‹ Histoire du sacre de Charles X, dans ses rapports avec les beaux-arts et les libertés publiques de la FranceChapitre 26 sur 32 · MM. MM · texte numérisé non relu

MM. MM

Vicomte de Chateaubriand , Marquis de Talaru ,

Duc de Sau-Carlos, Duc de Doudeauville,

Prince de Castel-Cicala, Comte de Villèle,

Vicomte Laine, Maréchal marquis de Lauriston,

Marquis de Caraman, Comte Charles de Damas ,

Marquis Dessolle, Baron Pasquier, Maréchal marquis de Vioménil , Duc de Blacas d'AuIps ,

Duc d'Avaray, Marquis de Rivière ,

Maréchal duc de Raguse, Marquis deLatour-Maubourg,

MM

Maréchal duc de Tarente ,

MM

Duc Decazes ,

Maréchal duc de Conegllano , Duc de Lévis, Duc de Duras , Duc d'Aumont, Duc de Luxembourg, Prince de Hohenlohe, Duc de la Yauguyon.

INIaréchal duc de Reggîo , Maréchal duc de Bellune , Duc de Dalberg, Prince de Poix, Duc de Grammont, Prince de Talleyrand , Duc de la Rochefoucaull'.

M. le duc de Bourbon ,

M. le duc d'Orléans ,

M. le Dauphin , Le Roi accompagne' de tous les grands-officiers de sa maison , et de MM. les commandeurs eccle'siastiques, M. le cardinal duc de la Fare, M. le cardinal prince de Croï , M. le cardinal duc de Clermont-Tonnerre , M. l'archevêque de Bordeaux , M. l'abbe' duc de Montesquiou , M. l'archevêque de Reims %

En entrant dans le choeur, les membres de l'ordre se de'couvrent, à mesure qu'ils y arrivent. Les deux

' M. le duc de Damas n'a pu assister à la cérémonie, par suite du même accident qui a empêché M. le comte Curial de remplir ses fonctions à la cérémonie du sacre.

' Les ecclésiastiques n'ont pas le titre de chevaliers ; ils sont seulement commandeurs de l'ordre du Saint-Esprit, tandis que les laïcs sont chevaliers des ordres du roi.

colonnes de chevaliers se de'ploient à droite et à gauche du trône qui est au milieu du chœur, et s'avancent jusqu'aux marches du sanctuaire, devant les stalles qu'ils doivent occuper. Les grands-officiers , le he'rault et l'huissier vont se ranger à leurs sièges , places en avant du trône du chœur.

M. le duc d'Orléans va se placer en tête de la colonne gauche des chevaliers,

M. le duc de Bourbon passe à la colonne droite;

M. le Dauphin se place le premier de la colonne droite , auprès du duc de Bourbon.

Le costume des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit est d'une magnificence qui ajoute encore à la pompe de la cérémonie. Chaque chevalier est revêtu du manteau avec le Saint-Esprit en paillettes d'argent sur l'ëpaulc gauche, du grand collier et de la toque couverte do plumes blanches. Les revers du manteau , retrousses par devant, sont de velours vert semé' de flammes d'or.

Le roi, comme clief et souverain grand-maître des ordres du Saint-Esprit et de Saint-Michel, paraît dans un costume qui, par son éclat, efface tout ce qui l'entoure. C'est un grand manteau de velours noir double de soie verte brochée d'or. Ce manteau est parsemé' de flammes brodées en lames rouges sous un réseau d'or, et rappelant le Saint-Esprit descendu sur les

apôtres sous forme de langues de feu. En effet, à chaque mouvement de la personne, le feu semble jaillir de ces broderies. Le roi seul a droit de porter ce vêtement, comme grand-maître. Le surplus du costume rojal est de drap d'argent. Sa Majesté est coiffée d'une toque de velours noir, que surmonte une aigrette de he'ron. Par dessus le manteau est passe le grand collier de l'ordre.

L'entrée du roi s'annonce par les acclamations qui accompagnent Sa Majesté dans sa marche, et qui letentissent de l'exteiieur dans l'enceinte de la cathédrale.

Le roi, entoure de ses grands-officiers, s'avance au milieu du chœur, près des marches du sanctuaire 5 il fait une révérence à l'autel , se retourne et monte sur son trône, précède du commandeur grand-prevôt, maître des cérémonies, du herault et de l'huissier.

Sa Majesté étant assise et couverte, et les membres de l'ordre e'iant ranges dans leurs stalles, à droite et à gauche, et couverts, les grands et les petits-officiers quittent leurs places au bas du trône et s'avancent au pied du sanctuaire, où ils font successivement, sans se découvrir, les révérences suivantes : à l'autel j au roi, sur le trône du chœur j au clergé, dans le sanctuaire j à M. le Dauphin; à M'"^ la Dauphine, dans sa tribune, et aux princesses de la famille rojale; à M. le duc

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d'Orléans; à M. le duc de Bourbon j à MM. les ambassadeurs, dans leur tribune; aux commandeurs ecclésiastiques, dans le sanctuaire; aux chevaliers de la droite; aux chevaliers de la gauche. Ces onze re'verences faites , les grands-officiers retournent à leurs places , au bas du trône du chœur.

Le commandeur grand-pre'vot , maître des cérémonies, se lève et va, pre'ce'de' du he'rault et de l'huissier, au milieu du chœur, près des marches du sanctuaire, où il fait une révérence à l'autel ; puis, se retournant , il s'avance vers le trône : le he'rault et l'huissier s'écartent pour laisser le grand-maître des cérémonies se placer près de la première marche du trône , d'où , après un salut au roi, il monte près de Sa Majesté, afin de prendre ses ordres pour commencer les vêpres.

Les vêpres terminées , le grand-prévôt , maître des cérémonies, précédé du hérault et de l'huissier, va au bas de la stalle du chœur où est placé M. le Dauphin, et l'invite, par une révérence, à en descendre. Son Altesse Royale, conduite au milieu du chœur, fait les révéïences ci-dessus indiquées. Après ces révérences , Son Altesse Royale va se placer sur le côté droit du trône , au bas et contre la marche de l'estrade.

M. le duc d'Orléans et M. le duc de Bourbon répètent l'un après l'autre les mêmes révérences au

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milieu du chœur, et vont successivement se placer à côte de M. le Dauphin.

MM. les ducs de la Vaugujon et de la Rochefoucault suivent la même marche , et se placent après M. le duc de Bourhon.

Sur des sièges au bas de l'estrade à droite du trône, sont place's M. le ministre des affaires e'trangères , M. le ministre de la guerre, M. le ministre de la marine, M. le ministre de l'intérieur et M. le ministre des affaires ecclésiastiques. M. le garde-des-sceaux est en face, du côte' des pairs de France, à la tête du conseil d'Etal. M. le ministre des finances et M. le ministre de la Maison du roi sont parmi les chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit.

Le grand-prëvôt , maître des ce'rc'monies , pre'ce'de' du he'rault et de l'huissier, va chercher le roi au trône et le conduit auprès des marches du sanctuaire. Sa Majesté fait aussi les re've'rences et retourne ensuite se placer sur son trône.

On apporte sur l'estrade un fauteuil tourne' devant le roi. L'archevêque de Reims, revêtu de ses habits pontificaux , monte au trône et s'assied dans ce fauteuil.

On place devant le roi une table de'core'e des attributs de l'ordre. Le commandeur secrétaire des ordres pre'senle au roi le serment écrit et la plume. Le roi signe

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le serment. Le commandeur secre'taire reprend le serment et la plume.

L'archevêque, se lève, et, après une re've'rence au roi sur l'estrade et une au Las, il descend et va quitter ses habits pontificaux.

Le grand -prévôt , maître des cérémonies , apiès avoir pris les ordres du roi , descend du trône et va avertir M. le Dauphin de venir rendre hommage au roi. Son Altesse Royale s'avance en face du trône : là elle fait une première révérence à l'autel , une seconde au roi; monte sur l'estrade, où elle fait encore une re've'rence au roi 3 va se mettre à genoux sur un coussin place aux pieds de Sa. Majesté et lui baise la main. Le roi serre la main du Dauphin avec beaucoup d'affection. Le Dauphin se relève, fait une re've'rence au roi , redescend de l'estrade , fait au bas une autre révérence au roi, une autre à l'autel, et vient reprendre sa place.

M. le duc d'Orléans et M. le duc de Bourbon exécutent ensuite, l'un après l'autre, les mêmes formalités; le roi leur serre aussi la main très-affectueusement. A leur tour, MM. les ducs de la Vaugujon et de la Rochefoucault rendent hommage ensemble : M. le duc de la Vauguyon veut se prosterner malgré son grand âge; le roi lui tend la main avec bonté et le relève.

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Cet acte se termine par l'hommage des quatre grandsofficiers, du he'raull et de l'huissier.

L'archevêque de Reiras entonne le Feni Creator. Pendant ce chant, les chevaliers récipiendaires à l'exception de M. le prince de Castel-Cicala et de M. le duc de San-Carlos , viennent se former dans le chœur en deux colonnes de chaque côte de l'autel. Les commandeurs ecclésiastiques récipiendaires s'avancent de leur côte, de front dans le sanctuaire, et se placent en face du roi.

Le chant du Veni Creator termine', le commandeur grand-prëvôt , maître des cëre'monies , après avoir pris les ordres du roi, envoie le hërault d'armes avertir les récipiendaires ecclésiastiques de venir au trône. Aussitôt ces re'cipiendaires se rangent sur une même ligne en face du roi.

Le commandeur chancelier des ordres s'avance sur le devant de l'estrade, et là il lit à haute voix la formule du serment des commandeurs ecclésiastiques. Les récipiendaires montent sur l'estrade , font une re've'rence au roi , et s'agenouillent sur des carreaux place's aux genoux de Sa Majesté. Le chancelier des ordres prend le livre des Evangiles et le tient ouvert sur les genoux du roi; les récipiendaires posent chacun leur main droite sur le livre , en disant : Je le jure.

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Le roi les revêt ensuite des insignes de Tordre ; savoir : les cardinaux en grand costume de leur dignité', du cordon bleu arrange en sautoir, avec la croix d'or de l'ordre suspendue à la pointe; les archevêques , e'vêques ou prélats sans dignité' ecclésiastique, d'abord du mantelet ou camail , ajant sur le côte gauche la croix de l'ordre brodée en paillettes d'argent, ensuite du cordon bleu ajuste comme celui des cardinaux. Le roi remet à chacun un livre , d'heures et le dixain.

Ces insignes reçus , les commandeurs eccle'siastiques rendent leur hommage au roi, chef et souverain grandmaître des ordres du Saint-Esprit et de Saint-Michel, en baisant la main de Sa Majesté. Ils se relèvent, font une re've'rence au roi, descendent du trône et passent à une table pre'parëe à côte' pour signer le serment.

Pendant que les commandeurs eccle'siastiques retournent à leurs places, le commandeur chancelier des ordres, après avoir pris le consentement du roi, annonce aux chevaliers re'cipiendaires qu'il va leur donner connaissance de la teneur du serment que chacun d'eux va prêter entre les mains du roi : il lit ensuite à haute voix la formule du serment des chevaliers. Après cette lecture, les chevaliers appelés successivement par ordre d'ancienneté sortent deux à deux de leur colonne, s'avancent vers le trône et viennent se mettre à ge-

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DOUX sur des carreaux places aux pieds de Sa Majesté.

Les quatre chevaliers qui paraissent d'abord sont M. le duc de la Vaugujon , M. le duc de la Roclicfoucault, M. le prince de Holienlolie, et M. le prince de Tallejrand. Alors le chancelier de l'ordre prend le livre des Evangiles et le tient ouvert sur les genoux du roi. Les quatre chevaliers récipiendaires, la main droite posée sur le livre, disent : Je le jure.

Ensuite les quatre grands-officiers , aide's de l'huissier et du herault, détachent par devant le manteau de chaque chevalier et l'abaissent par derrière. Le roi passe sur les habits, de droite à gauche, en forme de bandoulière, les cordons bleus avec la croix d'or suspendue au bas. Sa Majesté place les colliers sur les manteaux et remet à chaque chevalier un livre d'heures et un dixain '.

Les quatre chevaliers rendent hommage au souverain grand-maître des ordres , en baisant la main du

" Les chevaliers du Saint-Esprit sont assujettis, par les statuts de l'ordre, à beaucoup de pratiques de dévotion. Ils promettent d'assiater chaque jour au sacrifice divin, et cette obligation, indépendamment d'une piété héréditaire, a peut-être contribué à Fusage où sont nos rois d'entendre la messe tous les jours. Comme chefs de l'ordre, les monarques français semblaient devoir cet exemple. Les chevaliers sont encore tenus de réciter chaque jour les heures du Saint-Esprit et de dire un chapelet d'un dixain. De là la remise du dixain et des heures.

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roi, descendent du trône et vont, à une table préparée

à côte', signer le serment qu'ils viennent de prêter.

Ils sont suivis par quatre autres chevaliers. Les quatre derniers sont 31. le comte de Villèle, M. le vicomte de Chateaubriand, M. le duc de Doudeauville et M. le marquis de Talaru. On a remarque qiie M. le pre'sident du conseil , après avoir signe le serment , a passé la plume à M. de Chateaubriand , son ancien collègue au ministère. Ce rapprochement a fait sourire.

Les re'ceptions de ces chevaliers, tous français, étant terminées , un officier des ordres va inviter M. le prince de Castel-Cicala et M. le duc de San-Carlos, qui étaient restés dans leurs stalles , à en descendre , et les amène aux pieds du roi. Comme étrangers, ils doivent prêter un serment particulier; ils le prêtent, et reçoivent des mains de Sa Majesté les insignes des ordres. Après la signature de leur serment, ils sont reconduits à leurs places.

Le roi descend du trône du sanctuaire et va s'asseoir sur le trône élevé à l'entrée du chœur , après avoir fait les révérences. Sa Majesté étant assise, on chante les compiles. Après ce dernier office, tous les membres de l'ordre reconduisent le roi dans ses appartemens , de la même manière et avec le même appareil qu'il avait

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ëtë amené à la cathédrale. Sa Majesté est également accueillie à son retour par les plus vives acclamations.

La ce'i e'monie s'est terminée à quatre heures, La musique (le la chapelle en a un peu anime la physionomie. Plusieurs morceaux à grand chœur , composes par M. Lesueurj deux marches, l'une guerrière et l'autre religieuse, par M. Cherubini; un Salve Regina, par M. Plantade, se sont heureusement entremêles à un ce're'monial monotone. La plupart des chevaliers ont exécute' les salutations d'une manière un peu confuse j mais le roi y a niis autant de précision que de noblesse et de grâce.

Après la ce'rëmonie, Sa Majesté a tenu, suivant l'usage, un chapitre de l'ordre du Saint-Esprit; elle y a nomme' vingt-un chevaliers commandeurs , ou coi dons bleus. Ce sont MM. les ducs d'Uzès, de Chevreuse, de Brissac, deMorlemart, de Fitz-James, de Lorges, de Polignac, de Maille', de Castries , de Narbonne; le maréchal comte Jourdan , les mare'chaux ducs de Dalmatie et de Tre'vise; les marquis de La Suze , de Breze', de Pastorel; le comte de La Ferronays; le vicomte d'Agoult; le marquis d'Autichampj M. Ravez et M. le comte Juste de Noailles.

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