LIVRE IV. — DE LA MATIÈRE DU SACREMENT DE BAPTÊME
in via lata, à Saint-Sébastien, à Saint-Étienne-le-Rond, à Saint-Sylvestre 21 capite, à Saint-Jean-de-Latran, à Sainte-Marie-des-Anges, à Sainte-Pudentienne, dans la sacristie de Santa-Maria del Pianto, etc. Le remarquable puits roman qui se trouve devant l’église monastique de Saint-Jean-Porte-Latine offre l'inscription suivante gravée sur sa margelle : Omnes sitientes venite.
D'après M. de Rossi (r), ce serait au puits de l’atrium de la basilique Saint-Marc qu’aurait appartenu un seau en bronze conservé à la Bibliothèque Vaticane et sur la périphérie duquel sont gravées au trait les images du Sauveur et des douze Apôtres, désignés chacun par Son nom, écrit en lettres grecques.
Parmi les puits sacrés qu’on remarque à l'étranger, nous citerons ceux du cloître de la cathédrale de Girone (Catalogne), de la sacristie de las Huelgas, près Burgos, de la cathédrale de Fribourg en Brisgau, de la cathédrale de Trondhjen, de la crypte de Lobbes (Belgique), des églises d’Altemberg (Saxe), d'Andlau (Alsace), et surtout le puits qui se trouve aujourd’hui dans un collatéral de la cathédrale de Ratisbonne, mais qui n’y fut enclavé qu'au xive siècle; il se trouvait antérieurement dans l'enceinte d’un baptistère dédié à saint Jean-Baptiste. Deux piliers supportant une margelle en pierre soutiennent un couronnement en style du xv° siècle; les deux bénitiers placés près de cet édicule indiquent bien qu'il abrite l’eau que doivent sanctifier les prières de l'Eglise (2).
En France, on voit de ces puits sacrés : dans les cathédrales d'Angers, de Bayeux et de Séez; dans la crypte de Tournus ; dans celle de Saint-Irénée à Lyon; au parvis de Notre-Dame d'Évreux (xv° siècle); au flanc septentrional extérieur de Saint-Germain d'Amiens; dans les églises de Beaumont-de-Périgord ( Dordogne), d'Esnandes (Charente-Inférieure), de Foirac (Lot), rx° ou x° siècle, de
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Puits de Saint-Jean-Porte-Latine
(1) Bullet. d'arch., Nov. 186%, p. 50.
(2) Vôir le dessin de ce puits dans Gailhabaud, l'Architecture du Cinquième au dix-
septième siècle, t. IV,
Lurcy-le-Bourg (Nièvre), de Saint-Similien à Nantes, de Saint-Chéron-lez-Chartres, de Saint-Prix de Saintes, de Saint-Eloi de Rouen, de Notre-Dame-de-l'Épine (Marne), de Saint-Sigismond (Loiret), de Saint-Pierre-le-Vif à Sens, des Saintes-Maries (Bouches-du-Rhône); de Cunaught, Marillais et Nantilly (Maine-et-Loire). A la cathédrale de Reims, le puits dit de Saint-Rigobert, qui date du xrn° siècle, est creusé près de l’un des contreforts érigés au flanc septentrional. Beaucoup d’églises de Bretagne sont pourvues soit d’un puits, soit d’une fontaine. Le plus souvent la fontaine se trouve dans le cimetière qui entoure l’église, et maintes fois on a dû faire des travaux importants ponr arriver jusqu’à l’eau.
Au xvur siècle, époque où l’on perdit le sens des choses liturgiques, on détruisit un grand nombre de ces puits sacrés dont on ne comprenait plus la raison d’être, et qui parfois faisaient obstacle aux décorations de mauvais goût dont on affublait l’intérieur des temples : c’est ainsi qu'ont disparu, alors ou plus récemment, les puits des cathédrales de Coutances et de Chartres, de Saint-Germain-des-Prés de Paris, de la Ferté-Saint-Aignan (Loiret), de Notre- Dame-de-Saint-Lô, de Pierrefonds (Oise), de Tremblevif (Loiret) et de bien d’autres endroits. Le puits de Sainte-Ulphe, à la cathédrale d'Amiens, a été comblé en 1761. Jusqu'à cette époque, on y puisait l’eau nécessaire aux ablutions des messes et probablement aussi l’eau dont on remplissait les fonts baptismaux. Dans la crypte de Saint-Gilles (Gard), on remarque à la voûte du col latéral méridional une ouverture carrée qui donnait dans l'église supérieure et correspondait à un puits creusé dans la crypte.
11 y avait dans le collatéral du midi, à la cathédrale de Strasbourg, un puits en grès, à margelle hexagonale, supportant trois piliers dont les linteaux se réunissaient au centre de l’hexagone. On le supprima en 1766, sous le prétexte qu’il gênait la marche des processions. La légende qui s’y rattachait aurait bien dû pourtant le protéger contre cet acte de vandalisme. On raconte (1) que la cathédrale fut construite sur les ruines d’un temple d’Hercule, où ce puits fournissait l’eau nécessaire pour laver les victimes destinées au sacrifice. En bénissant ce puits, saint Remi en changea la destination : ce devint le réservoir du baptistère de la ville; c’est là que, jusqu’au milieu du xvr° siècle, les curés de Strasbourg et des environs allaient puiser l’eau qui devait servir à l'administration du baptême. A partir de cette époque, il ne
(1) Schweigheuser, Descript. de la cath. de Strasbourg.