‹ Histoire du sacre de Charles X, dans ses rapports avec les beaux-arts et les libertés publiques de la FranceChapitre 15 sur 32 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Arrivée du public invité au sacre. Coup d'oeil de l'église métropolitaine. Marche du roi s'y rendant pour la cérémonie.

Pendant la nuit du 28 au 29 , la ville de Reims avait présente un singulier spectacle j tout y était en mouvement comme en plein jour. Le soin des toilettes avait occupe une pajjtie de cette nuit, et, de tous côte's, un curieux empressement avait devance l'aurore. Le dimanche 2g, au lever du soleil, les personnes invitées à la cérémonie se dirigèrent vers l'e'glise métropolitaine, par un temps superbe; les hommes en habit à la française et en uniforme, les femmes en parure de cour, avec des barbes pendantes à leur chevelure. Avant cinq heures , les portes latérales étaient assiégées par le public. L'entrée par le portail était re'serve'e aux personnes munies de lettres closes.

A cinq heures et demie, les portes se sont ouvertes; la foule s'est pre'cipite'e dans le temple , mais sans de'sordre; les pre'cautions avaient été prises pour prévenir les accidens ; les gardes à pied et les gardes-du-corps veillaient à l'entrée et dans l'intérieur.

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Les avenues de l'église e'taient remplies par des de'putations des corps de la garde et de la ligne réunis au camp. Chaque dépulation , composée de six liomuies et du colonel, avait un drapeau. A l'ouverture des portes, les colonels de ces corps ont pris les drapeaux et sont entrés dans la basilique , s'échelonnant au pied du trône , en dedans des degrés du jubé.

Bientôt toutes les tribunes sont garnies de spectateurs, les dames sur le devant. La musique de la chapelle se range sur son estrade. Les pairs de France et les députés se placent sur leurs gradins. Sur les mêmes gradins, mais en avant, sont les ministres d'état, les lieutenans-généraux et les grands dignitaires, les grands cordons de l'ordre du Saint-Esprît , les députalions des deux chambres, les députés des ordres rojaiix de saint Louis et de la Légion-d'honneur. Les premiers présidens et les procureurs-généraux des cours royales , les préfets et les maires des bonnes villes, occupent les stalles de chaque côté du chœur.

L'Université, la fdle aînée de nos rois, assiste de droit à leur couronnement 3 je la vois représentée par ses conseillers 5 je vois les sciences , les lettres et les arts représentés par l'Institut, dans la personne de ses présidens et de ses secrétaires; cette représentation est imposante; c'est celle del'esprit humain.

Vers sept heures, on voit entrer le corps diplomatique, ayant à sa tête le nonce du pape; il est conduit à sa tribune par un maître de ce're'monies. On y remarque les ambassadeurs extraordinaires envojes pour le sacre; le duc de Northumberland, l'homme d Angleterre que son immense fortune et ses avantages personnels rendent le plus propre à une telle mission; le prince d'Esterhazj, un des plus nobles noms de l'Autricbe et depuis long-temps cher à la France; le prince Wolkonski, l'ami de l'empereur Alexandre; LL. KE. le comte de Zastrow, pour la Prusse; le comte de Lœvenhielm , pour la Suède; le duc de la Villa Hermosa, pour l'Espagne. Ces hauts personnages e'blouissent les jeux par la magnificence de Feurs costumes et par les décorations en diamans dont leur poitrine est couverte.

On y remarque surtout, sous son habillement asiatique, Sidi Mahmoud , 1 envoyé' de Tunis , dont la physionomie orientale est d'une beauté majeslueuse et prononcée. La tolérance du christianisme permet à un musulman d'assister à la plus pompeuse de nos solennités.

Les étrangers de distinction fjccupent la partie de cette tribune qui donne sur la croix de l'église. Les ambassadrices et les dames de la cour attirent les regards sur les tribunes où elles sont placées. Mais un mo-

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ment après, les yeux se tournent vers les princesses de la famille royale , qui arrivent toutes ensemble. La richesse, l'ëclat et le bon goût de leur parure fixent tous les yeux, comme l'intérêt qui s'attache à leur personne captive tous les cœurs.

Les ministres secrétaires d'e'tat prennent place sur des sièges à la droite du fauteuil que le roi doit occuper. M. l'evêque d'Hermopolis se trouve près de l'autel. Trois sièges restent vacansj ils sont destines aux deux cardinaux assistant Sa Majesté ' , et au grandaumônier.

Ces prélats arrivent avec le cierge en corps. L'archevêque de Reims s'avance vers l'autel. Une croix pectorale en e'meraude brille sur ses vêtemens de cardinal j car, quoiqu'il n'ait pas encore reçu la barrette, marque spéciale de sa nouvelle dignité, le souverain pontife lui a, par une honorable faveur , accordé le privilège d'en porter les insignes à la solennité du sacre. Cette croix est un don de Sa Majesté. M. le grand-aumônier a aussi reçu du roi une croix en brillans, et M. l'evêque d'Hermopolis une anneau en rubis. Ces superbes présens font honneur à la joaillerie française \

' M. de Clerniont-Tonnerre , premier assistant comme le plus ancien, et M. de la Fare.

* Ils sont l'ouvrage de IMM. Pelitjean et Ouizille , joailliers de la Chambre.

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La marche religieuse est accompagnée de l'orgue. Avec quelle pompe se déploient les riches ornemens d'e'glise donnes par Charles x à la cathédrale de Reims! Tous ces tissus d'or et d'argent sont d'un grand prix; mais le travail surpasse la matière. Les dessins en sont admirables. On remarque aussi que les e'iëmens en sont symboliques; la vigne, le blë, l'olivier y entremêlent leurs feuilles et leurs fruits. Ces végétaux, qui procurent à l'homme sa nourriture, fournissent à l'ëglise les espèces mystérieuses de ses sacremens. Ainsi les substances les plus utiles au corps, les formes les plus agréables aux sens, deviennent encore les symboles les plus salutaires à l'âme, et, par une de ces harmonies que la religion se plait à multiplier, les mêmes signes repre'sentent toutes les grâces du ciel'.

Comme ces réseaux de dentelle se détachent avec élégance sur la pourpre romaine! quel riche transparent forment ces aubes à jour et ces rochets mailles, sur le fond violet de la toge e'piscopale! Voyez ce lis en fleur; l'œil plonge au fond de son calice. Ce pampre ne serpente-t-il pas avec la flexibilité' de la nature? Ces

' Les draps cVor et les tissus d'or et d'argent dont ces ornemens sont faits, sortent des fabriques de MM. Villeneuve et Matthieu et de celles de M. Didier-Petit, fabricans, à Lyon. Les broderies du principal ornement ont été confectionnées dans les ateliers de M"^ Quinet , chasublière , à Paris.

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chefs-d'œuvre de la plus précieuse industrie méritaient de servir au luxe des autels '.

Ce cierge' imposant, oii figurent un grand nombre de prélats % arrive dans le sanctuaire et y prend place.

' Ces dentelles magnifiques ont été fournies par M. Conville et «ompagnie , de Paris ; elles n'ont qu'un tort , celui d'avoir été faites hors de France : elles viennent de la Belgique. Leur origine a donné livu à une discussion dans les Chambres. M. de Charencey, député de l'Orne, a réclamé en faveur d'Alençon. Les explications données au public ont établi ce triste rcsidtat , que la fabrique d'Alençon n'aurait pas pu suffire à la dixième partie de la commande , et que, dans l'hypothèse où elle evit pu suffire à toute la commande, les objets auraient coûté le double.

Une très-grande partie des aubes a été confectionnée par M. CoUiau, marchand de linge et de dentelles de la chambre et de la garde-robe du roi.

' Outre MM. les cardinaux de Clermonl -Tonnerre , archevêque de Toulouse, de la Fare , archevêque de Sens, le prince de Croï, archevêque de Rouen, de Latil , archevêque de Reims, et M. l'évêque d'Hermopolis, premier aumônier, qui avaient tous d'éminentes fonctions à remplir dans le cérémonial , voici les autres prélats qui étaient présens au sacre. M l'archevêque de Reims , prélat consécrateur , était assisté de ses suffragans , M]NL les évêques de Soissons , d'Amiens, de Beauvais et de Châlons (^voir page 72). Dans le sanctuaire étaient MM. les archevêques d'Aix, d'Albi, de Paris, de Besançon, d'Avignon, de Tours, d'Auch , de Bourges, et d'Amasie, administrateur de Lyon. Les évêques pris dans chaque province étaient ceux d'Autun , de Poitiers , de Meaux , du Mans , de Bayonne , de Nîmes , d'Evreux , de Rhodez, du Puy, de Marseille, de Rennes, de Strasbourg et de Nancy. Dans cette liste , il y a deux évêques de la province de Tours et deux de celle de Besançon ; Sa. Majesté a voulu appeler à son sacre un évêque de Bretagne, et elle a désigné M. l'évêque <\o Rpnac>, liouvollement [ransféré de Beauvais, lequel, comnif^

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L'archevêque conse'crateur s'assied au milieu, le visage tourne vers le chœur, dans un fauteuil place vis-à-vis le prie- dieu du roi. On chante les petites heures et les litanies; l'orchestre exe'cute un Oratorio de la composition de M. Lesueur.

Cependant , le temple s'était échauffe' peu à peu ; la fraîcheur matinale s'y était successivement animée; le mouvement , le son des instrumens et des voix , % vapeur des cires embrase'es , en avaient vivifié l'immensité. Des lustres et des lampadaires éclairent sur deux lignes toute la longueur de la basilique, tandis que l'illumination intérieure des tribunes semble faire de chacune d'elles un sanctuaire dans le grand sanctuaire. Ces milliers de bougies ne donnent pas à l'enceinte l'aspect d'un lieu de plaisir illuminé. La clarté des cieux amortit les clartés artificielles, et le soleil à son tour est voilé par les vitraux peints ; on dirait qu'il craint de troubler par trop d'éclat ces augustes mystères. Dans ce demi-jour, devant les spectateurs qu'elles dominent , les images

titulaire de ce dernier siège, eut été en droit d'assister à la cérémonie; elle a aussi jugé à propos d'y appeler M. l'évêque de Strasbourg,- 11 y a deux provinces qui n'ont pas eu d'évêques assistans au sacre , celle de Sens et celle de Toulouse. M. l'évêque de Troyes, métropole de Sens, était désigné pour assister, et il est mort quinze jours auparavant. M. l'évêque de Montauban, province de Toulouse , avait été appelé et n'a pu se rendre à l'invitation. C'est donc en tout trente-un cvêques qui assistaient à la cérémonie. (Extrait de V yimi de la Religio??.)

colossales des rois semblent grandir encore ; tout est imposant , calme, solennel. Le seul bruit qu'on entende est celui de la musique, qui, loin de distraire l'âme, la prépare à un pieux recueillement , et élève sur des vapeurs harmonieuses la prière des hommes vers le trône de Dieu.

A huit heures moins un quart , les deux cardinaux assistans, en chape, etole et mitre, prëce'des du chapitre en chape, sortent de l'église et vont chercher le roi dans ses appartemens. M. le Dauphin , M. le duc d'Orléans et M. le duc de l3ourbon y étaient réunis avec les grands officiers de la couronne , ceux de la Maison du Roi et toutes les personnes en fonctions à la cérémonie du sacre. Le cortège étant arrivé à la chambre de Sa Majesté , le grand-chantre frappe à la porte. Que demandez-vous ? dit à haute voix le grand-chambellan. M. de Clermont-Tonnerre , premier des deux cardinaux assistans, répond : Charles x^ que Dieu nous a donné pour roi. Les huissiers de la chambre ouvrent la porte , et les deux prélats entrent. Sa Majesté était dans son fauteuil; elle se lève à leur approche. Les car- .dinaux saluent le roi , qui leur rend le salut'.

' Voici comment se pratiquait autrefois cette partie du cérémonial. Je l'extrais du Journal du sacre de Louis XVI.

« Le chapitre métropolitain étant arrivé à la chambre à coucher

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Alors les princes se mettent en marche pour l'église, conduits par le grand-maître des cérémonies, et accompagne's de leur maison. Ils sont vêtus de leurs longs manteaux de velours violet , doublés d'hermine , et bordes de fleurs de lis d'or : ils portent sur la tête la couronne ducale.

Un moment après , le roi se rend à l'église par la grande galerie couverte , escorté d'une suite nombreuse et brillante. Dans cette marche solennelle, comme tous les noms sont ceux des plus grands personnages de l'état, comme tous les rangs et toutes les fonctions,

du roi, qu'il trouva fermée , ie chantre y frappa de son bâton. Le grand-chambellan , sans ouvrir la porte , dit : Que demandez-vous? Le premier des deux prélats assistans répondit, Le roi; et le grand-chambellan répartit : Le roi dort. Le chantre ayant frappé et l'évêque ayant demandé une seconde fois , Le roi, le grandchambellan fit la même réponse. Mais à la troisième fois, le chantre ayant frappé et le grand-chambellan ayant répondu de même, l'évêque dit : Nous demandons Louis XVI , çue Dieu nous a donné pour roi. Aussitôt les portes de la chambre s'ouvrent, et le grandmaître des cérémonies conduit les évèques auprès de Sa Majesté , qu'ils saluent profondément. Ils sont précédés du chantre, du sous-chantre et de l'enfant de chœur portant le bénitier. Le roi était couché sur un lit de parade. Le premier évêque assistant lui présenta l'eau bénite et récita une oraison ; après quoi , les deux prélats soulevèrent le roi de dessus son lit et le conduisirent processionnellement à l'église. »

Si l'on établit un rapprochement entre les deux modes, la comparaison sera toute à l'avantage du cérémonial actuel.

tenant à l'essence même de la cérémonie, sont de la plus rigoureuse étiquette, je transcrirai la relation officielle. Le cortège s'est avancé dans l'ordre suivant :

Le chapitre de la métropole ;

Les gardes à pied ordinaires du loi, maicliant sur deux fdes en tête ;

La musiquej

Les héraults d'armes 3

Le loi d'armes j

Les aides des cérémonies;

Le grand-maître des cérémonies (M. le marquis de Dreux-Brézé, pair de France);

Les quatre chevaliers de l'ordre du Saint-Espiit destinés à porter les offrandes , savoir :

M. le duc de la Yauguyon , le vin dans un vase d'or,

M. le duc de La Rochefoucault , le pain d'argent ,

M. le duc de Luxembourg, le pain d'or,

M. le duc de Gramont , l'aiguière d'or remplie de médailles;

Les pages du roi sur les ailes;

Le maréchal Moncey, duc de Conegliano, faisant fonctions de connétable , tenant à la main son épée nue, et ayant à ses deux côtés deux huissiers de la chambre du roi, portant leurs masses;

En arrière du connétable , sur le côté à droite, M. le

duc (le Mortemart , capilaine-colonel des gardes à pied ordinaires du roi, et M. le duc de Bellune, majorge'uëral de la garde royale j sur le côte' à gauche, le raarëcbal marquis de Lauriston , le duc de Cosse' et le duc de Polignac , nomme's par Sa Majesté pour porter la queue du manteau royal; Le Roi j

A sa droite, le cardinal de Clermonl-Tonnerre;

A sa gauche, le cardinal de la Fare;

Sur les ailes , à la hauteur du roi , six gardes de la manche, trois de chaque côte'j

Derrière le roi , à droite et à gauche , M. le marquis de Rivière et M. le duc d'Havre' de Croi , capitaine des gardes-du-corps ;

Le major des gardes-du-corps, marchant derrière le capitaine des gardes de service:

Le chancelier de France j

Le duc d'Uzès, représentant le grand-maître de France, portant le bâton de grand-maître à la main, haut levé;

A sa droite , M. le prince de Talleyrand , grand-chamhellan;

A sa gauche , M. le duc d'Aumont , premier gentilhomme de la chambre ;

A droite , un peu en arrière du grand-chambellan ,

M. le marquis d'Avaray , remplissant les fonctions de grand-maître de la garde-robe, à la place de M. le comte Curial, qu'un accident gr^ve empêchait d'assister à la cérémonie ;

Les deux gentilshommes de la chambre, l'un derrière le grand-chambellan , l'autre derrière le premier gentilhomme de la chambre;

L'officier des gardes-du-corps de service , suivi d'un détachement des gardes-du-corps.

On a remarque avec plaisir, mais sans surprise, que les habillemens des officiers , tout en conservant la trace des formes prescrites par l'ancien usage , avaient reçu pour la plupart d'heureuses modifications, et que les costumes d'étiquette étaient devenus de beaux vêtemens, ayant une véritable noblesse et même une sorte d'élégance ' .

Arrivés dans la nef, les gardes à pied se mettent en haie des deux côtés, les gardes de la manche et les héraults d'armes se placent en bas des degrés du sanctuaire. Le clergé reste à l'entrée de l'église. Le cardinal de la Fare y reçoit Sa Majesté , en appelant sur elle la protection céleste par cette belle prière :

' Tous les costumes , y compris le manteau royal , ont été confectionnés par MM. Dallemagne, Guibout et compagnie.

O Dieu ! qui savez que le genre humain ue peut subsister par sa propre vertu, accordez votre secours à Charles , votre serviteur , que vous avez mis à la tête de votre peuple j afin qu'il puisse lui-m,ême secourir et protéger ceux qui lui sont soumis '.

Au milieu des prêtres qui l'entourent, entre les deux cardinaux qui l'assistent, le roi s'avance lentement vers l'autel , où il s'agenouille. Alors le prélat consecrateur récite une oraison qui peut renfermer un grand sens. Il prie le ciel de préserver le roi de toute adversité et de le fortifier du don de la paix ecclésiastique. Par là , s'il faut entendre la paix religieuse, c'est en effet la plus nécessaire de toutes à un peuple pour qui la liberté' de conscience n'est pas un vain mot; car chez un tel peuple, la guerre de religion est la guerre civile. Mais l'esprit du sacre étant une assimiilation fictive de la royauté avec le sacerdoce , il est possible que l'oraison ait voulu simplement designer ce calme moral qui est le partage du bon prêtre.

Les portes du temple se sont fermées sur le roi ou

' Toutes les prières ont été imprimées par ordre de M. l'archevêque de Reims et distribuées au public avant que la cérémonie ne commençât. C'est sur ce rituel que j'en prendrai le texte et que j'en extrairai la substance. Ce livret se trouve chez Lefuel, libraire, à Paris.

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plutôt le lévite aui*uste (jiii vient cheicher au pied des autels l'ordination réservée aux souverains ' ; car la blancheur universelle de son vêtement est la couleur de l'aube sacerdotale. Une camisole de moire d'argent, un justaucorps blanc , des mules blanches, une toque à plumes blanches, tel est le vêtement du roi.

Je dois le direj la forme de ce costume et l'ëtoffe dont il est fait ont quelque chose de maigre, qui contraste avec la majesté rojale. Aux prëce'dens sacres, c'était une robe en drap d'argent. La nature de l'ëtoffe n'était pas d'un choix plus heureux; mais du moins cette longue toge avait ou pouvait avoir de l'ampleur et de la gravite. Puisque le blanc est la couleur consacrée, il suffisait de substituer à ce clinquant un de nos fins tissus de laine , et de perfectionner la forme. Par là , on serait reste fidèle à l'emblème, en conservant ce qui est dû à la majestë royale \

^ Voir pages 8 , 29 et 34-

' J'extrais ce qui suit, à peu près textuellement, des Mémoires du marquis d'Argenson; îl s^agit du sacre de Louis XV. n Le roi était d'une charmante figure. On ne saurait guère se faire une idée de sa gentillesse, le matin de son sacre, en costume de néophyte ou de roi candidat. Je n'ai jamais rien vu de si touchant. Les yeux en devenaient humides de tendresse pour ce pauvre petit prince, échappé à tant de dangers. » Ce détail est plein de de grâce et d'intérêt; mais c'est surtout l'âge du monarque qui en fait le charme : Tédit qui fixait le .sacre à quatorze ans n'avait jamais été hien suivi, et Louis xv en avait à peine douze.

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