CHAPITRE XV
Cavalcade. Visite à l'hôpital de Saînt-Marcoul. Station au tombeau de saint Rémi, Restauration de l'église de Saint-Remi.
Le 3i , à dix heures du malin , le roi sortit du palais archie'piscopal , accompagne' d'un magnifique cortège, pre'ce'de par les hussards de la garde , et suivi de son etat-major.
Sa Majesté , en habit d'officier-ge'nëral , montait un cheval blanc richement caparaçonne' et orne' d'une housse de velours cramoisi brodée d'or. Les princes de la famille royale paraissaient à ses côte's , le Dauphin à sa droite, à sa gauche le duc d'Orléans et le duc de Bourbon. Les princesses suivaient Sa Majesté, en calèche de'cou verte. Ce corte'ge rappelait l'antique Ca^^alcade, promenade brillante qui avait pour but d'aller prier sur le tombeau de l'apôtre des Français. Eu effet, Sa Majesté prit le chemin de l'e'glise de Saint-Remi. Mais elle voulut remplir le même jour un autre objet pieux, et elle s'arrêta devan t l'hôpital de Saint-Marcoul'.
' Ou des Scrofuleux. L'établissement de cet hospice date
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C'est une idée touchante , dont il faut rendre grâces à la religion , d'avoir appelé les rois dans ce séjour de la souffrance, et place' parmi les plus belles prérogatives du trône , celle de re'pandic des consolations sur la misère. Mais on sait que Charles x aime à voir l'Hôtel-Dieu des fenêtres de son palais. Les acclamations du peuple ont accompagne' le roi jusqu'aux portes de l'hôpital. La joie semblait plus vive et en même temps plus raisonnëej on eût dit que la majesté' royale n'avait jamais c'te plus aimable qu'au moment où elle allait s'oublier parmi les malheureux.
Autrefois, après son sacre, le roi allait en pèlerinage à l'abbaye de Corbeny , village à quelques lieues de Reims, pour faire une neuvaine à saint Marcoul , dont la châsse était depose'e dans ce monastère. Ce saint, que les Remois re'vèrent le plus après saint Nicaise et saint Rémi , e'iait issu du sang royal de France. C'e'tait par son intercession , disent les uns , que les successeurs de Clovis guérissaient les e'crouelles et d'autres maladies incurables, prérogative héréditaire, et dont Clovis lui-même avait joui'. D autres ont pense' que
de i65o. La maladie des humeurs froides, commune alors dans la ville, était attribuée à la mauvaise qualité des eaux de puits. Elle a en effet disparu en grande partie depuis l'établissement des fontaines. Qu'on juge maintenant du bienfait de l'abbé Godinotl {foirp. g^O ' Un gentilhomme de la cour de Clovis, nommé Lanicet, af-
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c'était par la vertu de l'iiiiile céleste, et surtout de l'onction faite aux mains '. An reste , ce privilège n'appartenait pas exclusivement aux monarques français. Saint Edouard , roi d'Angleterre , avait possède et transmis à ses descendans un droit semlDlable. D'autres princes guérissaient le mal caduc, la jaunisse; les rois de Castille délivraient les possëde's.
Jusqu'à saint Louis , le roi de France se contentait de porter la main sur le malade, en prononçant ces paroles : Le roi te touche , Dieu te guérisse. Ce prince y ajouta le signe de la croix , par humilité', disent les historiens, et pour éviter toute louange personnelle, afin que le miracle ne lui fût pas attribue, mais à Dieu. Il semble pourtant que la simple formule ne laissait pas d'e'quivoque à cet égard , et qu'elle renvoyait bien à Dieu le me'rile de la guerison soudaine.
C'est encore saint Louis qui institua le pèlerinage à Corbeny. Mais l'exercice de la pre'rogativc royale n'était pas restreint à l'ëpoque du sacre; il se répétait ordinairement aux quatre grandes fêtes de l'année , Pâques, la Pentecôte, la Toussaint et Noël; le roi s'y pre'parait
fligé d'une maladie de ce genre , voulait quitter la cour , afin de cacher sa difformité. Une nuit, Clovis rêva qu'il touchait le mal de son écuyer et qu'il le guérissait. A son réveil , il se ressouvint de sa vision et la mit en pratique sur le malade , qui guérit. ' Voir page 23q.
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en approcliant des sacremens. Louis xi louchait les malades toutes les semaines} il pre'lendait soulager l'humanité' souffrante, et, de sang-froid, il ordonnait de sanglantes exe'cutions.
La neuvaine miséricordieuse fut encore pratiquée au sacre de Louis xvi. 11 y vint deux mille quatre cents malades 5 ils e'taient range's dans les allées du parc de l'Abbaye. Le premier médecin appujait sa main sur la tcle de chaque malade , dont un des capitaines des gardes tenait les mains jointes. Le roi , la tête découverte, étendait la main droite du front au menton et d'une joue à l'autre du malade, formant ainsi le signe de la croix , et disant : Le roi te louche , Dieu te guérisse.
S'il ne s'opère plus de gue'risons instantanées, eu est-elle pour cela moins louchante cette confiance des peuples qui , voyant dans leur roi la vivante image de leur Dieu, se portent sur son passage, et espèrent en lui, même pour les maux du corps?
Charles x fut reçu à l'entrée de l'hôpital par M. le grand-aumônier, accompagne de M. l'évêque de Nancj et de plusieurs autres prélats. Conduite à la chapelle par M. de Saint-Fëlix, aide des cérémonies, et par M. Vacherot, secrétaire. Sa Majesté y fit sa prière à genoux, puis elle monta dans les salles. M. Alibert , son premier médecin ordinaire, M. Dupuytren, son
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premier chirurgien, M. Thevenot de Saint-Baise, son premier chirurgien ordinaire , l'y attendaient. Cent vingt-un malades lui furent successivement pre'sente's. Le roi les loucha tous, suivant l'ancienne forme et en prononçant les anciennes paroles; Sa Majesté se baissa même, pour donner cette be'ne'dicti on à des enfans de quatre ou cinq ans. Tout le monde était attendri jusqu'aux larmes. Un aumônier distribua des aumônes à tous les malades que le roi avait bénits. En sortant , le roi leur dit avec l'accent du plus tendre intérêt : « Mes cliers amis , je vous ai apporte des paroles de consolation; je souhaite bien vivement que vous gue'rissiez. »
Ces paroles de consolation ont ëte accueillies avec enthousiasme; les plus vives acclamations montraient assez que les souffrances de ces infortunes étaient suspendues par la présence d'un monarque charitable; les malades avaient réellement oublie' leurs maux en prenant part à la fête du peuple fiançais. Qui sait même ce que peut produire cette joie vive et inattendue? La pitié, qui a tant de puissance quand elle descend de si haut , ne peut-elle pas provoquer des effets merveilleux , et les consolations d'un bon prince ne sont-elles pas un don du ciel ?
Un des malades disait, après la visite du roi, que Sa Majesté était le premier me'decin de son royaume; un
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autre, bravant les daogers d'une convalescence brusquée, sollicitait la permission de sortir de l'hospice, pour revoir son roi , heureux d'y rentrer , disait-il , après l'avoir revu.
Les sœurs qui dirigent l'hôpital de Sainl-Marcoul ont reçu de Charlfes x et de M'"% la Dauphine mille te'moignages de satisfaction. Elles ont demande au roi sa bénédiction. Plusieurs d'entre elles avaient reçu celle de Louis xvi à son sacre. Ces pieuses femmes ont ete admises à la faveur de baiser la main de Sa Majesté. Accoutumées à n'avoir d'autres témoins de leurs vertus que Dieu et les malheureux qu'elles soulagent , elles regarderont comme le plus beau jour de leur vie celui où d'augustes personnages ont applaudi à leur de'vouement, et l'honneur d'avoir obtenu le suffiage de leur roi sera pour elles un avani-goût des rëcomipenses célestes. Sa Majesté, en leur tendant la main, leur disait : « Mes sœurs, vous avez bien soin des pauvres j je vous en remercie. »
Au soitir de l'hôpital , le roi se rendit à l'église de Saint-Remi, l'un des plus anciens monumens de Reims; elle date de la fin du xi« siècle. Sa forme est celle d'une croix latine. Sa façade, dont la masse na rien d'imposant, est flanquée de deux tours; le stjle de son architecture primitivement gothique est entache des traces
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qu'ont dû y laisser les nombreuses restaurations ultérieures , nécessitées par une mauvaise construction originaire.
Maigre ces réparations partielles , l'empreinte de la ruine était partout ; d'iimombrables crevasses sillonnaient les murs , et tous les signes de la décrépitude annonçaient une chule prochaine 5 trois emmarchemens dégrades, • permettant à peine d'entrer dans l'ëglise, semblaient donner le conseil de n'y point pene'trer. Néanmoins, son aspect a quelque chose de noble et de touchant, qui excite l'inteVêî ; le nom de l'apôtre des Français s'y attache.
Quoique, par le mauvais- e'tat de l'exte'rieur, on fût préparé à trouver l'inte'rieur dans un e'tat pareil, l'impression qu'on éprouvait après avoir franchi le seuil, rassurait d'abord l'œil et l'esprit. On admirait avec tranquillité les belles proportions de la vaste nef, du chœur , du sanctuaire et du rond-point. Plus large et moins élevée que la cathédrale , la basilique de Saint- Remi offre dans tout son pourtour de belles arcades ogives qui séparent la nef des bas-côtés, et au dessus de celles-ci, des tribunes hautes, surmontées par un pa)eil nombre d'arcs. Une rangée de croisées au dessus des tribunes prépare et explique Teffet grandiose que produit la voûte d'arêtes, avec ses courbes multipliées et
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ses nombreuses nervures. Dans le prolongement de la nef, la croix et toutes les arcades qui enveloppent le sancluaire sont séparées du reste de l'e'glise par de petites colonnades en marbre de différentes couleurs, embellissement où la ricliesse de la matière et l'originalité de l'intention font pardonner la différence du style. C'est au milieu de cette séparation à jour, dans cette espèce de grille en marbres précieux , que s'élève , derrière le maître-autel, le nouveau monument où reposent les ossemens du saint apôtre. Rien dans sa composition ne rappelle l'antique mausolée, que d'anciennes gravures nous font encore admirer. Cette rotonde, formée par des colonnes en marbre entre lesquelles sont placées les statues des pairs laïques et eccle'siastiques , ne pourrait être que blamëe sous le rapport du goût et du caractère, si le zèle religieux qui en de'termina la construction ne désarmait la critique.
Mais en parcourant l'église, l'œil, frappe des objets qu'il n'avait pas aperçus d'abord , ne tardait pas à découvrir le danger qui menaçait, et la pieuse station des fidèles, et même les pas fugitifs du simple curieux. Au dessus de l'entrée principale, la voûte se détachait entièrement du mur de face , et le mur lui-même se soutenait à peine; car sa construction presque à jour, dont l'aspect est si attrayant, manque des qualités essen-
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tielles qui rendent les productions de l'architecte solides et durables. Les colonnes des ogives , frêles appuis de ces frêles arceaux, avaient fle'chi; les arcs étaient gerces , la grande rosace affaissée sous son propre poids et la voûte ouverte j les pierres s'en de'tachaient une à une , et les nervures, en partie brisées , se roidissaient en vain contre le fardeau d'un clocher que leur fit supporter l'ignorance; les murs des bas-côte's, considérablement surplombe's , ftiisaient craindre aussi leur chute prochaine; des contreforts chancelans, qui se suffisaient à peine à eux-mêmes, ne pouvaient opposer qu'une faible et inutile résistance.
Telle était la situation du monument lorsque Sa Majesté annonça qu'elle voulait visiter le tombeau de l'apôtre. C'est donc en cet état que M. le vicomte de la Rochefoucault, M. de Jessaint et M. le baron de la Ferte, directeur des fêtes et ce're'monies, le visitèrent avec MM. Lecointe et Hittorf.
Une somme de 26,000 francs avait déjà e'ie accordée pour les préparatifs nécessaires à la visite rojale. Mais les architectes représentèrent que ces fonds seraient mieux employés à une réparation radicale qu'à une décoration éphémère. Prompt à juger par ses propres yeux, M. le vicomte voit l'urgence du péril. Dès lors , il veut tout examiner lui-même. Ni la toiture de'-
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labrc'e, ni la charpente dont les bois sont dëcompose's de toutes parts, ni le clocher qui chancelle, ni la dehiscence des voûtes, ni les claveaux vacilians, ne le retiennent. Je l'ai vu suivre en ami des arts les pas des architectes dans les endroits les plus menaces, affronter des dangers personnels pour se livrer à une reconnaissance approfondie , et acquérir par lui-même la conviction qu'un prompt secours pouvait seul sauver l'e'difice.
Conserver un monument public et un monument religieux, c'était doublement servir le roi. Le chef du département des beaux-arts fut leur avocat auprès de Sa Majesté j il plaida leur cause avec cette chaleur qui emporte le succès. Par une proposition faite de concert avec M. de Jessaint et M. le ministre des cuites , il obtint une somme de 226,000 francs pour être employée à la restauration entière de Saint-Remi, et payable, un tiers par la ville de Reims, un autre tiers par le ministère^ le roi accorda le troisième tiers sur sa cassette.
Trois mois seulement avant le jour du sacre, les architectes furent autorise's à commencer les travaux. Il fallait dans ce court espace concevoir, combiner et faire exécuter tous les échafaudages, cintres et etagemens nécessaires pour soutenir la façade principale, les voûtes de la nef et du chœur, les murs , arcs-boutans et
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contreforts des faces latérales j il fallait, en soutenant à l'instant même un édifice qui s'écroulait, disposer la charpente d'appui de manière à ce qu'elle offrît toute sécurité au monarque pour le jour de sa pieuse visite , et ultérieurement, toute solidité aux architectes pour les constructions qui devaient se continuer; il fallait de plus que ce travail se fit sans interrompre le service divin ; car la ville de Reims , autrefois si riche en églises , en a vu tomber le plus grand nombre; il fallait enfin que rien n'obstruât la nef à l'endroit où le roi devait s'agenouiller; de sorte que les réparations graves à faire sur deux travées de la voûte en cette partie ne pouvaient pas même être favorisées par un échafaudage de fond. Ces difficultés jointes à un travail matériel considérable , dans une ville où les travaux de la cathédrale et de l'archevêché absorbaient déjà toutes les mains et tous les matériaux, n'ont pu ralentir le zèle des architectes. Le résultat le plus heureux et , j'ose dire, le plus étonnant, a couronné leurs efforts. Ils ont eu achevé à temps.
Aujourd'hui des étais puissans supportent les arcs affaiblis de la façade; une charpente artistement combinée remplace la rosace de pierie qui s'en allait par fragmens; les murs ont été sondés, partout, et toutes les pierres suspectes ont été scrupuleusement enlevées;
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le clocher, qui surchargeait rdclifice, a ete' démoli, la charpente refaite et la couverture re'tal)lic à la place du clocher; les emmarchemens dégrades ont c'te couverts d'un grand perron longeant toute la façade et qui prépare bien l'abord du temple.
C'est sur ce perron que M"', l'archevêque de Reims et M. le cure' de Saint-Remi attendaient le roi. M"", la Dauphine, Madame, duchesse de Berry, M""', la duchesse d'Orle'ans et M"^ d'Orle'ans, arrivées quelque temps auparavant dans une calèche, après avoir visite' l'intérieur de l'ëglise , s'étaient groupe'es autour du prélat et du pasteur.
Le cure', dans une courte harangue, exprima la joie qu'éprouvait son cœur, en voyant Charles x sous ces antiques voûtes dont le temps allait faire un monceau de décombres, dans ce vieux temple qui, grâre à la munificence royale , se trouvait en état de recevoir dignement Sa Majesté , près de ce tombeau ve'ne're' où le roi de France allait appeler la protection de saint Rémi sur tout le royaume. « Oui, monsieur le cure', repartit le roi, approchons-nous de ce saint tombeauj prions pour le bonheur de mon peuple; tâchons d'obtenir la force et la sagesse de le bien gouverner et de le rendre heureux. »
Sa Majesté fut conduite sous le dais, jusqu'à l'en-
droit où le fauleuil et le prie-dieu étaient pre'pare's ' ; le Dauphin , le duc dOrlëans , le duc de Bourbon , les princesses, et plusieurs grands-officiers de la Maison du roi l'accompagnaient. Le cure', après un court office, présenta les reliques de saint Rémi au roi, qui les toucha avec une grande vénération j la ferveur avec laquelle la famille royale fit ses prières pendant cette cérémonie , pe'ne'tra d'e'dificalion les personnes qui en furent te'moins. La charpente qui soutenait la voûte de la nef attenante au mur de face était recouverte de châssis sur lesquels la peinture, aidée d'une mousseline transparente, avait parfaitement simule' la décoration qu'elle cachait et les vitraux colores des croisées ogives; l'imitation de la pierre recouvrant le bois , de'robait à l'œil les soutiens factices et les échafaudages étrangers au monument. Aussi, au moment de sortir et pendant que les princes montaient à cheval et les princesses en voi-
* Arrivée à l'entrée du chœur et étant encore sous le dais, S\ Majesté aperçut les architectes et leur dit à voix basse , à cause de la sainteté du lieu, mais avec un intérêt qui montrait son besoin de leur témoigner sa satisfaction sur leur succès de la veille à la cathédrale : « Ah! messieurs, c'était beau, très-beau. » Après un tel suffrage, me sera-t-il permis d'en rapporter un autre, qui est flatteur pour la France , puisqu'il vient d'une nation rivale ? Des Anglais instruits , artistes et amis des arts , placés près de moi pendant la cérémonie, n'ont cessé de dire aussi : C'est beau, trèsheau; on ne fait ces choses-là quen France.
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lure, Sa Majesté, n'apercevant dans toute l'église aucune trace de dégradation ni de réparation , dit à l'archevêque : (( On m'avait annonce' que l'église de Saint-Remi tombait en ruines ; elle me semble plutôt toute neuve. »
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