I II. HEOU OU TAI. NAN-T*ANG. T*ANG LI-TSOU
le palais qu*il lui avait préparé et le constitua lieutenant-général du royaume.
On construisit pourtant au nouveau Ministre d'Empire un palais spécial, le Ta-yuen-choai fou ^yt^ J&^ P"is (11* lune, 936), un décret du roi donna à notre Kin-ling fou ^ @!À@F le titre et le rang de Capital^ occidentale.
Aussi, à la l^re lune de 937, Siu Tche-kao commença à y établir son royaume de TsH ^. Il transforma Kin-ling fou ^ fê Jj^ en Kiang-ning fou fH ^ J^ (le nom actuel); La petite ville de Fa tch'eng ^ :Jj^, qui renfermait le Ta-yuen-choai fou, devint le Kong tch'eng '^ ÎjJ, la "ville impériale", puis les salles du T'ing t'ang JH ^ furent métamorphosées en Tien Jg.
A la 3* lune (937) le roi de Ou, Joei H Yang-p'ouij^fg, (921-937) fît remettre au Ts'i wang tous les insignes princiers. Son nom, abrégé d'une syllabe, fut modifié en celui de Ts'Uwang Kao^'^^. (Plus tard, il abandonnera ce nom de Siu Tche-kao tât ^ {^ po^r adopter celui de Li Pien ^ ^- Quà non ascendant? murmurait ce favori de la fortune.
On Ta pressenti: il s'acheminait insidieusement au souverain pouvoir. A l'automne de 937, il détrôna son maître, le roi Ou Joei ti ^>j{f c. àd. j^^, réduit au titre assez ironique de Jang Hoang || ^ «le monarque démissionnaire». Un mois après, il se proclamait luimcme empereur; il est connu sous le nom de T'ang i^i-tsou ^^^^ fondateur de la dynastie des Nan T'ang, ou T'ang méridionaux.
Cette dynastie particulière (937-975) qui compta trois princes, rois ou empereurs, tous fixés à Nankin (Kin-ling), ne laissa pas de faire preuve d'une certaine vitalité, malgré de perpétuels bouleversements. Ces princes sont: Li Pien ^^ 937-943; LiKing^'^^ 943-961; Li Fu^*g (961-975). Leur principauté, comprenant 19 préfectures (tcheou) et 180 sous-préfectures ^/iienj, n'atteignait pas Sou-tcheou; mais ils étendaient leur domination au nord jusqu'à la Hoai et Ou-ho, et à l'O. jusqu'à Kieou-kiang,
L'un des premiers actes de Nan-T'ang Li-tsou J^|g(jjj|| fut de commander à Siu Kingf f^î^,, Prince Ou wang, de concentrer 80.000 cavaliers et fantassins au pont T'ong-t'ou k'iao $H ^ ^ pQur de grandes manœuvres. Nous copions, sans les discuter, ces gros chiffres dans les chroniques locales. Elles nous apprennent aussi qu'en 939 (2* 1.) le nouveau souverain, lors d'une audience générale accordée aux mandarins, transforma officiellement le titre de Royaume de Ou en celui de T'ang. Avant de tenir cette espèce de Cour plénière, il avait présidé le sacrifice au Ciel du Sud. Il alla officier à celui du T'ai miao à la 4* lune. Le mois suivant, on éleva, à l'O. du lac Yuen-ou hou la terrasse pour le Sacrifice au Ciel du nord. Li-tsou se fit construire un vaste palais, ou résidence particulière, comprenant plus de 1.000 appartements (1).
(1) Kien 1^ 1 " chambres/' déterminées par les travées de la charpente dans les oonstractions chinoises.— N.B. II ne faut pas confondre ces Nan-T*ang avec les Heou-T^ang, seconde des 5 dynasties Ou-tai* of .pp. 126, 127. Q
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Alors aussi fut créé une sorte de Jardin zoologique, de ^'Jardin des Plantes,» pourvu de volatiles et quadrupèdes rares, dans le voisinage de la montagne Tchong chan, aux portes mêmes de Nankin.
Nankin subit alors quelques remaniements de peu d'importance, intéressant plus Thistoire que la topographie. Ts'i-ming men ^ ^ P^ devint la porte Kien^yuen men $£ 7C P?-
La résidence officielle appelée Cheng-yuen ko était Tancien Ou^hing ho ^f^^ {Ko désigne une maison à étage). Cheng-yuen ko A 7C ffi ^^^ le vocable nouvellement assigné à Tantique pagode Wa-^koan se ^ '^ ^, la Pagode de la tuilerie, qui fut changée enCheng-yuen «^ ^ jJC ^, (cf. suprà). Cheng-yuen ^ y^ était le titre de règne (Nien-hao ^ fjj) du présent souverain Li-tsou ||^||[. Notons encorç la reconstruction du grand Collège gouvernemental, le rai-/iio ^jj; Sfk. Que valaient ces édifices publics, incessamment rebâtis, refondés, refaits de fond en comble. L'examen des constructions actuelles nous permettrait de répondre à la question.
Une amnistie générale fut accordée aux prisonniers lors de la renonciation que Li King $ JJ|, c. à d. Siu King (d'abord Prince Ts'i et dans la suite second empereur des Nan T'ang) fit de ses droits au trône des, TsH.
Vers la fin de cette année 939, le souverain se rendit à Yangtcheou ^ ji\, Ist Capitale orientale; à son retour, il changea encore les dénominations de plusieurs salles.
Vers cette époque aussi (hiver de 941) on assit la taxe de la cote personnelle, ou impôt capital, (ixé d'après l'embonpoint ou la maigreur des imposés. Jg JgftJKBC^iîif-
Nan^T'ang Li-tsou Si JS* ^ È "^o^rut dans la salle Cheng^ yuen tien ^% |R au début de 943. A la 7^ lune de 942, il avait enjoint à son frère, Li King ^ ^, Prince TsH wang ^ ï, d'occuper le palais de l'héritier du trône, et il l'avait contraint d'obi.Mr, malgré ses résistances. Ce dernier lui succéda donc sans retard et fit inhumer le défunt à la sépulture Yong ling ^^ ^.
L'an 947, une comète illumina l'orient. L'été de 951, un bolide énorme sillonna le ciel et s'abattit sur le sol avec un fracas terrible. Même phénomène à la 1«'"^ lune de 954.
Souvenir consigné ici dans les annales et digne de passer à la postérité! *'A Nankin, on poche alors un dragon dans une mare".
Nous inclinons à croire que ces dragons, mentionnés avec persistance, dans l'histoire de Nankin, sont des spécimens de l'alligator sinensis, tels qu'en recèlent encore les eaux du U'a?igfp'ou et du Yang-tse kiang, comme on peut s'en assurer en face des vitrines du Musée d'histoire naturelle de Zi-kii wei. Peuple et mandarins croient pourtant au dragon, omnipotent, amphibie, terrestre et aérien tout à la fois, habituellement figuré plutôt comme un quadrupède que comme un reptile ou saurien. Chaque ville renferme sa ''pagode du roi-dragon", le Long-v:ang miao. Celle de Nankin n'est pas une des moins belles ni des moins
f If. ALLIGATORS. HfiOU-TCHEOU (XIII*DYN.) 951-960. ISl
fréquentées par les hauts mandarins. Pratiquemont, on y adorai dans les grandes circonstanoes, un lézard ou un inofîaniif petit serpent. Les gravures ci-contre sont empruntées à l'étudd de M, A. Fauvel, «Alligators in China» publiée par la G, B. of the R. Asiatic Society. 1879.
La Gazette de Pékin, le King*pao, du 29 oot. 1895, insère un décret impérial, prescrivant au Directeur Général des travaux du Hoang ho des sacrifices spéciaux d'actions de grâces en Thonneur des quatre grands rois-dragons, le jaune, le rouge, le châtain, etc. L'empereur envoie dix bâtons d'encens tibétain, à brûler devant les tablettes de leurs majestés draconien?iefi. Le King^pa^) de cette année (1897) insère un décret semblable, pour remercier le Roi-Dragon de ce que le Fleuve Jaune n'a point rompu ses digues»
Lors d'un débordement du Pet ho, un petit serpent fut pris et porté en procession au T'ai^wang miao (Temple of the great King). '*The great vice-roy Li Hong^tchang foUowed by a retinue of high ofTicials, went to do homage to the wretohed little snake, and to implore its interposition against thé floods". G. Owen p. 342.
Il serait facile de multiplier ces citations à l'infini. L'habitude, le préjugé empêchent des gens intelligents d'apercevoir le ridicule de pareilles pratiques. N'est-ce pas aussi une punition de l'orgueil qui les empêche de se soumettre au joug du vrai Dieu? (1).
T. de Lacouperie '^Western origin', p. 208. *'The Ta of the ancient Chinese was probably an alligator, whose species bas now almost disappeared. " cf. Fauvel (Alligators in China), Journal de la Soc. asiatiq. Changhai 1879.— Alligator, 0*yu i^ jf| ^^ Howd^ p'ou, selon Mesny's chinese Miscellany IV vol. p. 27.
A la fin de l'année 955, Li Tsong-kia $^ jt (plus tard Li Yu ^îlS» 3* empereur de Nan T'ang en 961), Comte Ngaw^ting hiun ^ % Sf^i reçut la difficile et périlleuse mission de garder le passage du Kiang contre les incursions d'une puissante armée, mise sur pied par la Dynastie des Tcheou (2). La lutte, après diverses péripé» ties qu'il nous faut omettre, tourna à l'avantage de ces derniers.
On recourut à un compromis: pour acheter la paix, l'empereur Nan-t'ang Yuan tsong ^* J§^ 7C ^ (943-961) leur abandonna les territoires au delà du Yang-tse, Il renonça à son titre personnel d'empereur (Ti ^) par déférence pour l'empereur des Tcheou dont il
(1) Le P. Simon (mort évoque de Nankin) disait un jour à un mandarin: "Mais vouK ne crovf'Z pas à la divinité des lézards! c'est bon pour le peuple! — Mais si, nous y croyons î si vous aviez vu ses petits yeux intelligents, nous regardant, alors qu'il s'agitait et faisait ses évolutions dans In baquet d'eau où nous l'avions mis!"
(2) Il s'agit àes Heou-tcheou {951-900) on Tcheou postérieurs ^ régnhni îi Pien-liang (K'aifongfou W Sifif) î ils forment la 5« des cinq petites dynasties (légitimes) que les historiens placent, de 907 à 960, entre les Tang et les Song^ et qu'ils nomment Heou Ou'tai, les "cinq dynasties d'après," pour les distinguer des TsHen Ou-iai^ les "5 dynasties" d'avant les T*ang.