‹ Histoire du sacre de Charles X, dans ses rapports avec les beaux-arts et les libertés publiques de la FranceChapitre 3 sur 32 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

à l'autel. On demande aux assistans s'ils le veulent pour roi. L'archevêque l'investit des insignes royaux, le couronne et l'intronise, c'està-dire, le présente au peuple sur un trône élevé, qui remplaçait dès lors l'ancien pavois. C'est à peu de chose près ce qui se pratique encore de nos jours.

Le sacre de Philippe i" est le premier sur lequel les détails soient complets. Cette cérémonie reproduisit une image vive et crue de l'élection primitive, et les légats du pape en furent exclus^ ou ils n'y furent admis qu'à titre honorifique , mais avec déclaration expresse qu'ils y seraient sans influence. Chose remarquable ! ce dernier point est peut-être le seul sur lequel la nation française, si confiante pour tout le reste, se soit montrée constamment ombrageuse. Plus d^une fois même , ses rois renoncèrent à des réformes utiles, uniquement parce qu'elles pouvaient avoir une couleur de complaisance pour la cour de Rome , et qu'aux yeux d'une nation jalouse de toutes ses

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li]jertës, à toutes les époques de la monarchie , il importait d'éviter jusqu'à l'apparence d'une soumission.

Le sacre de Philippe-Auguste est le premier dont la forme ait été réglée par un acte de l'autorité souveraine. Les sermens, la liturgie , tout le cérémonial furent l'objet d'un édit spécial de Louis-le-Jeune , père de ce prince. Cet édit lit de tout le formulaire une sorte de constitution de l'état, que depuis l'on a toujours suivie, à quelques nuances près.

Le sacre de Louis ix, conforme à ce formulaire, en diffère dans un seul point j mais ce point est essentiel^ on ajouta au serment royal Fanathème contre les hérétiques, toujours répété depuis , même après l'édit de Nantes.

Enfin, le sacre de Charles x, en présentant les mêmes cérémonies, se distingue par un rituel nouveau, adapté à la Charte constitutionnelle.

Telles sont les cinq époques vraiment remarquables dans l'histoire des sacres. Je n'in-

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sisteiai pas sur chacune d'elles en particulier. Paurais pu, taillant à plein drap dans les rituels^ dans les chroniques, dans les journaux, allonger mon volume et raccourcir mon travail ^ mais les ciseaux sont l'instrument littéraire dont je sais le moins me servir; je ne saurais me décider à faire un ouvrage avec des lambeaux cousus ensemble , et je ne consentirai jamais a découper , quand mon devoir est d écrire '.Mais ce que j'ai dû coudre ensemble, ce sont les faits que j'ai vus, les mots que j'ai entendus, les documens que j'ai recueillis sur les lieux. Je me suis attaché à ne mettre rien de mon mvention , mais à rendre tout naïvement ; la vérité a toujours son charme.

J'ai entremêlé avec soin les descriptions d'art,

' Une fois pourtant j'ai usé de la faculté de transcrire le journal. La cérémonie de l'ordre du Saint- Esprit devait trouver place dans cet exposé pour qu'il fût complet , et le récit en pouvait recevoir une forme historique. Mais comme l'intérêt de cet épisode est faible par lui-même, il fallait racheter ce qu'il y avait d'ingrat dans le sujet , par un travail auquel je n'avais

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les considérations historiques et les détails du cérémonial , de manière à prévenir la monotonie. Mais en retraçant le sacre de Charles x , j'ai dû rappeler Pesprit des anciens sacres ; aussi en ai-je fait connaître tous les détails saillans , sous le rapport des opinions, des mœurs et des usages. Mes recherches préliminaires ont été considérables et, pour ainsi dire, complètes; j'ose dire que la substance de la plupart des ouvrages qui ont traité de cette matière, est concentrée dans le mien. En montrant que le sacre de nos rois fut lorigine de toutes nos libertés publiques, je crois envisager le sujet sous un point de vue neuf, et qui doit intéresser. Sans doute je n'intéresserai pas moins en faisant ressortir ce que les arts ont déployé d'éclat et de magnificence pour donner à cette pompe toute la solennité possible 5 ce sera entretenir les Français d'une de leurs gloires.

pas le temps de me livrer. C'est pourquoi j'ai reproduit en grande partie, et à quelques descriptions près , la relation officielle.

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Le fond de la cérémonie tenant à la religion, est placé au dessus de la censure humaine^ mais la ibrme extérieure, qui est l'ouvrage des hommes et même des ministres, peut être critiquée 5 en cette partie, j'ai dû me faire le fidèle interprète du public assistant. Quant aux examens et aux jugemens sur l'arcliitecture, sur la peinture, sur la sculpture, sur la musique, ils m'appartiennent en propre ; en ce qui touche à la doctrine des arts , je ne m'en rapporte qu^à moi seul. A cet égard, j avais tout distribué d^avance et avant de prendre la plume. Dès les premiers chapitres , je rattachais historiquement le nom de sainte Geneviève au sacre des rois de France , pour préparer le lecteur à une excursion dans la sublime Coupole, peinte par M. Gros ' ; et le beau portrait en pied de Charles x, peint par M. Gérard, rentrait naturellement dans mon sujet'. Ce sont les sommités artielles qui ont jalonné ma route.

' Voir page i85.

' Voir page 245.

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