‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 91 sur 205 · EMPEREURS EN 152 ANS (1127-1280) CAPITALE QUELQUE TEMPS · texte numérisé non relu

EMPEREURS EN 152 ANS (1127-1280) CAPITALE QUELQUE TEMPS

À Kien-k^ang J^J^ (nankin), puis à Yang^lcheou )g^ jHi» FINALEMENT À Hatig-tcheou ;^ jHI? au Tché-kiang jjf fx^.

Deux ans après Tabdication de Hoei tsong ^ ^, 8" des Song (1101-1126), en faveur de son fils KHn tsong ^ ^ (1126-1127), ce dernier, vaincu par les Tartares, fut capturé avec son père et la famille impériale; ils furent emmenés au nord (1). Son frère Kao tsong jg ^ (K'ang wang ^ 3£) (1127-1163) 9* fils de Hoei tsong (10® des Song, 1*'' des Nan-Song), inaugurant dès lors la dynastie des Song du sud (1127-1280), se fixa à Kien-k'ang fou ^ ^ J^, où il habita d'abord le Chen-siao kong Tflf ^ "^ ^ puis le Hing kong jfy ^, résidence de passage, spécialement aménagée à cet effet. On avait en outre (1127) refait à Nankin, redevenu capitale transitoire, les fossés, les remparts, les tribunaux, pour recevoir la Cour. Mais Song Kao tsong, sur la nouvelle que Tarmée tartare menaçait Kien-k'ang d'assez près, ne s'y jugea point en sûreté. Il lui préféra Yang-tcheou i§f j^ d'abord, puis Hang-tcheou j^ ^ (8® lune, 1120) c. à d. Lin-ngan gg ^, capitale du Tchè-kiang, encore moins exposé aux attaques des «barbares,» les Kin ^, ou Tartares du nord.

Ses armées éprouvèrent de cruels échecs sur les rives du Yang-'tse. Battu, le général Han Che-tchong ^-fftJÈ» s'était aussi replié sur Nankin. A la 11* lune de 1129, il livrait la place à Hi^tsong, roi de ces Tartares (2).

La lutte fut des plus vives autour de notre Kien^k'ang, et la résistance honorable. Nombre de mandarins furent tués à l'ennemi. L'on signale, parmi ceux qui succombèrent, Yang Pang-i Wi fis yi (1075-1129), «qu'on fit prisonnier et qu'on pressa fort de prendre i)arti dans les troupes tartares: non seulement il refusa les offres les plus avantageuses qu'on lui fit: mais il tenta de se suicider et écrivit de son sang sur sa robe, qu'il aimait mieux mourir et aller se réunir aux mânes de la famille des Song, que de vivre et de servir des Barbares. Cette fermeté lui coûta la vie, car il fut tué k l'instant même,» du Halde, I, 431.

On lui arracha le cœur, qu'on mit en morceaux. Sa tombe se voit au sud-ouest de Yu-hoa Vai, parmi les paillotes qui l'entourent: simple fer à cheval en terre, avec une pierre tumu-

(1) Ici, comme ailleurs, nous ne reculons point devant plusieurs redites, au bénéfice do la clarté.

(2) D'autres disent que ce fut le G* chinois Tou Trheng qui remit la ville -aux] Tartares. V. de Mailla VIII, 486-488.

Page 1