‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 92 sur 205 · FINA · texte numérisé non relu

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f II. CARTE xln. 141

laire trop mesquine. En outre, une haute borne, portant de grands caractères, a été dressée au bord de la route descendant de la colline : elle perpétue Théroîsme du fidèle général, là même où les Tartares lui auraient ouvert le cœur.

Les vaincus furent traqués sans ménagement et les morts mutilés par ces barbares. Les survivants furent contraints probablement, comme tous ceux qui obéissaient aux Kin ^, de se raser aussi le pourtour de la tête et de se vêtir à la tartare (1).

Nankin n'avait point su utiliser les grands travaux exécutés sur la Ts'in hoai pour couvrir la capitale. De là, Ou Tchou 7C^, le général vainqueur, marcha sur A'oa?ï^-(é tcheou J| ^ ji\, au sud-est.

Che-t'eou tch'eng n'est plus guère mentionnée; elle tombe en oubli. Ses abords s'envasaient au sud-ouest; le Fleuve Bleu la délaissait; la forteresse démodée s'était elle-même comme soudée à la ville, partageant ses vicissitudes, mais ne jouant plus qu'un rôle effacé. La TsHn Hoai et le Yang-tse avaient considérablement agrandi, par leurs communes alluvions, les atterrissements qui s'étalent au couchant.

La 3® année Chao-hing |g ^ (1133), relate le commentaire de la Carte xwn iiJKien-k'ang fou sous les Song^n l'empereur Song KaO'tsou vint en personne à Nankin et s'y fixa. Aussi, Tannée suivante, par ordre impérial, le tribunal du préfet fut transporté à l'est, à Tendroit nommé aujourd'hui Kieou-nei fj ^, auprès du Nei k'iao ^ ;^. L'ancien tribunal fut transformé en pied-à-terre pour l'Empereur en voyage ; on assigna de nombreux mandarins à la garde de l'édifice. Cet hôtel de passage avait servi de palais sous la dynastie des Nan-T^ang ^ ^.

Le pont Nei k'iao s'appelait alors THen-tsin k'iao H i^\ \e cours d'eau qu'il franchit se détache de la Ts'ing-k'i; passant sous le pont Tong-hong k'iao (aujourd'hui Cheng-pHng k'iao ^ ^ ;fg), il traverse le palais impérial, se divise en trois branches (est, ouest, nord), glisse sous le Si^hong k'iao U ifel'fê (aujourd'hui Tatchong k'iao ;^ 4* '^l ®* rejoint enfin la Ts'ing^k'i ^ ^. Alors, les deux sous-préfectures du Chang-yuen et du Kiang-'ning furent réunies en une seule, appelée Tch'é hien ^ J|| (2).

La récente édition des Chroniques de Nankin semble avoir inséré une phrase tout spécialement à l'adresse des chercheurs que séduiraient de pareilles identifications; «De toutes les questions géographiques, dit-elle, aucune n'est plus ardue que l'exacte

(1} Cf. de Mailla, VIII, 486 et 488. Lieou Km (N. C. D. N. 19 nov. 1897) s'était pendu solenuellenuiit après un festin pour ne point servir les Tartares NU-clieng et rester fidèle aux Song (1128).

Ailleurs nous avons nommé le G" Wang Té "î^ ^ (1086— 1154) dont la stèle funéraire se dresse depuis 1154 auprès de la pagode Hia-miao P JW à trois kilomètres est de Kitan-yn men. Il se distingua par sa résistance aux Tartares.

(2) Les autres étaient Li-choeif Li-yang.

142 CH. IX. DYNASTIE (xir) DES SONG, 960-1280.

répartition des anciennes préfectures et sous-préfectures dans cette partie orientale du fleuve» (1).

Notre commentaire de la Carte ^ rappelle que la ville Houolong-ho tch'eng ^ f| ^ ij^ fut fondée sous Tépoque Choen-i M H (919-927) du royaume insurrectionnel des Ou (901-937). Elle commençait à la place Tsuen-hien fang @ R J^ (aujourd'hui LUjen kiai M t ^)r s'étendait jusqu'à la porte de Test, et, du pont Tchen-hoai k*iao ^ fïÉ ||[, elle atteignait la porte du sud, Nan men ou Tsiu-pao men actuel. Du pont Ou-wei k'iao jj^ )j|J |^, elle arrivait à la porte de l'ouest, Han'^si men. De môme, de la place Ts^ing^hoa fang fft it j^i ^ la porte du nord (sise au sud de Pé-men k'iao :(t P^ ifig) ; — du pont Teou-men k'iao ^ P^ |g à la porte du ChoeUsi men.

Les annales mentionnent un large canal ouvert alors au S.O. du Yé-chan, pour drainer les eaux qui y croupissaient. C'est probablement celui qui Tavoisine encore, sinon l'un de ceux qui aboutissaient aux arroyos irriguant alors la plaine, sillonnée de digues, dont le fort de Kiang-tong men est le centre.

En 1138, on avait enterré au T'iè-ta se ^ ^ ^, sur cette butte Yè tch'eng J^ j^ (emplacement d'une fonderie avant notre ère), un prince héritier TcSS JC'f » mort à Nankin. Alors aussi l'on répara les levées de la rive droite du Kiang, au nord de la ville.

Kien-h'ang fou (Nankin), ainsi nommé depuis 1129 au lieu de Kiang^ning fou, resta environ un an sous la domination étrangère des Kin (tartares Nu tchen). Ils furent alors battus et refoulés temporairement au nord par Han CheAchong If iË J^ et Yo Fei -§ HJ, deux généraux de bravoure légendaire. Leur résistance aux troupes de ces barbares leur vaut une très légitime popularité. Le premier refit, dit-on, tout le nord de Nankin (murs, digues et canaux), c. à d. la partie centrale actuelle, et, en 1138, Yo Fei ramena l'Empereur dans sa capitale. Ce dernier, Song Kao tsong (1127-1163), dominé par un ministre intrigant, ne sut point s'y maintenir et traita honteusement avec l'ennemi. Faible, épris de littérature et féru de bouddhisme, il abdiquera )»lus tard en faveur do son fils adoptif, Hiao tsong (1163).

//an Che-tchong J^^^ ,^, général chinois, et Ou Tchou % Tffc son rival tartare, s'étaient, vers 1130, livré de furieux combats sur le Yang^fip et ses rives, entre Tchen^kiang et Nankin, leur commun objectif. Leurs flotilles de jonques de guerre appuyaient les opérations des troupes de terre. Ils se trouvaient un jour entre les deux villes, à Iloang-t'ien t'ang ^ "^ |^, un bras du Fleuve Bleu, presque à la hauteur du pic de Si-hia chan ;|^|S|i|, et Ou Tchou, pressé par son ennemi, ne savait quel parti prendre. «On lui dit alors qu'il y avait près de là un canal qui conduisait à la T'sin Iloai, rivière passant près de Kien-k'ang (Nankin);

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f II. Yo FBI (1102-1141). 143

que ce canal, à la vérité, s*était rempli par la négligence des gens du pays, mais qu'il ne serait pas impossible de le nettoyer.» Il y fit travailler si diligemment «qu'il vint à bout, dans une nuit, de le rendre navigable l'espace de 30 li (cinq lieues»). Il s'y engagea en marche sur Nankin, mais Yo Fei l'attaquant à l'improviste, «à Sin-tchingyy ^^ (1), avec 300 chevaux et 3.000 fantassins, le mit en pleine déroute (2). Quelques jours plus tard. Ou Tchou sacrifiait, selon le rite tartare, un cheval blanc pour fixer la fortune sous ses étendards.

Avant de se retirer vers le nord, l'ennemi avait incendié le palais de Nankin. L'on note que depuis lors il n'osa franchir le Yang-tse kiang.

Comme Yo Fei appartient en quelque sorte à l'histoire nankinoise par ses exploits guerriers, nous ouvrons une parenthèse pour insérer un précis de sa vie.

Il commanda un corps de troupes à la bataille de T'aUp'ing fou, en 1129. Ralliant les fuyards, il harcela les Tartares, qui s'étaient rendus maîtres de Kiert'-k'ang et se dirigeaient sur Koangté tcheou i8[ fg W-

Yo Fei avait succédé au général Tsong Tché ^ ^ sous les ordres duquel il combattit d'abord. Détaché avec le général Tchang Siun ^ "^ au Tché-kiang ^ ^E, il y comprima une révolte qui de là avait gagné trois provinces ; alors on lui éleva une statue.

Il reprit la ville de Siang-yang- 1^ ^, qui' s'était déclarée pour Lieou Yu ^J ^, empereur du parti des Tartares. Il remporta contre eux, de concert avec le général //an Che-tchong, une série de brillantes et décisives victoires.

Aussi protesta-t-il contre les intrigues du ministre Ts'in Koei ^ 1^, qui, au nom de l'Empereur Song Kao tsong, avait conclu un traité déshonorant avec les Kin (Nu^tchen) ancêtres des Mandchoux d'aujourd'hui. Alors se place sa mémorable campagne du Ho-nan : Ou Tchou est coup sur coup défait par lui-même et par son fils Yo Yun -j^ H-

Tout le Ho'pé ^ :|[^ (nord du Fleuve) secoue le joug tartare. Mais la désastreuse politique de Ts'in Koei qui exile Yo Fei, ou le met à l'écart, aide les Kin à recouvrer le Ilo-nan, Ce ministre,

{{) An'}om\Vh\xi Ngan- long h i fin $ ^ Jf| dw Hoaingan fou f^ 9 )yf - (2) Dr Mailla, VIT, 495. Au delà de Si-hia rhan, dans la direction apinoximative de Hoa rhav, un prand étang est désigné comme le théâtre de ces événements. Page IGO du ]t<njaumr dr Ou (Var. sin. n° 10) je lis qu'il la jonction des trois sous-préfectures de Kiangijn, Yang-hou et Ow-«j, s'étendait jadis un grand lac, de GO H (40 kil.) de circonférence. Il se nommait Chi-»i hou, lac de Ou-si, ou Fouyong hou, et fut desséché en 1433 par le gouverneur de Sou-trheou. Noter aussi que le Mesiufa Chinese Miacellany (I vol. p. 313) mentionne parmi les Ou-hou, "les 5 lacs" des Chinois, le Tan-j/ang hou^ ou Lien- Vang, "série dVtangs" dans le Tchen-kiang fou. Le lac, de plus de 300 li de tour (190 kil.) se serait étendu dans les sous-préfectures de "CliH-ching hien, Tai-p'ing hien et Tuug-tu hien"; mais Mosny, "qui fut deux fois à Taiv^ang'* ne réussit point à le découvrir.

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