestines, de fourberies et d'assassinats, formant le fond, la trame de l'histoire de Chine, et de celle, hélas, de plusieurs nations occidentales de cette époque. Les svnchronismes entre les deux civilisations, la nôtre et celle d'Extrême-Orient, se présentent d'eux-mêmes à la mémoire. Contrastes et analogies, il en jaillit d'intéressantes comparaisons ! La période mérovingienne s'étend entre la conquête de la Gaule pas Clovis (481-511) et Tavénement de Pépin à la royauté 752.

(l) Le Général Tong Fou-amng vient de l'obtenir (nov. 1897).

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