‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 108 sur 283 · LIVRE IV. — DE LA MATIÈRE DU SACREMENT DE BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — DE LA MATIÈRE DU SACREMENT DE BAPTÈME

la Syrie, qu’un de leurs écrivains, Georges Arbellensis, considère comme nul le baptême conféré avec une eau où, par mégarde, on aurait infusé une autre huile que celle des Catéchumènes (rs)

L’eau que bénissent les Grecs, le samedi saint, n’étant pas destinée au baptême, ne reçoit pas d’infusion d’huiles saintes ; il en est autrement chez les Arméniens (2).

Nous avons décrit la cérémonie de la bénédiction des fonts telle qu’elle a lieu la veille de Pâques. Les rites sont les mêmes la veille de la Pentecôte; mais nous devons faire remarquer que, pour ce jour-là, dans le Sacramentaire de saint Gélase, il y a un plus grand nombre d’oraisons, parce qu’on pouvait disposer de plus de temps.

Plusieurs Rituels anciens et modernes contiennent une bénédiction abrégée des fonts, en dehors des fêtes de Pâques et de Pentecôte, pour les cas où l’eau bénite, à ces époques, viendrait à manquer, ou à se corrompre, ce qui devait arriver bien plus souvent aux temps où se pratiquait l’immersion, qui nécessitait une grande quantité d’eau. On y trouve aussi parfois une très courte bénédiction de l’eau pour les ondoïements que le prêtre serait appelé à faire à domicile (3):

Dans les églises qui n’ont point de fonts baptismaux, l’eau bénite doit se faire avec les prières de la bénédiction ordinaire et non point avec celles qui sont prescrites pour le samedi saint. Cette obligation résulte d’une décision de la Congrégation des rites, en date du 13 juillet 1677.

La bénédiction de l’eau, le samedi saint, se fait dans une grande cuve en bois. Msr Barbier de Montault a signalé, comme étant sans similaire, un vase du xvi° siècle, destiné à cet usage spécial, conservé à la cathédrale de Bénévent. C’est une grande vasque de cuivre, ornée de godrons et posée sur un pied de fer découpé en trèfle (4).

Nous n'avons guère parlé jusqu'ici que des cérémonies usitées dans l’Église latine. Nous devons nous occuper maintenant des Églises orientales. Lorsque, dans les premiers temps, elles conféraient le sacrement dans les baptistères, elles bénissaient l’eau avec des cérémonies analogues aux nôtres. Aujourd’hui, l’eau qu’elles bénissent, la veille ou le jour de l’Épiphanie, est réservée, presque partout, pour l'usage exclusif des aspersions et de la piété individuelle ; l'eau destinée

(1) Quæst. XLITI, ap. Assemani, Cod. lit., 1. I, c. v. (2) Assemani, 1. I, p. 207.

(3) Rit. card. Sanctorii, p. 114.

(4) Revue de l'Art chrétien, Janv. 1879, p. 80.

à l’ablution sacramentelle est préparée immédiatement avant chaque baptême. Il ne serait guère possible, d’ailleurs, de conserver une quantité d’eau suffisante pour les baptèmes par immersion; d’autant plus qu'après chaque bain, on jette celle qui vient de servir, comme si elle était souillée par la déjection du péché originel.

Nous allons reproduire, comme type de la bénédiction de l’eau baptismale chez les Orientaux, les antiques prières que font aujourd'hui les prêtres grecs en allant baptiser à domicile. Après la catéchèse, alors que tous les cierges sont allumés, le prêtre encense le Kolymbithra, grand récipient en cuivre, apporté de l’église paroissiale et où l'on a versé de l’eau tiédie : le diacre et le chœur récitent alors les litanies suivantes : « Seigneur, aie pitié; pour la paix d’en haut et le salut ; pour la paix du monde entier ; pour cette maison sainte et ceux qui ont la foi; pour notre archevêque ; pour que cette eau soit sanctifiée par la puissance, l'énergie et le souffle du Saint-Esprit, prions le Seigneur. Pour qu'il lui soit donné la grâce de la délivrance, la bénédiction du Jourdain, prions le Seigneur. Pour que descende dans cette eau l'énergie purificatrice de la supra-substantielle Trinité, prions le Seigneur. Pour que nous soyons illuminés de la lumière de la connaissance et de la piété, par le souffle du Saint-Esprit, prions le Seigneur. Pour que cette eau devienne le bouclier de toute attaque d’ennemis visibles et invisibles, prions le Seigneur. Pour que l'enfant plongé dans cette eau devienne digne du règne impérissable, prions le Seigneur. Pour celui qui s’avance vers la sainte illumination et pour son salut, prions le Seigneur. Pour qu’il soit recu fils de lumière et héritier des biens éternels, prions le Seigneur. Pour qu'il devienne complanté et participant à la mort et à la résurrection du Christ notre Dieu, prions le Seigneur. Pour qu’il conserve l’ornement du baptême et les arrhes de l’Esprit-Saint, sans tache et sans déshonneur, jusqu’au jour terrifiant du Christ notre Dieu, prions le Seigneur. Pour que cette eau devienne pour lui un bain de renaissance, en rémission des péchés, et un vêtement d’incorruptibilité, prions le Seigneur. Pour que le Seigneur Dieu entende la voix de notre supplication, prions le Seigneur. Pour que cet enfant et nous, nous soyons délivrés de toute affliction, colère, danger et besoin, prions le Seigneur. Recçois-nous, sauve-nous, aie pitié de nous et protège-nous, Ô Panagia (Vierge) sans tache, supra-bénie, glorieuse Dame. »

Le prêtre prononce ensuite à voix basse les oraisons suivantes : « O Dieu compatissant et miséricordieux, scrutant les reins et les

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