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des mesures prohibitives, et pour laquelle il ne me paraît pas que d6 semblables mesures soient suffisantes.
« Mais le gouvernement, dira-t-on, n'a pas seulement le droit de surveiller toutes les écoles qui existent, il lui appartient encore d'en créer de nouvelles à volonté ! Sans doute : mais quel est son but en cela ? c'est d'étendre le bienfait de l'instruction à un plus grand nombre d'individus, et de suppléer à ce qu'on ne peut toujours espérer de simples particuliers dont les moyens sont bornés. Ainsi lorsqu'il construit des routes et des canaux dans l'intérêt du commerce, ou des monuments dans l'intérêt des arts, son intention n'est pas d'exclure des entreprises de même nature que pourraient tenter des particuliers, mais bien plutôt d'exciter une utile et louable émulation.
« Des hommes, qui ont apparemment ouï dire que dans certaines républiques do l'antiquité on élevait les enfants pour l'état et non pour la famille, veulent absolument nous donner ce qu'ils appellent une éducation nationale. Mais ils ne font pas attention que chez les peuples qu'ils nous proposent pour modèles, les droits de la famille étaient incessamment sacrifiés aux nécessités de l'état, toujours en guerre au dehors ou en dedans ; et que si ces petites républiques mirent l'éducation en commun, elles n'y mirent jamais l'instruction, dont elles ne s'inquiétaient même pas. La liberté de la presse et celle du commerce s'opposent à ce que les nations modernes s'isolent comme celles de l'antiquité. Et le christianisme, véritable fondement de noire civilisation, ne fait plus maintenant de tous les peuples éclairés qu'une grande république fédérative, dont les intérêts matériels peuvent être différents, mais dont les intérêts moraux sont les mêmes. 11 en résulte qu'aujourd'hui les diverses formes de gouvernement doivent influer beaucoup moins sur l'éducation que ne le supposent des gens qui ont à cet égard des préjugés beaucoup plus dangereux que ceux qu'ils veulent combattre.
< Sans doute il faut que notre éducation soit nationale, en ce sens, qu'elle doit tendre à nous attacher de plus en plus à la patrie et au souverain. Mais il semble qne le gouvernement sous lequel nous avons le bonheur de vivre, depuis dix années, avait déjà beaucoup fait à cet égard, et qu'il était sur la bonne voie pour achever son ouvrage. Tous les cœurs s'étaient nationalisés sans contrainte, en s'ouvrant au doux sentiment du bien-être, de la reconnaissance et de la liberté !
« Dans les différentes assemblées législatives qui se succédèrent en France, on fit cent fois la motion de faire fermer les institutions particulières, parce qu'on s'imaginait que ce serait un moyen de refouler la jeunesse dans les écoles publiques ; mais cette proposition fut toujours écartée comme contraire aux droits de la famille et à la liberté de l'industrie.
« Avant Bonaparte, personne, je pense, ne s'était avisé de regarder l'instruction comme étant dans le domaine unique du pouvoir exécutif. Mais Bonaparte qui centralisait tout, qui avait établi un gouvernement despotique et militaire, et qui rapportait tout à son système, ne saurait nous servir de modèle à nous, qui vivons sous un régime à la fois libre et paternel (i).
« Il est vrai que ce système est en quelque sorte, aujourd'hui maintenu en France, mais par des motifs bien différents de feux qui animaient Bonaparte. C'est spécialement pour y con-
(1) J. J. Rousseau ne veut pas qu'on abandonne aux lumières et aux préjugés des pères, l'éducation de leurs enfants, parce qu'elle importe a l'état encore plus qu'aux pères... «Pour former des citoyens, dit-il, et pour les avoir hommes, il faut les « instruire enfants, et tout des règles prescrites par le gouvernement.... Si donc les • enfants sont élevés en commun, dans le sein de l'égalité, si on les exerce assez tôt « à oe jamais regarder leur individu que par relation avec le corps de l'état, et à « n'apercevoir pour ainsi dire leur existence que comme une partie de la sienne,
« s'ils sont imbus des lois de l'état et des maximes de la volonté générale ne
« doutons pas qu'ils ne parviennent à l'aimer de ce sentiment exquis que tout « homme n'a que pour lui-même, etc.»
server l'unité des croyances qu'on y a retenu cette grande corporation, qui sous le nom d'université, exerce une véritable dictature sur tout l'enseignement. Mais cette dictature ne peut exister chez nous, au profit de personne, parce qu'elle serait incompatible avec nos institutions qui consacrent la liberté, et je dirais presque la diversité des croyances. En France, le gouvernement, investi du monopole de l'instruction, est en quelque sorte conséquent avec lui-même, puisque la religion de la majorité y est déclarée par la ebarte, religion de fêtai (i).
Tout ceci pouvait être excellent pour une petite république de la Grèce. A. Sparte, on ravissait les enfants à leurs parents pour les élever en commun au sein de l'égalité. Biais l'éducation commune répugne autant ù nos mœurs que la communauté e\ l'égalité des biens.
J'ajouterai que l'éducation commune et forcée, sous des régies prescrites par le gouvernement, dans un état libre, ne pourrait qu'amener l'anarchie et la perversion de toutes les doctrines; tandis que, sous un gouvernement absolu, elle deviendrait un épouvantable instrument de tyrannie. Qu'on se souvienne de ce que Napoléon savait faire de cette jeunesse élevée encommun, dans l'admiration des doctrines de J . J . Rousseau et de l'antiquité? Pour une place ou un brevet de sous-lieutenant, ou pour un cordon, ces jeunes enthousiastes de la liberté devenaient les séides du despote conquérant.
La famille religieuse et morale est le véritable fondement de la société. T a-t-il une meilleure garantie des mœurs de la jeunesse que la sollicitude des pères, toujours sages et éclairés quand il s'agit du bonheur de ceux dont ils sont comme la seconde providence sur la terre? Si l'enfant marche dans les voies de l'honneur et de la vertu, la gloire en rejaillit sur son père ; s'il tombe dans de funestes écarts, son père en partage la honte. N'est-ce pas une conséquence nécessaire de cette juste responsabilité, qu'il puisse influer librement, je dirais presque despotiqueincnt, sur cette éducation, dont il doit recueillir les fruits doux ou amers? Le sentiment qui porte un père à s'occuper incessamment d'assurer l'existence matérielle de ses enfants, lui fait aussi découvrir les moyens les plus propres a les guider dans le chemin de la vie. Instruit par l'expérience, ayant connu les écucils et les illusions du monde, il voudrait pourvoir dans l'avenir au salut de ce qu'il a de plus précieux. Éternel hommage rendu à la vertu par ceux-là même qui, peut être, ne lui ont pas toujours été fldèles ! Loi naturelle, loi divine d'ordre et de conservation individuelle cj sociale I
(1) Encore est-ll vrai de dire qu'il s'est grandement trompé sur les moyens,
« II me semble, NN. et PP. SS. , que ces aperçus seraient susceptibles de développements d'une bien haute importance; mais ne pouvant qu'effleurer ici une matière aussi vaste, je me contente de les recommander à vos méditations.
« En parlant du second arrêté du 14 juin, relatif à l'érection d'un collège philosophique, je n'ai garde d'aller m'engager dans des discussions théologiques pour faire voir jusqu'à quel point la puissance civile avait, ou n'avait pas le droit d'ériger un tel établissement sans le concours de la puissance ecclésiastique. Je nie défie de ces théologiens de fraîche date, qui tout gonflés de conciles et de canons, ne soutiendraient peut-être pas un examen sur le catéchisme. Je me défie même de ces vieux théologiens d'autrefois, qui avec leurs disputes auraient bouleversé le monde et perdu la cause de la religion, si elle pouvait être jamais perdue. Et je doute que de telles armes soient plus salutaires aujourd'hui maniées par des mains philosophiques.
« Comme catholiques soumis, nous sommes non-recevables à traiter de telles questions ; et comme députés, nous n'avons ni mandat ni qualité pour les débattre, si ce n'est sur le terrain de la Loi fondamentale, de cette loi qui nous garantit toute liberté civile et religieuse et qui déroge à toutes dispositions contraires, s'il en existe. Je m'en tiens donc au principe que je crois avoir solidement établi tout à l'heure, savoir, qu'un particulier quelconque, en se soumettant aux lois et à la surveillance du gouvernement, peut ériger une maison d'instruction, même à l'instar des collèges : et ceci s'applique à un évêque comme à tout autre individu.
» Il faut en convenir d'abord, il est impossible de ne pas reconnaître dans le second arrêté du 44 juin, le principe d'une intention éclairée, généreuse, bienveillante, et qui doit un jour
l'enseignement universitaire ayant conservé l'esprit de son origine toute napoléonienne.
porter ses fruits. Un collège de hautes études ecclésiastiques, établi pour perfectionner un certain nombre de sujets d'élite, librement envoyés par les évêques, obtiendrait sans peine l'assentiment général. Mais loin d'être exclusif, il devrait se placer entre les petits et les grands séminaires, comme complément des uns et des autres.
« Les reproches que l'on adresse à nos jeunes ecclésiastiques peuvent être fondées sous quelques rapports; maisa-t-on pris les meilleurs moyens d'y obvier? Il est des obstacles qui naissent de la nature des choses et qu'il ne faut point vouloir écarter brusquement. On semble oublier qu'après une assez longue interruption et de continuelles entraves dans l'exercice du culte les chefs de diocèses ont dû remplacer les anciens prêtres, qui manquaient de toutes parts, avec les éléments qu'ils avaient sous la main, c'est-à-dire, avec des sujets sortis pour la plupart des classes inférieures de la société.
« Demandez à ceux qui ne cessent de reprocher à notre clergé son ignorance, et qui auraient fait des prêtres de leurs enfants quand le clergé était richement doté et formait un ordre puissant dans l'état, pourquoi ils ne les y destinent point aujourd'hui? C'est que partout ou il y a de la richesse et du pouvoir, vous y voyez se précipiter la richesse, et le pouvoir et les talents, car c'est là, il faut bien le dire, le seul fanatisme vrai de notre siècle ! je crains fort qu'après avoir un peu réfléchi, on ne doive convenir que la masse de notre clergé ne peut • être que ce qu'elle est, quant à présent, à moins de cesser d'être. Pcnse-t-on réparer le mal en rendant la carrière beaucoup plus difficile? Les jeunes gens qui étudiaient à très-peu de frais, et cependant déjà avec peine dans les petits séminaires, pourront-ils payer 200 florins au collège philsosphique? Ceux qui l'auront fréquenté pendant deux ou trois ans, en grande partie avec le secours du gouvernement, ne se voueront-ils pas en définitive à quelques-unes des professions lucratives de la
société (0? Et ceux qui voudraient obéir tout à la fois à l'autorité ecclésiastique et à l'autorité civile, mais à qui Tune défend d'entrer au collège philosophique, tandis que l'autre le leur ordonne, que vont-ils devenir? Ces questions me paraissent fort embarrassantes.
< Cependant la nomination des professeurs ôtée aux évêques, offre peut-être encore de plus graves inconvénients. En effet parmi le très-grand nombre de sciences physiques et inorales que doivent étudier les élèves du collège philosophique, on a compris Y histoire ecclésiastique et le droit canon, matières essentiellement théologiques. L'histoire ecclésiastique n'est rien autre chose que la religion en action et la théologie expliquée par les faits. Il en est nécessairement, et à plus forte raison, de l'histoire ecclésiastique comme de l'histoire profane, qui embrasse tout le cercle des sciences morales. Or les plus dangereux corrupteurs de la saine philosophie, de la politique et de la religion, n'ont-ils pas été ceux qui semblent n'avoir écrit l'histoire que pour rendre les faits complices de leurs systèmes? Ils savent fort bien qu'on discute des opinions, mais qu'on ne raisonne point contre les faits. Or je suppose que dans la suite, sous une administration moins éclairée, moins vigilante, et peut-être moins bienveillante que celle qui nous régit, un professeur d'histoire ecclésiastique vienne à enseigner, de trèsbonne foi, si l'on veut, des maximes hétérodoxes, qui fera cesser le scandale ou le schisme? qui en sera le juge? Quel- • qu'un, dira-t-on, pourra le dénoncer. Mais sans doute aussi le professeur inculpé aura le droit de se défendre ? Voilà donc une cause théologique plaidée devant l'autorité civile, qui le plus souvent n'y comprendra rien, et laissera les choses en suspens! Que si au contraire l'autorité civile prend sur elle de décider, ne sommes- nous pas hors du catholicisme? En vérité la conséquence me paraît inquiétante.
(I) L'cipériencc a prouvé la vérité de celte prédiction.
« Déclarer que pour arriver aux grands séminaires, il faudra nécessairement passer par le collège philosophique, dont les professeurs sont nommés par le gouvernement, n'est-ce pas déclarer en d'autres termes qu'il n'y aura plus de prêtres que ceux qui seront agréés par le gouvernement? N'est-ce pas porter atteinte à la liberté des cultes, si hautement proclamée par la loi fondamentale? N'est-ce pas faire dépendre en quelque sorte l'existence même du culte catholique de sa volonté ?
« Bonaparte, dont nous avons déjà dit que nous ne pouvions accepter les maximes générales en matières d'éducation, avait cependant reconnu les principes que nous venons d'établir. L'art. 7 du décret impérial du 17 mars 1808, portant création d'une faculté de théologie pour chaque église métropolitaine, était ainsi conçu : Vévêque ou l'archevêque présentera au grandmaître les docteurs en théologie, parmi lesquels les professeurs seront nommés; et l'art. 9 ajoutait, que ces professeurs de théologie enseigneraient Y histoire ecclésiastique.
« L'autorité civile, en instituant le collège philosophique, paraît avoir été mue au fond par des principes fort différents de ceux qui animent l'autorité ecclésiastique dans l'enseignement des petits séminaires. En effet on se propose particulièrement, à ce qu'il semble, d'après les considérants même de l'arrêté, d'en faire des hommes instruits dans toute sorte de sciences humaines; tandis que les évéques ont pour objet spécial et prédominant de conserver l'intégrité de la foi et de s'assurer de la vocation de ceux qui se destinent au ministère. C'est pour cela qu'ils prétendent exercer sur eux une surveillance continue ; c'est pour cela qu'ils regardent les petits séminaires comme aussi nécessaires que les grands ; comme des lieux d'épreuve, où l'on cherche à inculquer l'esprit du sacerdoce à ceux qui s'y destinent, tout au sortir de l'enfance (i). Et sans
(t) Le 18* et dernier chapitre de la 23' session du concile de Trente, le nlu-
négliger les sciences profanes, on désire qu'ils soient encore plus pieux que savants. La science est sans doute un instrument de merveilleux usage ; mais ce n'est après tout qu'un instrument, salutaire ou pernicieux, selon qu'il est bien ou mal dirigé.
« Au surplus on paraît avoir oublié non-seulement la mesure ordinaire des facultés de l'homme, mais encore la nature même de ces facultés. En effet, on veut qu'ils soient instruits tout à la fois dans les sciences physiques et dans les sciences morales, qui constituent deux mondes tellement séparés, que
important de tous, ordonne rétablissement de séminaires dans chaque diocèse : institution jugée dés lors si salutaire, que les prélats s'écrièrent de toute part, qu'ils se croiraient amplement dédommagés de tous leurs travaux quand ils ne tireraient point d'autre fruit du concile!
Le pape fut le premier à donner l'exemple en Tondant le séminaire romain qu'il mit entre les mains des jésuites. Les décrets étaient à peine parvenus à Rome, que le saint cardinal Charles Borromée instruisit les légats des desseins de Pic 4 au sujet de cet établissement (a).
Voici ce que dit ce chapitre mémorable, qu'on peut regarder comme le résumé vivant et pratique du saint concile de Trente, comme la réformation perpétuelle de téglise par elle-même: « comme les jeunes gens, s'ils ne sont bien élevés, sont wclins è suivre les voluptés du monde; et comme sans une protection de Dieu très-puissante et toute particulière, ils ne peuvent constamment s'entretenir et persévérer dans la discipline ecclésiastique, si dès leurs plus tendres années, ils n'ont été formés à la piété et à la religion avant que les habitudes des vices les possèdent entièrement, le saint concile ordonne que toutes les églises cathédrales, métropolitaines, et autres supérieures à celles-ci, chacune selon la mesure de ses facultés et l'étendue de son diocèse, seront tenues et obligées de nourrir, d'élever dans la piété, et d'instruire dans la discipline ecclésiastique un certain nombre d'enfants, etc. >»
Le saint concile veut qu'on choisisse principalement les enfants des pauvres; il n'eiclut pourtant pas ceux des riches pourvu qu'ils s'y entretiennent à leurs dépens, et qu'ils témoignent désir et affection pour le service de Dieu et de l'église (fr).
!«) V. Hérault Bercastcl, histoire de l'Eglise, etc.
(6) Eobrbacher, histoire universel, de l'Eglise cath. T. 24. p. 330.
celui qui connaît l'un est presque toujours étranger dans l'autre. Dira-t-on qu'il suffit qu'ils aient une légère teinture du tout? Mais alors on en fera des demi-savants et de mauvais théologiens, et on aura quelque chose de pire que des ignorants.
« Je me hâte d'abandonner un sujet que je n'ai touché que bien malgré moi. Je n'en dirai plus qu'un mot : un collège ecclésiastique, organisé de commun accord entre l'autorité civile et l'autorité spirituelle, où se formeraient des docteurs en théologie, des curés primaires, des chanoines pour les chapitres métropolitains, des professeurs pour les séminaires et des prédicateurs, serait un bienfait inappréciable pour la religion. Mais je voudrais que pour y être admis il fallût donner de grandes espérances, et que l'entrée en fût tout à fait libre. C'est ainsi que l'on pourrait former une véritable pépinière de prêtres éclairés, qui uniraient la science aux lettres et la philosophie à la religion. Mais vouloir contraindre le dernier vicaire des Ardenncs à étudier vingt-deux branches de connaissances physiques et morales, c'est un plan tout au moins inexécutable. Oh ! si le souverain daignait accueillir l'idée que nous osons lui proposer ici, en donnant l'être à une telle institution, elle tournerait à sa gloire, à son repos (1), à son bonheur, et elle ajouterait une belle page de plus à son histoire et à la nôtre !
« Maintenant, s'il m'était permis d'envisager la question de l'instruction publique sous un rapport à la fois civil et religieux, sous un point de vue politique d'une immense étendue, je me demanderais s'ilestrfc iïntèrèt d'une monarchie constitutionnelle de diriger l'instruction dans tel ou tel sens, et s'il ne vaudrait pas mieux se contenter d'exercer sur elle une surveillance exacte et rigoureuse ?
(1) J'avais dès lors le pressentiment, et j'ose dit e même la conviction la plus absolue que Guillaume en maintenant ses arrêtés, détruisait son repos et la paix, de ses étals. El certes les avertissements ne lui ont pas manqué.
t Ceux qui soutiennent que le gouvernement doit diriger exclusivement l'instruction se fondent sur les besoins et la tendance générale de notre époque : sur les progrès de la civilisalion, progrès incontestables et universels selon eux, et retardés cependant par un petit nombre d'hommes que leurs préjugés retiennent encore en arrière et en dehors de la société, mais auxquels il est d'une bonne politique d'ôter toute influence sur la génération nouvelle. Leur système paraît être de faire entrer, de gré ou de force, notre jeunesse tout entière, ecclésiastique ou civile, dans l'esprit philosophique du siècle. Et ils insistent particulièrement sur la nécessité de soustraire la nation et le clergé lui-même, à l'influence d'une puissance étrangère et occulte, d'une puissance redoutable aux peuples et aux rois, de rultramontanisme enfin, dont ils supposent que les agents existent partout et même chez nous.
< Les adversaires de ce système répondent au contraire que l'ennemi n'est point là; qu'à cet égard les leçons de l'histoire et des expériences encore toutes récentes, en disent bien assez; qu'il faut se garder de donner de nouvelles forces à un torrent qui a déjà tout renversé; qu'on doit lui opposer au contraire des digues nouvelles et relever les anciennes. Ils ajoutent que presque tous les gouvernements semblent d'accord aujourd'hui pour rendre l'éducation plus religieuse, et qu'on doit convenir qu'ils entendent tout au moins les intérêts de leur pouvoir.
c D'autres enfin soutiennent, et ce sont peut-être les plus avisés, que le gouvernement doit laisser libre l'éducation, et rester neutre en matière de religion. Ils redoutent, disent-ils, désormais quelque chose de pire que l'ultramontanisme. Us prétendent que la question n'est plus de savoir aujourd'hui si le pouvoir spirituel aura la suprématie sur le pouvoir temporel; mais s'il pourra maintenir son indépendance dans les choses de son ressort ; qu'à cet égard, ils feraient sagement de s'accorder entre eux, au lieu d'ouvrir le champ aux disputes. Us se souviennent
des réformes de Joseph II, et de celles de l'assemblée constituante, qui n'étaient que des votes de fait de la part de la puissance temporelle, et dont il n'est résulté que des malheurs. Ils veulent enfin que dans un gouvernement libre, tout soit libre.
« Et il nous parait que les faits viennent singulièrement à l'appui de cette dernière opinion.
« Uultramontanisme considéré comme tendance du pouvoir spirituel à envahir les droits de l'autorité temporelle, n'existe plus que dans l'histoire, et dans les livres des ennemis de la religion, ou peut-être de ses défenseurs maladroits. Un papequi prétendrait commander aux rois, disposer des couronnes et délier des sujets de leurs serments envers leur prince, serait aussi ridicule dans son impuissance que le descendant de quelque petit ou grand vassal qui voudrait faire la guerre à son souverain, parce que ses ancêtres auraient joui d'un tel privilège. Sans doute il se pourrait que quelqu'un encore aujourd'hui entreprit de faire revivre de semblables doctrines, soit politiques, soit religieuses, car il n'y a pas d'extravagances dont l'esprit humain ne soit capable ; mais assurément cela ne serait plus dangereux. Si quelqu'un trouble l'état au nom de la religion, il doit en être d'autant plus sévèrement puni ; mais il faut s'en prendre à l'individu qui le trouble, et non au corps dont il fait partie, qui peut-être ne le reconnaît pas. \
« Si l'on suit attentivement la renaissance de la civilisation au moyen âge, on y voit d'abord, il est vrai, le pouvoir ecclésiastique jouir d'une grande influence. Lorsqu'il n'y avait d'autre intermédiaire entre le fort et le faible, que la religion, on conçoit que le faible l'ait souvent invoquée. Toutefois ceux qui dans l'origine avaient été pris pour arbitres, voulurent être ensuite juges et maîtres des peuples et des rois. C'est la marche ordinaire de l'esprit humain : non pas comme on le prétend, par un indigne sophisme, la marche du clergé, mais la marche
de l'homme- prêtre, de t homme-peuple, de l homme-philosophe, de l'homme-ré formateur , de l'homme enfin. Or les papes étaient des hommes, et de là les prétentions singulièrement ultramontaines d'un Grégoire Vil, d'un Bonifacc VIII, et de quelques autres (1). Alors aussi l'instruction était complètement dans les mains du clergé; et il y avait un grave motif pour qu'elle y fût; c'est que lui seul était en état de la donner. Et c'est pourquoi il l'a conservée en grande partie jusqu'à notre époque. Aujourd'hui on prétend contester aux évêques, en vertu de je ne sais quels conciles, le droit d'avoir des petits séminaires. Mais on ne fait pas attention que l'esprit des temps passés tout entier résiste à cequ'onveut prouver. Qu'importe qu'il ait existé, ou non, dans telle ou telle province, des écoles sous le nom de petits séminaires, lorsque l'on sait que tout l'enseignement était essentiellement religieux et dans les mains des congrégations religieuses? Les évéques trouvaient partout alors des petits séminaires. Maintenant ils craignent de trouver partout Voltaire, Rousseau et Kant, hommes de beaucoup de génie assurément, mais dangereux moralistes et très-mauvais théologiens. Si les petits séminaires n'existaient pas autrefois il faudrait les inventer, parce qu'ils sont nécessaires aujourd'hui.
< Aux guerres de politique et de religion du 16e etdu 17e- siècle, ont succédé les guerres de politique et de commerce.... Ella plupart decelles qui se feront désormais entrelesnationsindustrieuseset civilisées, n'auront plus d'autre objet que la politique et le commerce. Quant à celles dont nous sortons à peine, je ne les caractériserai point; mais assurément ce n'est pas au nom de la religion etavec des jésuites que la France a tout envahi et tout renversé et chez elle et chez nous, institutions et croyances, clergé, no-
(I) Je pense aujourd'hui que les papes curent de très-bonnes raisons pour intervenir dans la politique au moyen âge, et qu'en général leur intervention Tut aussi fatorable à la liberté qu'au salut des peuples.
blesse et trônes, toutes pièces qui se tiennent dans l'ordre social!
« Dès l'époque où les gouvernements se consolidèrent en Europe, il est historiquement faux de soutenir que la politique ultramontaine ait eu des moyens de troubler sérieusement le repos des états. S'il y eut depuis encore des guerres religieuses, . elles furent dictées par l'ambition mal éclairée de ceux qui voulaient bannir les dissidences d'opinions comme pouvant amener des résistances. L'inquisition elle-même n'a pas d'autre origine. Telle fut la politique de Phillippe H, et telle fut celle de Louis XIV, qui épuisèrent leurs trésors et compromirent leur puissance et leur nom pour réaliser un système chimérique. Au lieu de combattre par la persuasion des doctrines qu'ils croyaient erronées et dangereuses, ils employèrent la contrainte; ils oublièrent qu'il n'y a nul rapport entre la force et la conscience, et qu'en fait de religion jamais l'autorité n'a pu opérer le moindre changement heureux, à moins d'avoir été secondée et devancée par l'opinion des peuples.
« Si l'ultramontanisme est à jamais détruit, par une conséquence nécessaire ceux qu'on en regarde comme les instruments ne peuvent être maintenant bien redoutables. Parce seul mot les jésuites me semblent jugés.
« Rien n'est plus facile, assurément que de rétablir aujourd'hui des jésuites: mais pourrait-on vous les rendre tels qu'ils étaient à l'époque de leur puissance? Non ! on vous les rendrait tout chancelants, tout déracinés, tels que les jansénistes, les parlements et les philosophes les ont faits.... Mais, dira-t-on, les voilà près de nous ; ils s'étendent par toute la France ! Pourquoi? parce qu'on les y a rappelés! parce que l'autorité les y soutient! mais si dans un autre pays l'autorité les repousse, il leur devient impossible de s'y fixer. On a peine à s'expliquer pourquoi tout ce tapage des journaux, toutes ces précautions contre des hommes auxquels on a dit une fois pour toutes qu'on ne voulait point d'eux! Pourquoi tout notre clergé est-il en
émoi, à cause des jésuites qui sont en France, et qui ne sont pas chez nous? Certes je suis loin de croire que nous soyons à ce point dépendants delà politique, bonne ou mauvaise de nos voisins ! En France, la guerre aux jésuites se complique avec la guerre aux ministres, l'opposition et le 3 p. °/0; et voilà pourquoi elle y est si acharnée. Mais en France même vous voyez déjà la première cour souveraine du royaume se montrer aussi hostile à leur égard que les anciens parlements. Cet exemple prouve que la presse et les tribunaux suffissent pour réprimer leur doctrine, quelle qu'elle soit, et qu'il ne faut point pour cela de mesures extraordinaires. Je crois que nous avons sagement fait de les éloigner de chez nous(i) ; car sans vouloir examiner jusqu'à quel point les reproches qu'on leur adresse sont fondés, il nous suffit que leur présence soit propre à réveiller de fâcheuses discussions, pour reconnaître qu'une politique prudente a pu les écarter, même dans l'intérêt de la religion, qui n'aime que l'ordre et la paix. Mais c'est précisément pour cela que je voudrais, qu'au nom de Dieu, il ne fut plus question de jésuites! à moins qu'on ne veuille en faire bientôt un cri de railliement aussi funeste à l'état qu'à la religion, et que nous ne soyons déjà fatigués de notre bonheur et de notre repos.
« Il serait déplorable qu'à cause d'eux on subvertît chez nous presque tout le système d'instruction publique. C'est je crois encore pour soupçon de jésuitisme qu'on a renvoyé les Frères de la doctrine chrétienne, qui étaient si propres à l'enseignement des pauvres et qu'on rappellera peut-être un jour pour cette raison. Ce n'est pas assurément que nous manquions d'excellents instituteurs primaires ; jamais, nous nous plaisons à le
(1) Je crois avoir suffisamment rectifié ces idées inciactes ou incomplètes, surlaHitiqiicullramontaine. sur Philippe II. sur Louis XIV, sur les Jésuiles dan* mon Introduction à Y Histoire du royaume des Pays-Bas et de la Belgique. Que le lecteur veuille bien se ressouvenir que ce discours fut écrit en 1825!
dire, les sources de l'instruction n'ont été aussi abondantes parmi nous. Mais on ne fera pas facilement oublier les Frères à ceux qui pensent que la religion doit être la base de l'instruction populaire, et qui en jugent, non d'après les ignobles plaisanteries de leurs adversaires, mais d'après les faits. Combien de méthode, de patience, de pieuse résignation ne leur fallaitil point pour discipliner cette foule d'enfants des grandes villes déjà habitués au vice avant de savoir ce que c'est que le vice? ils ne savaient pas seulement les instruire, mais les améliorer et les changer, ce qui est le grand but de l'éducation (î). Obticndra-t-on les mêmes résultats avec des récompenses purement humaines? non! il n'y a que la religion qui ait des compensations pour de semblables dévoûments. Mais nous ne comprenons plus qu'on puisse faire le bien sans bruit, sans éclat, ou sans avoir quelque intérêt direct et matériel devant les yeux: tant nous sommes avancés en civilisation ! Croirait-on qu'on a été jusqu'à leur faire le gravo reproche de porter le nom d'ignorantins, qu'ils prenaient ou plutôt qu'ils ne repoussaient point, apparemment parce que sentant le vide et le néant des sciences humaines, ils se contentaient d'enseigner au peuple la science de Dieu, qui est si souvent en définitive, la seule consolation du malheureux!
« Bonaparte, qui n'avait conservé presque aucune de nos associations religieuses, avait pourtant maintenu celles qui se vouent au soulagement de l'humanité souffrante, et à l'enseignement des pauvres : c'était encore des corporations il est vrai ; mais il ne lui parut point que ce fût un titre suffisant de réprobation. Et comme il les trouvait utiles, il avait respecté celles-là.
(1) Vo)cz leur docilité, leur vénération, leur piété envers leurs maîtres! et, chose inouïe, la famille profitant de la leçon de vertu rapportée sous le toit paternel par les enfant», et se corrigeant souvent n leur exemple !
f C'est la mode aujourd'hui d'appeler jésuite tout ce qui parait faux, perfide, ambitieux. Passe pour l'expression; mais s'il faut le dire, en co sens il y aura toujours des jésuites, et qui pourtant n'en porteront pas la robe. Là, si le gouvernement protège la congrégation, ils emprunteront le masque d'une dévotion outrée. Ailleurs, si l'on parait craindre Rome, ils prendront le masque de la peur ; ils ne verront partout que des complots. Ici et là, vous aurez des tartufes politiques, avec cette seule différence que les uns attaqueront avec acharnement ce que les autres défendront de même. Je ne sais lequel vaut le mieux.
« Au surplus la religion catholique n'a plus d'adversaires parmi ceux qui croient. Aujourd'hui l'esprit de prosélytisme est éteint. Toutes les communions chrétiennes s'entendent, parce qu'elles savent qu'elles n'ont plus qu'un ennemi commun, et parce qu'elles n'ont que trop à faire à rappeler et à retenir dans leur sein leurs propres enfants.
« Les considérations que nous venons d'énoncer, relativement aux deux arrêtés du 14 juin, n'influeront en rien sur notre vote aflirmatif à l'égard du budget. Notre situation industrielle s'améliore chaque année, et l'habileté du gouvernement nous promet, pour l'avenir, encore de plus grandes prospérités. Jamais la confiance dans le monarque n'a été plus entière ni mieux méritée. Jamais l'union des diverses parties du royaume entre elles n'a été plus intime ni mieux appréciée. Nous avons parlé avec franchise de mesures qui nous ont paru présenter le caractère d'innovations dans des matières où les innovations sont dangereuses, même à titre d'améliorations ; nous l'avons fait sans hésiter, dans l'espoir qu'une main puissante saurait y apporter un remède prompt et nécessaire... »
Discours de M. le baron de Secus (i).
(SÉARCE DU 13 DÉCEMBRE.)
« La Loi fondamentale, art. 490 (dit M. le baron de Secus), garantit à tous la liberté des opinions religieuses. L'art. 191 assure une protection égale à tous les cultes. Enfin l'art. 195 déclare que l'exercice d'aucun culte ne peut être empêché, sauf dans le cas où il troublerait la tranquillité publique. L'art. 196
(1) M. de Secus est mort en 1836. Je ne crois pas devoir laisser passer le nom de cet excellent collègue sans lai rendre un dernier et juste hommage. M. de Sccos, issu d'une famille distinguée et opulente, ne dissipa point ses premières années, comme la plupart des jeunes gens qui ont en perspective un avenir assuré et brillant, dans une houleuse inertie on dans de frivoles amusements. Doué d'une âme naturellement droite, d on jugement sain cl vigoureux et d'une conception facile, il s'appliqua a l'étude des sciences cl des lettres avec autant d'ardeur que de succès. À l'âge de 19 ans, il fut premier dcLouvain; et il prouva assez par la suite qu'il ne devail poinl à la faveur cette glorieuse et rare distinction. M. de Secus avait une vaste lecture, et la mémoire si Adèle, que jusqu'à ses derniers moments il citait le lexte des classiques anciens et modernes, et surtout des livres saints, avec la plus parfaite justesse. C'est ainsi que d'une parole, qui semblait à la fois uue réminiscence et une inspiration, souvent il manifestait son avis et tranchait une discussion d'une manière aussi heureuse que piquante. Il vit passer la révolution brabançonne, déplorable dans ses résultats, mais honorable dans son principe ; puis la réxolution française, qui froissa profondément ses croyances comme belge cl comme chrétien. Aussi lorsqu'en 1815 Guillaume nous donna de si belles promesses, M. de Secus se rallia sans peine à ce nouvel ordre, qui semblait vouloir ressusciter dans le coeur des Belges les souvenirs de la vieille constitution brabançonne, fondée sur les obligations réciproques du prince et de la nation. Nommé, dès l'origine, membre de la 2* chambre des états-généraux, et disposé à soutenir le pouvoir de tous ses moyens, il se trouva entraîné presqu'aussitAt dans l'opposition, parce qu'il s'aperçut que cette charte qu'on avait jurée, on ne l'exécutait point franchement.
Le nom deM. de Secus se troove mêlé h toutes les questions constitutionnelles que soulevèrent en 1828, 29 et 30, les refus obstinés du gouvernement. Ce qui distinguait ce député entre la plupart de ses collègues, c'était la précision, la gravité de son langage, la vigueur et la netteté de sa dialectique. Mais il y avait au fond
met cette sécurité sous la surveillance spéciale du roi ; il est impossible de donner plus de garantie à la liberté.
t La liberté des opinions religieuses consiste en ce que chacun a le droit de penser comme il veut, de suivre telle communion, de croire à tel dogme qu'il juge à propos, sans qu'aucune autorité civile puisse le troubler à ce sujet, encore moins lui prescrire ou influencer son opinion contre son gré.
« Il suit de cette liberté, que tout ce qui est nécessaire à l'exercice d'un culte est garanti et protégé ; ainsi le local et les ministres, quand l'exercice d'un culte en exige, sont compris dans cette protection.
de son ame quelque chose de plus fort que son talent : je veux parler de cette ciodcor, «le cette droiture qui respirait dans sa conduite. La pensée, la parole et l'action se trouvaient chez lui dans un tel accord que personne ne pouvait douter de ses mot ifs. C'était, ce qui est rare aujourd'hui, un homme de Toi et un chrétien pratique, et tous ses principes dérivaient de la même source: voilà pourquoi il ne varia jamais.
M. de Secus qui était attaché, sinon par inclination, au moins par devoir au gouvernement déchu, ne laissa passer aucune occasion de l'éclaircr.ct ne désespéra point d'j réussir jusqu'aux derniers moments. Ce fut chez lui que se réunirent les députés du midi, le 7 septembre 1830, pour délibérer, si l'on irait à la Haye ; et M. de Secus, malgré ses 71 ans, résolut d'y accompagner ses collègues. Il applaudit hautement à la révolution belge, qui réalisait d'une manière si heureuse ses vœux les plos chers, cl où il croyait reconnaître l'action d une Providence dont la justice, disait-il, domine sur tout. Il prit assez peu de pari aux scènes orageuses du Congrès, l'âge et la secousse des derniers événements ayant notablement affaibli sa constitution physique et morale; mais il y conserva son indépendance et sa modération habituelles. Nous nous souvenons qu'un jour un jeune ecclésiastique ayant prononcé ces étranges paroles, dans la chaleur de l'improvisation:» La volonté du peuple est toujours juste ! » le ferme vieillard répartit aussitôt et assez haut pour être entendu de ses voisins: « Eh quoi, Nathan, d'un prêtre est-ce là le langage 1 » M. de Secus, quoique ami du progrès, redoutait beaucoup les nouveautés cl les exagérations en fait de doctrines. Après avoir combattu si longtemps le despotisme d'un seul, il n'en repoussait pas moins le despotisme de la multitude; et après avoir M presque constamment de la minorité, il ne pouvait facilement croire que les majorités eussent toujours raison. ( Voie de la V édition.)
« 11 suit que celte liberté d'opinion est une sorte de propriété que chacun a le droit de transmettre à ses enfants, et que nonseulement chacun a le droit d'enseigner et de faire enseigner ses enfants dans telle opinion religieuse qu'il lui plaît, mais que personne n'a le droit de le gêner dans cette liberté en forçant ses enfants à fréquenter des écoles où on enseigne la morale religieuse soit d'une autre communion, soit qui ne lui offre pas la garantie légale.
« U suit encore que dans un état qui a pour loi fondamentale la liberté des opinions religieuses, et qui admet au même droit toutes les communions, le gouvernement, considéré comme tel, n'a aucune religion, il n'est d'aucune communion ; il ne peut donc s'engager ni dans l'instruction religieuse propre à une communion, ni dans ce qui concerne uniquement l'intérieur de cette communion, sauf dans deux cas : 1° si cette communion trouble l'ordre public ; 2° si elle réclame sa protection.
« On pourra citer des exemples de gouvernements qui ont porté des lois pour régler la religion de leurs états, et on en conclucra que c'est le droit de tous les gouvernements ; je répondrai que ces exemples ne sont pas applicables à l'espèce ; dans ces états la liberté des opinions religieuses n'était pas garantie par le pacte social ; il y avait une religion de l'état qui était celle du gouvernement, les autres pouvaient bien être tolérées, mais elles n'étaient pas établies en droit politique et fondamental.
« Ce droit politique et fondamental dans le royaume des Pays-Bas, est le résultat de la convention entre les puissances alliées, qui a donné l'existence à ce royaume. Le second des articles du traité de Londres porte textuellement : « Il ne sera « rien innové aux articles de la constitution qui garantissent « une protection et une faveur égale à tous les cultes, et assu- « rent l'admissibilité aux emplois et offices publics de tous les « citoyens, quelle que soit leur croyance. »
« Si ces principes et ces droits sont évidents pour toutes les communions, ils sont à plus forte raison incontestables pour la communion catholique, qui compte au rang de ses membres près de quatre cinquièmes de la population du royaume. Ces droits sont donc aussi respectables par le nombre de citoyens qui peut les réclamer, que par la source d'où ils émanent.
« Le collège philosophique établi à Louvain ne choque pas par lui-même la liberté des opinions religieuses. Le gouvernement peut, pour son compte particulier et indépendamment de l'instruction publique, y faire enseigner ce qu'il veut ; libre à chacun d'y aller ou de ne pas écouter la doctrine qu'on y professe.
« Mais il renverse cette liberté, du moment qu'il force ceux qui se destinent au ministère du culte catholique, et par suite à renseignement catholique, à aller écouter et par conséquent à suivre un enseignement qu'il n'a nul droit de prescrire. Ceux de cette communion ont le droit d'être assurés que les ministres qui les enseignent, qui instruisent leurs enfants, sont dans les véritables principes de la religion catholique, et qu'ils n'y mêlent point des opinions qu'elle réprouve.
< L'arrêté du 20 novembre apporte-t-il quelque modification? Au contraire, je vois qu'il prouve l'intention; car l'art. 8, en exigeant pour tous les jeunes gens un examen préalable à Lou- »ain, démontre qu'on ne veut admettre au ministère du culte catholique que ceux qui prouveront par cet examen qu'ils se sont fait préalablement, peu importe où, innoculer une doctrine quelconque qu'on veut faire prévaloir. Le gouvernement a-t-il ce droit? Certainement non.
« L'église catholique a sa hiérarchie qui surveille les ministres inférieurs et qui les maintient dans l'unité de doctrine. C'est des évêques seuls que les ministres doivent tirer l'instruction dans cette doctrine; et la formule générale, dite catéchisme,
ne peut venir que d'eux. C'est sur cette assurance que les catholiques écoutent les ministres avec confiance et envoient leurs enfants a leurs instructions, et cette assurance leur est garantie par la Loi fondamentale.
« Pareil droit, au reste, est commun à toutes les communions ; les non-catholiques ont leurs synodes, dans lesquels ils règlent tout ce qui concerne l'enseignement que leurs ministres sont tenus de suivre dans la pratique : et je demande si en France, par exemple, on forçait ceux qui se destinent au ministère protestant à aller écouter les leçons de gens qui ne seraient pas avoués par leurs synodes et qui, par cela même, ne leur offrent aucune garantie, je demande si les protestants seraient bien contents d'un pareil ordre de choses ? s'il ne le leur serait pas suspect? s'ils ne s'élèveraient pas contre celte * violation de la charte?
« Et ils auraient raison ; car du moment qu'un gouvernement s'attribue le droit de prescrire directement ou indirectement l'enseignement des ministres d'une communion quelconque, il peut porter ce droit à toutes les autres ; il n'y aura plus alors d'autres opinions publiquement enseignées que celles qu'il lui plaira de prescrire, et je demande si la liberté des opinions religieuses ne deviendra pas un mot vide de sens?
« On dira sans doute, pour justifier cette mesure, que dans ie collège philosophique, il ne sera question que d'études préparatoires et nullement de la théologie, que le nom même l'indique, et qu'ainsi on aurait tort de s'effrayer. Voyons ce que vaut cet argument.
« Dans toute l'étendue que comporte ce qu'on enseigne dans les universités sous le nom de philosophie, sont comprises et la philosophie morale et la métaphysique; on y a joint le droit canon et l'histoire ecclésiastique : toutes ces sciences ne sont point des accessoires, elles sont le fondement de la théologie, tout dépend de la manière dont on veut les présenter ; on peut
y trouver (les arguments en faveur de toutes les communions; on pourrait même diriger la métaphysique vers le pyrrhonisinc et le matérialisme ; je suis très-loin de soupçonner que tel est le projet, mais je veux montrer jusqu'où peut mener le défaut de garantie.
« Quand ces mesures furent décrétées, elle répandirent l'inquiétude, et parmi tout le clergé catholique du royaume, et parmi tous ceux de cette communion qui tiennent à leurs principes religieux. On comparait le zèle qui avait pris tout à coup pour l'instruction du clergé catholique, avec la confiance que le roi témoigne à ce clergé par son arrêté du 4 avril 1825, porté pour écarter les missionnaires étrangers. Dans cet arrêté, S. M. dit quelle se repose entièrement sur le zèle, le soin et surtout la sagesse reconnue des èvèques et autres chefs des diocèses de son royaume et de leurs collaborateurs. Et certes le roi n'avait pas changé d'avis; on chercha donc une influence et des vues subalternes...
« Dans l'été, quelques gazettes annoncèrent avec une sorte d'importance que des jansénistes du nord, dont personne ne s'occupait, avaient acquis un nouvel évéque dans la personne du M. Guillelmus Vet. On publia de même la bulle lancée contre son installation. Dans les diatribes que plusieurs feuilles se permirent depuis contre le clergé catholique du royaume, ou mêla d'abord les jésuites, puis la bulle Unigeniius, oubliée depuis longtemps; enfin, le 20 novembre dernier, le Courrier des Pays-Bas publia une pièce historique et polémique qu'on peut regarder comme le manifeste des jansénistes hollandais, lancé en réponse à la bulle qui les condamne; la facture de cette pièce et les circonstances de sa publication en firent soupçonner l'origine, et conjecturer que c'est sur le modèle de l'église d'Utrecht qu'un parti voudrait réformer les catholiques du royaume.
« Je ne m'arrêterai pas, NN. et PP. SS., à démontrer l'inconséquence d'un pareil projet; pourrait-il entrer dans des vues tant soit peu raisonnables de ressusciter cette ancienne que-
relie sur laquelle on a publié, dans le temps, tant de brochures extravagantes, et qui a donné lieu à des farces ridicules? Ce serait abuser de la patience de VV. NN. PP. que de les en entretenir plus longtemps. Je me bornerai donc à leur présenter quelques considérations générales.
« Quand, dans un état, il existe constitutionnellcment plusieurs religions, l'attention spéciale du gouvernement doit être de veiller à ce qu'elles vivent en paix entre elles, qu'elles jouissent d'une égale protection. Si le gouvernement paie les frais du culte, il faut qu'il les proportionne au nombre d'invidusque compte chaque communion, il faut, autant que possible, que chacune d'elles ait part aux emplois en proportion de son nombre ; en agir autrement, c'est susciter des haines, fomenter des jalousies, qui tôt ou tard embarrassent le gouvernement.
« Ce qu'il doit surtout éviter, c'est de s'entremêler dans les controverses théologiques, quand malheureusement il s'en élève, soit entre les communions, soit dans l'intérieur d'une communion ; il doit prudemment employer tous les moyens possibles pour les étouffer à leur naissance; en cas pareil le chef-d'œuvre de l'imprudence et de la maladresse serait s'il épousait une opinion ou protégeait un parti ; alors pour peu que les partis aient de la force, il est certain qu'il met le feu aux quatre coins de son état
« Les exemples ne manquent pas; dans l'histoire du Bas- Empire il en existe une foule: quand les empereurs d'Orient devinrent dogmatiseurs, ariens, eutychiens, monothélitos, iconoclastes, etc., l'empire fut perdu, parce qu'on disputait au lieu de se défendre; les barbares l'envahirent de tous cùtês, et finalement les cimeterres des Mahomélans vinrent mettre tout le monde d'accord .
« Sans recourir à des exemples anciens, quand Louis XIV prit parti dans les querelles du jansénisme, et qu'il laissa dogmatiser à sa cour, on vit naître toute espèce de rêveries, le moli-
nisme, le quiétisme, les miracles du diacre Pâris; toute la France fat en trouble, jusqu'à ce que l'immoralité qui s'établit sous la régence et se perfectionna sous le règne de Louis XV, vînt faire oublier des querelles qui n'étaient plus à la mode.
« On a dans ce royaume l'insigne bonheur que toutes les communions chrétiennes vivent en paix entre elles. Chacune s'occupe à bien faire ce qui la concerne, et ne cherche point à inquiéter les autres ; par quelle fatalité viendrait-on troubler un état de paix si avantageux pour tous, et surtout pour le gouvernement?
« Il est une observation dont toute l'histoire fait foi : c'est qu'il n'y a pas de haines plus profondes et plus irréconciliables, pas de querelles plus acharnées que celles dont la religion est la cause immédiate, ou dans lesquelles elle vient se mêler. Dans ce cas la force ne peut exactement rien contre l'opinion; on ne tire pas, dit l'abbé de Pradt, des coups de fusil contre les idées. Au contraire la contrainte même indirecte entraîne davantage l'opinion qu'on attaque, parce qu'elle irrite l'amour-propre et cet esprit de résistance naturel à tous les hommes, qui rallie à cette opinion des personnes qui auparavant y étaient indifférentes....
Fragment du Discours de M. Surmont de Yolsberghe.
(SÉANCE DU 14 DÊCEMURE.)
« Les journaux olncicls ont répété que monsieur le directeur du culte catholique avait témoigné à 35 curés et desservants du grand-duché de Luxembourg, qu'il était excessivement content (ce sont les propres termes des journaux) de leur adhésion à l'établissement du collège philosophique, lorsque dans un écrit que je ne qualifierai point, et dont on a jugé à propos de céler les noms des signataires, ils accusent leur autorité su-
périeure d'une manière absurde et mensongère, de se refuser à favoriser les moyens d'acquérir la science nécessaire à de bons ecclésiastiques et à de véritables pasteurs, et qu'ils osent imputer à tous ceux qui ne sont pas de leur avis, et par conséquent à leurs autorités supérieures ecclésiastiques, les intentions mal- . faisantes et perfides d'un empereur apostat, ennemi juré du christianisme.
« Ces faits, NN. et PP. SS., et plusieurs autres qu'il serait inutile d'énumérer, ont changé notre position. Notre silence, qui était un silence de convenance et de respect, un silence imposé par l'espoir d'un changement heureux, serait aujourd'hui une lâcheté formelle, que ne nous pardonneraient ni nos commettants, ni S. M. elle-même.
« En effet, NN. et PP. SS., placés comme en vedettes, investis par la Loi fondamentale du droit et du devoir d'émettre notre opinion sur tout ce qui concerne le bien-être du royaume, il est de l'intérêt bien entendu du gouvernement et du monarque, de lui faire connaître le véritable état des choses.
« L'opinion publique, j'entends par là, non pas celle que des hommes peu instruits ou même mal intentionnés émettent dans des endroits de réunion publique ni celle que de certains journaux s'efforcent de nous présenter avec tant de légèreté comme la véritable; mais l'opinion des hommes sachant les lois, connaissant leurs devoirs, sincèrement attachés au catholicisme, à leur patrie et à leur roi ; cette opinion publique, dis-je, est unanime. Approbation formelle des intentions royales pour favoriser les moyens de former des ecclésiastiques capables pour l'église catholique; affliction sincère des moyens employés pour y parvenir ; conviction la plus intime de l'impossibilité de se conformer aux dispositions des arrêtés du 14 juin ; voilà, en peu de mots, l'expression tout entière de cette opinion.
« Il me reste, NN. et PP. SS. , à vous expliquer les motifs sur lesquels elle est fondée.
• En fait do dogme, de discipline, d'enseignement et d'instruction, quand l'autorité supérieure a prononcé, il est de devoir pour nous, qui sommes catholiques, de nous soumettre. Or, dans la circonstance actuelle, les représentations constantes, respectueuses et unanimes de toutes les autorités ecclésiastiques tant dans le nord que dans le midi, et l'approbation formelle et publiquement connue de Rome, de toutes les démarches qu'elles ont faites, nous tracent la ligne de nos devoirs. Elle n'est pas douteuse; c'est le silence et l'attente de dispositions plus favorables pour les simples citoyens; la réclamation respectueuse et la désapprobation formelle pour ceux constitués en dignité, suivant le rang et l'espèce de celle qu'ils occupent et les devoirs de diverse nature qu'elle leur impose
Fragments du discours de M. L. de Sasse d'Yssell.
(SÉAKCE DU lî DÉCEMBRE.)
« Pour m'éclairer, NX. et 1*1*. SS. , sur une matière
aussi grave et aussi délicate, et qui, jusque là, n'était pas dans le domaine de mes connaissances, j'ai recouru aux ouvrages des auteurs les plus recommandables par leur savoir et par Ieuc modération (i). Voici le résultat de mes recherches: Est-il dans les attributions de l'épiscopat catholique romain d'avoir des maisons d éducation, destinées à recueillir de jeunes élèves que Yècèque. veut fvrmer, dès le bas âge, à l'état ecclésiastique? Ce droit, que les évèques s'attribuent est-il inhérent aux besoins du culle et conforme aux canons de l'église? Oui, il l'est.
« Les annales de l'église prouvent avec quelle sollicitude elle s'est toujours occupée de l'éducation des jeunes lévites,
(i) Conversations- Uricon fur gvbildcte Stànden; Considérations sur les sémi nôtres épiscopaitx; Morcri, Fcllcr, Slocknians, Van Espen, et les Concis
même dès luge le plus tendre et avant que le souffle d'un monde corrompu eût flétri la pureté de leurs mœurs.
« Jean l'évangéliste établit une école à Éphése; Policarpe, évèque de Srayrne, qui y fut élevé, en érigea une seconde dans son évéché sur ce premier modèle.
« Dès le second et le troisième siècle, des écoles et des bibliothèques furent placées à coté des églises cathédrales, entre autres la célèbre école d'Alexandrie, où le patriarche Alexandre fit élever, dès l'enfance, le grand Athanase.
« Augustin, en Afrique; Martin, en Gaule; tous les illustres évoques des beaux temps de l'église réunirent dans leurs maisons épiscopales des jeunes gens pour les former à la piété et aux sciences ecclésiastiques; et quels hommes sont sortis de ces écoles! (Van Espen, De seminariis clericorum, titr. 9.)
« Le second concile de Tours (can. 42) et le quatrième dt- Tolède (can. 23) exigent que les jeunes élèves du sanctuaire soient tellement surveillés dans l'enceinte du séminaire, qu'on ne les perde jamais de vue.
« Sous Charlemagne, des écoles célèbres furent instituées dans les évêchés et dans les monastères (tw le capitulai d'Aix-la-chapellc de 789), qui, malgré la fureur des guerres civiles et les sanglantes invasions des Normands, se sont en partie maintenues pendant des siècles.
Après la fondation des universités aux douzième et treizième siècles, de jeunes lévites, plus avides de distinction dans la carrière des lettres que de former leurs cœurs aux vertus sacerdotales, voulurent se soustraire à la vie commune, et, dès lors, il y eut relâchement dans l'ancienne sévérité des mœurs cléricales.
« Les évêques ne laissèrent pas néanmoins d'élever un grand nombre de jeunes lévites dans leurs écoles cathédrales, et les conciles dcLatran, sous Alexandre III et sou s Innocent III, y firent même instituer des maîtres de grammaire et des théologaux
pour diriger renseignement, et c'est de ces doctes pépinières que sont sortis les premiers professeurs des universités. {Voy. DeLannoy, dans sa compilation des Écoles établies depuis Charkmagne).
< Ensuite, les conciles de Bàle, la pragmatique-sanction, le coocilede Latran, sous Léon X, et le concile de Trente maintinrent ces écoles épiscopales.
« Voici comment le concile de Trente s'explique à cet égard :
< L'homme est, dès les premières années de sa jeunesse,
< porté à se livrer aux voluptés du siècle. S'il n'a été sagement « élevé, si son cœur n'a pas été, dès l'âge le plus tendre, formé à « la religion et à la piété, jamais il ne persévérera parfaitement « sans un secours puissant, et conme extraordinaire, de la di- « vine providence dans^la fidèle observation des saintes règles « de la discipline ecclésiastique. C'est pourquoi le saint concile
< ordonne que toutes les églises cathédrales, métropolitaines et « autres plus élevées en dignité, soient obligées, suivant leurs « moyens et l'étendue des diocèses, de réunir dans un collège « situé près desdites églises ou dans un autre lieu convenable,
• au choix de l'évèque, d'y nourrir, élever religieusement et in- « siruire dans la discipline ecclésiastique, un certain nombre ■ d'enfants du diocèse, ou delà province, s'il ne s'en trouve pas
< dans le diocèse. On recevra dans le collège les enfants âgés « au moins de douze ans, nés d'un légitime mariage, qui sa- « chent suffisamment lire et écrire, et dont le bon naturel et « l'inclination pour l'état ecclésiastique donneront lieu d'espé- « rer qu'ils se consacreront au ministère des autels. Le con-
* cile veut qu'on choisisse de préférence les enfants des pauvres, « sans pourtant en exclure ceux des riches, pourvu que ccux- « ci les nourrissent à leurs frais, et que ces enfants annoncent « une bonne volonté de servir Dieu et l'église. L'évèque divi- « sera ces enfants en autant de classes qu'il croira nécessaire
« suivant leur âge, l'époque de leur entrée et leurs progrès « dans la discipline ecclésiastique, et les emploiera en partie « au ministère des autels lorsqu'il le jugera convenable, li « laissera les autres continuer leurs études et aura soin de rem- « plir les places vacantes, afin que ce collège soit un sémi- « naire perpétuel de ministres des autels...» {Session 23, du 45 juillet 1563, ch. 18.) etc.
Opinion de M. Dotrenge sur les lois du budget pour 1826, et sur les questions incidemment traitées relativement aux derniers arrête* du gouvernement sur l'instruction publique.