CHAPITRE XII
Sacre du roi. Sermens. Tradition des insignes militaires. Consécration. Tradition des insignes royaux. Couronnement. Intronisation. Description du trône. Messe du sacre.
Le roi s'est place sur son fauteuil^ les trois princes sont assis à sa droite, selon leur rang, sur l'alignement de son siège.
En arrière , près de sa personne , à droite , le capitaine des gardes-du-corps à piedj à gauche, le majorgëne'ral de la garde royale , et sur le même alignement , mais un peu plus sur le côte, le maréchal marquis de Laurislon , le comte de Cosse et le duc de Polignac. Près de la première marche des degrés du sanctuaire , le major des gardes-du-corps , en arrière du capitaine des gardes de service; en avant du prie-dieu , à droite et à gauche , le grand-maître , les maîtres et les aides de cérémonie.
Toutes ces personnes sont debout. Au bas des degrés du sanctuaire , le duc de Conegliano , qui représente le coimc'table , est assis sur un tabouret, ayant debout
à ses côtes les deux huissiers de la chambre qui l'accompagnaient dans la marche du cortège j à trois pieds derrière lui , le chancelier est assis de même. Le chef de la guerre et le chef de la justice devaient avoir les premiers sie'ges après le roi et les héritiers de la couronne.
En arrière, sur un même banc, le duc d'Uzès , comme faisant fonctions de grand-maître de France; le grand-chambellan à sa droite, et le premier gentilhomme de la chambre à sa gauche; à droite du grandchambellan , et un peu en arrière , le premier chambellan maître de la garde-robe occupe un tabouret; deux gentilshommes de la chambre sont aussi sur des tabourets, l'un derrière le grand-chambellan , l'autre derrière le premier gentilhomme de la chambre.
En arrière de M. le Dauphin , se tient debout le lieutenant des gardes-du-corps du roi, de service auprès de Son Altesse Royale.
Les quatre chevaliers des ordres destines à porter les offrandes sont place's dans le chœur, deux du côté de rÉpître, deux du côté de l'Evangile, aux premières hautes stalles les plus voisines du sanctuaire.
Tel est l'ordre de la séance. Sur l'autel est développé le manteau royal, qui le couvre dans toute son étendue. On y voit aussi tous les insignes royaux. Derrière l'au-
tel, sur une large cre'dence' , on découvre les vases et les reliquaires donne's par le roi , la couronne royale en diamans, sur un carreau fleurdelisé', et les autres attributs de la royauté' , disposes pour la ce're'monic.
On achève les petites heures. Pendant ce temps , l'archevêque de Reims va pre'senter l'eau be'nite au roi , qui se découvre pour la recevoir ; il répand ensuite la sainte lustra tion sur l'assemblëe, et se relire derrière l'autel, d'où il revient avec ses habits pontificaux, la mitre en tête', apportant le reliquaire de la sainte ampoule. Après avoir salue' l'autel et le roi, il entonne le Veni Creator.
' On appelle crédence la petite table adhérente à l'aulel ou voisine de l'autel, sur laquelle on pose les burettes, et , en général , on désigne par ce nom toute surface plane qui sert de support a des objets consacrés au culte chrétien,
' Parmi les vétemens d'église décrits plus haut , ceux qui sont destinés au prélat consécrateur se distinguent par des ornemens particuliers. Sur la palme de l'étole, sur l'orfroi de la chape, on voit un gros brillant central , et , sur le dos de la chasuble , le monogramme du nom de Jésus , aussi en brillans. Ces diamans vrais ou factices (car on dirait du stras), ces solitaires perdus au milieu de ces pièces d'étoffe d'or, sont mesquins et d'un goût provincial. Mais ce qui m'a paru de très-bon goût, c'est une agrafe de chape, d'un style gothique, composée d'une énorme topaze dans un enchâssement d'or et d'émail coloré. C'est aussi la mitre archiépiscopale, décorée de sept belles pierres, rappelant heureusement à la cérémonie du sacre le rational du grand-prètre AaroM , le premier parmi les hommes qui ait été oint au nom du ciel.
22/t SACRE DE CHARLES X.