‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 81 sur 205 · CAPITALE A NANKIN · texte numérisé non relu

CAPITALE A NANKIN

Le lendemain de son accession au trône nankinois, Tch^en Ou H Ht ^ ?^, le fondateur parvenu si tardivement à ses Ans ambitieuses, se rendait à la pagode Tsiang-wang miao ^ 3£ J^, qui subsiste encore au nord-ouest et au bas de Tchong chan ^ jlj. Là il offrait un sacrifice à Tsiang Tse~v;en j^^'^, qu'on y adorait sous le titre de Tsiang ti ^ *r^ (1).

Comme tout légitime souverain, il arrangea les différends de ses sujets dans ses jardins du Hoa-lin yuen ^ ^ H- Fauteur du bouddhisme par raison politique ou par conviction personnelle, il ordonna de présenter aux hommages du peuple une dent de Sakyamounij conservée à Tou-mou tché tt î^ ^. Lui-même alla vénérer cette dent à genoux (2) et invoqua Bouddha sous le titre Ou'tché hoei ^j^'^- Puis, il ne manqua point d'introduire la tablette paternelle dans le temple dynastique du T'aUmiao ^ j^.

De môme, prenant au sérieux son rôle de souverain légitime, il offrit, dès la première lune de 558, les sacrifices aux deux Terrasses (du Ciel) du nord et du sud, et dans la salle du Ming t^ang BJJ ^ (2). Trois mois après, il sacrifia ainsi au T'ai miao. Disons qu'il n'omit pas non plus... de faire assassiner Kiang-yn Wang ^ |^3E' l'ex-empereur Liang King ti âgé de 16 ans. On le vit ensuite à Che-t'eou tch'eng, où il offrait un banquet honorifique à HeoU'tien g| ^, réfugié des Wei que Heou King avait décoré du titre de général à cause de la ressemblance de nom, Heou

(1) De rares dévots fréquentent encore aujourd'hm cette paj^'ode, sise hors ville au bord de la route qui part de T^ai-p^ing men j^ ^ P^ ? ft une demi-heure de cette porte, vers le nord. L'entrée de la pagode s'ouvre presque en face de celle du tombeau de Li Wen-tchoug ^ 35t *S»' l'^ï^ «^^s plus célèbres généraux de Hong-ou ^ ^ (13(>8-1399).

(2) Nous jugeons opportun, devant les afiQrniations réitérées des Chroniques, do rouvi'ir ici une liste des tremblements de terre. Elles en signalent aux dates qui suivent: 558 (f)*^ lune), 572 (ll« 1), 587 (1*« lune).

(:i) Zotfoli, II p. 55. «Varia sacrificia". Le sacrifice au Ciel se faisait sur un monticule circulaire, T^au J^ï entouré d'une palissade (septum). Cotte enceinte s'appelait Kiao ^ et le sacrifice prit lui-même ce dernier nom.

tch'en wen ti, 560^567. 111

Hypocrisie calculée ou superstition, l'usurpateur sanguinaire, fervent adepte du bouddhisme, alla se consacrer aux poussahs dans le monastère de Ta tchoang-yen-se :;^ ^ j^ ^; les instances seules des hauts mandarins purent le ramener au palais. Mais il retourna bientôt à cette pagode et y proposa un sujet de dissertation sur l'ouvrage bouddhique intitulé |gj 5Ê ^1®^

Il y revint quelques jours après accomplir ses dévotions avilissantes; il y pria Bouddha sous le titre Ou-ngai hoei ^ Ç^ ^. Les bonzes reçurent en présent son propre palanquin impérial et divers objets servant à leur culte. Les mandarins durent envoyer une autre litière à leur souverain pour le décider à rentrer dans ses appartements d'Etat.

Il leur offrit un banquet ofliciel dans la salle orientale du T'ai'ki tien isC ^ 1^-

A la 8° lune de cette année (558), il était allé à la pagode Yé'tch'eng se i^ ^^ donner un repas d'adieu à son frère Tch'en Ts'ai 1^ j^, Prince Lin-tch'oan \çang ^ Jl[ 3£, qu'il envoyait combattre Wang Lin ^ ^ (général des Liang de l'Ouest) à Kiang lin. L'expédition dura peu, car il le rappela bientôt à la Capitale. Toutefois, au début de 559, il le députait à Yang-'tcheou ^ ji{ et à Nan Siu^tcheou j^ f^ jt| (Tchen-kiang) pour y régler les différends du peuple...

Sa mort arriva à la 4° lune intercalaire (559) dans la salle Siuen^ki tien J^ ^ g^. Il avait 59 ans. Moins d'une semaine après, Tch'en Ts'ai nommé plus haut, le remplaçait sur le trône. Tch'en ^^^ ^^ ^ ^ 1^ (Tch'en Pa sien ^ ^ ^) eut pour sépulture le Wan^ngan ling ^ ^ ^ (1). L'empereur Liang Yuen ti ^ 7C ^ ne fut porté qu'en la 6° lune de 560 à son tombeau, le Kiang

Tch'eng Wen ti rendit la justice au peuple dans la salle King-yang tien ;||; |^ ^ (8® L. 567), puis passa l'inspection militaire au Tcheng-yang t^ang J£ ^ ^. A la fin de Tannée suivante, on éleva un temple en l'honneur du Prince Che-hin wang iè Mï (frère de Tch'en Ou ti, père de Tch'en Wen ti) nommé Tch'en Tao-t'an ^ ^ ^. L'an 563 (4® lune) l'Empereur récita des oraisons bouddhiques (titre Ou-ngai hoei ^ Ç| -g") devant la salle du T'ai-ki tien -j^ ;g g^. Alors aussi il condamna à mort le général Heou-ngan-tou ^ 5t^ ^. La ville de Si^tch'eng "g jg| (à Ts'ing^ liang chan) fut ceinte de murailles en 564. Pendant l'été suivant

(1) L'on conjecture que cette sépulture est celle dont il reste deux KH-lin en pierre, au Che-ma-tchong -Ç |Ç| |q ou Che-ma-fang 5 ^ ïÇ» ainsi que le peuple désigne le tombeau ruiné qu'on aperçoit an bord de la route entre Kao-miao ^ JS et Kao-kHao men iS tÎw 11 *^ 25 H au sud-est de Nankin. D'autres y voient la tombe m^^me de Liang Ou ti. Nous espérons discuter ailleurs ces assertions contradictoires.

Los chroniqueurs mentionnent alors une désastreuse invasion de rats. «Un dr{^:^on sort d'un puits ; dans les nues se dessinent une barque do pierre, un radeau de bois brisé... d

112 CH. VI. DYNASTIE (xr) DES nan-tch'bn, 557-590.

(565), une bourrasque renversa un étage de TObservatoire ^ JH É -^ S H *^ Puis, la salle I-hien t'ang ii g ^ s'écroula d'elle-même. A l'automne, on répara les grandes jonques Ta^hang

L'Empereur Tch'en Wen ti ^'$C^ mourut à 45 ans dans la salle Yeou'kio tien y^ ^ ^, aux premiers jours de 566, et il fut inhumé (6" lune) au Yong-ning ling ijc iS ^- Vainement il avait tenté de se désigner pour successeur son frère Tch'en Hiu ^ ï^, Prince Ngan-tch'eng wang ^ JSS ïî ^^s Grands traversèrent son projet. Donc, le jour môme du trépas de cet empereur, son fils Tch'en Pé-tsong ^ f|§ ^, âgé de 17 ans, prit sa place sur le trône. Il est connu sous le nom de Tch'en Fei H ^ ^ ^, '^Tch'en le déposé". Un an après, Lieou Che-tche 8!J6j|i^ et Tao Tchong-^hiu M W W^ intriguèrent pour acclamer empereur le Ngan-tch'eng Wang dans la ville de Tong-fou ^ /ff . Pénétrant leur dessein, Fei ti les fît périr. Quelques jours après (11° L. 568), renversé lui-même par ce Prince son compétiteur, il était réduit au titre de Lin-/iai Wang fa tft J- Il mourut bientôt, âgé de 19 ans. L'usurpateur avait mis à mort le Prince Che^hin wangf j^ ^ J^ nommé Tch'en Pé-meou ^ f È ^ (^^^ ^® Wen ti). Un troisième larron survint: Tch'en Siuen ti f$ ^ Ç^, neveu du fondateur Tch'en Pa^sien, s'empara du trône. On vante encore ses goûts et son talent pour la musique. Du Halde, I, p. 388.

Limpératrice-mère, Tchang-che ^ ^, mourut alors dans la

salle T^e-ki tien j^ ^ JS- ^^^® ®^* ^* tombe auprès du Wan-ngan

ling « « It- ' '

Notons qu'à la 8° lune de 571, l'empereur Tch'en Siuen ti

envoya son fils-héritier offrir le sacrifice automnal a Confucius dans la grande Ecole du T'ai hio ;fc: *^. Après avoir fait élever, pour ce Prince, un palais particulier (Towj'kong ^ ^), il ordonna de réparer le Ming i'iing 0^ ^ (573). On rapporte qu'à la 9° lune de 574, on eut à Nankin la surprise d'une nuit aussi brillante que le jour. La rosée étant fréquemment tombée sur les jardins du Lo-yeau yuen, l'empereur y édifia le Kan-lou t'ing ][ ^i^, ou kiosque de la douce rosée. Alors aussi il répara les deux portes Y^un-long men ^ || P^ et Chen-hou meyi jp^ J^ P^, construites en 556.

Le tonnerre frappa en 577 les colonnes (de pierre?) du tombeau Wan-yigan ling î5S ^ ^. Cet accident est pour les Chinois du plus funeste augure, puisque la foudre est toujours dirigée par le Ciel en sa colère.

Tch'en Chou-piio f^ ^ ^, l'héritier présomptif, occupa, à la fin de 577, son palais du Tong-koyig, Puis l'on éleva la Terrasse

(1) A la 3e L. de 5(î*2, l'on fabriqua des sapèquos de 5 Tchou. Voir au.K dates 540, 566, 578.

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