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d'eau, insuffisant même pour la moindre immersion; il est juste de remarquer que le temps a pu modifier la quantité de l'écoulement et que, d’ailleurs, comme nous le verrons plus tard, on n'est pas même d'accord sur la situation du lieu où s’est accompli ce fait évangélique.
On ne saurait non plus tirer de conclusion d’un grand nombre de textes des saints Pères où il est question de l'immersion baptismale; mais nous devons recueillir ceux qui indiquent ou du moins qui semblent indiquer une immersion complète, c’est-à-dire la triple submersion de la tête.
Saint Grégoire de Nysse, après avoir dit que le baptème est une imitation de la sépulture de Notre-Seigneur, ajoute (1): « Nous ne sommes pas véritablement ensevelis par le baptême ; mais, en approchant de l’eau qui, comme la terre, est un élément, nous nous cachons dedans comme le Sauveur s’est caché dans la terre. » Saint Cyrille de Jérusalem dit que le catéchumène est de toutes parts entouré par les eaux (2). Saint Épiphane remarque que les eaux ne baignent pas un seul membre, mais qu’elles entourentet purifient le corps tout entier (3). « L’immersion de la tête dans l’eau baptismale, dit saint Jean Chrysostome (4), est l'image de la sépulture du vieil homme qui s’y plonge comme dans un tombeau, pour en sortir avec une vie nouvelle à laquelle il est ressuscité. » Saint Jérôme parle également de la triple submersion de la tête (5), et saint Augustin dit qu'on interroge les catéchumènes avant de procéder à l’ablution complète du corps (6). Ce dernier texte et quelques autres peuvent parfaitement s'entendre d’une immersion jusqu'aux épaules avec une abondante effusion d’eau, faite sur la tête par la main du prêtre, Quant aux témoignages positifs sur la submersion de la tête, ils peuvent se rapporter exclusivementaux baptêmes administrés dans les rivières. Admettons qu'ils concernent également ceux des baptistères, il n’en faut pas moins remarquer que ce sont des Pères de l'Église grecque qui nous fournissent ces renseignements et que nous ne pouvons en tirer une conclusion légitime que pour l'Église orientale. Saint EURE il est vrai, tient à peu près le même langage; mais qui ne sait qu'ayant longtemps
1) Orat. de Baptismo.
2) Undique ab aquis baptizatur. (Cat. XVII.)
(3) Aquæ non unum dumtaxat hominis membrum occupant, sed integrum prorsus repurgant, circumcidunt. (Anchor., c, xvurr.)
4) Homil. XXIV, in Joan.
(5) In lavacro ter caput mergere, (Ady. Lucif.)
6) Homil. III ad Neoph.