CH. IX. DYNASTIE (XIX*) DES SONG
1299, cinq cent mille bonzes de cette région furent expulsés de leurs pagodes (1). C'est un chiffre rond, une variante commode des expressions: une multitude, un nombre incalculable. Dans notre Croix et Swastika, nous avons rappelé que sous les Yuen, la ville de Tchen-kiang posséda cinq églises et des gouverneurs chrétiens. Nankin n'est qu'à 18 lieues en amont de cette ville, sur l'indispensable «artère» du Yang^tse kiang Est-il téméraire de supposer
qu'alors aussi le Christianisme avait des fidèles à Nankin.^ Le contraire serait bien improbable. On le sait, les historiens chinois écrivent souvent (parfois k dessein) bonzes (seng) et bouddhistes ou taoistes pour prêtres et chrétiens.
Les savantes «notes d'Epigraphie chinoise» de M. G. Devéria, contiennent une page importante (p. 43) sur la reconnaissance officielle du culte chrétien à la Cour Mongole des Yuen, à rencontre de ce qu'avait affirmé Pauthier.
Le mot Tarse ou Tersa (ascète en persan) désignait habituellement les Chrétiens (p. 69), et Arkons (de APXflN, chef) leurs prêtres (p. 47). Les mollahs des mahométans s'appelaient Danishmend, «ceux qui possèdent la science» (p. 47). Odéric de Pordenone rencontra (1322-1328) un couvent de Frères mineurs à Yang-tcheou ^ ji\. soit à vingt lieues de Nankin (p. 62). En 1275, un corps d'Alains chrétiens s'étaient emparés pour le compte du Grand-khan, de Tch'ang-tcheou %j^^ autre ville du Kiang-nan (p. 75). Les sinologues savent quelle puissante colonie chrétienne S'était développée sur les rivages du Fo-kien, spécialement à rs'uan-tc^eou (Tchang-tcheou ^ji\), le célèbre Zaïton (p. 63) (2).