‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 127 sur 283 · LIVRE IV. — DE LA MATIÈRE DU SACREMENT DE BAPTÈME DE ne à · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — DE LA MATIÈRE DU SACREMENT DE BAPTÈME DE ne à

(nous en parlerons bientôt) démontrent qu’on pratiqua aussi l’ablution mixte pour les baptêmes dans les rivières, qui se prolongèrent jusqu’au vu® siècle, chez les Saxons d'Angleterre, et jusqu’au viré, chez les Saxons d'Allemagne.

Quant au baptême dans les fonts, distinguons soigneusement ce qui concerne les enfants et ce qui regarde les adultes. Au vrrr siècle, alors qu’on baptisait généralement les enfants à l’âge d’un an et qu’il n’y avait plus guère de baptêmes d’adultes, la cuve-réservoir, placée au centre du baptistère, fut remplacée par une cuve à parois verticales, où l'on plongeait les enfants. La forme de ces fonts, que nous étudierons plus tard, démontre bien que, du vmi° au x siècle, l'enfant s’y tenait debout, ayant de l’eau jusqu’au cou, et soutenu sous les bras par son parrain ; il était très facile alors de lui plonger la tête dans l’eau : l’infusion devenait donc inutile pour lui. Lorsque, au xr° siècle, on baptisa les enfants presque aussitôt après leur naissance et qu'ils ne pouvaient encore se tenir sur leurs pieds débiles, on les immergea horizontalement dans une cuve profonde de 30 à 50 centimètres, dont le diamètre dut nécessairement s’élargir. Au xrn° siècle, le mode d’infusion apparait dans quelques contrées, soit seul, soit mêlé à une immersion des parties inférieures du corps. Le triomphe de l’infusion nous est révélé au xv° et surtout au xvi° siècle par la disposition des fonts accostés d’une petite cuvette ou écuelle, percée d’un orifice d'écoulement, tantôt placée contre la cuve, tantôt taillée dans le même bloc, de façon à ce que l’eau versée sur la tête de l'enfant s’échappât par cette piscine.

En ce qui concerne les adultes, la plupart des liturgistes ont supposé à tort qu'il existait jadis des cuves assez profondes pour les immerger complètement. Nous n'en connaissons aucune de ce genre, et, dans les plus hautes, il est matériellement impossible qu’on ait pu pratiquer la submersion, quand bien même le catéchumène Sy serait agenouillé ou accroupi. On devait donc se trouver fort embarrassé, au moyen âge, dans les cas très rares de baptèmes d'adultes. Il fallait, comme jadis, recourir aux cours d’eau, ou bien se contenter d’une simple infusion, ou bien se servir de vases spéciaux, de tonnes par exemple. Ce dernier mode a dû parfois être encore employé à la fin du xm° siècle, puisque Duns Scot prévoit Le cas d’un ministre impotent qui n'aurait pas la force d’immerger un robuste campagnard (1).

(1) Excusari potest minister a trina immersione ut si minister sit impotens, et sit unus magnus rusticus qui debet baptizari quem nec potest immergere nec elevare, (Comm. in IV sent., dist, IL, q. IV.)

L'iconographie

AT 1 à Mosaïque de Saint-Marc, à Venise.

jette un grand jour sur la question qu nous occupe; elle ne nous offre pas un seul exemple d'immersion complète pourles adultes. En Orient, comme en Occident, les représentations peintes ou sculptées des premiers siècles nous montrent Notre- Seigneur à demi plongé dans les

eaux du Jourdain, tandis que saint Jean lui impose la main sur la tète

Baptême de Notre-Seigneur (Mosaïque de Ravenne.)

ou, ce qui est bien plus fréquent, lui verse de l’eau sur la tête avec la main.

Ces monuments ne prouvent pas que saint Jean ait baptisé de la sorte, mais ils démontrent qu’à l’époque ou ils ont été faits sous la direction du clergé, on baptisait certainement ainsi, soit dans les rivières, soit dans les baptistères. Le premier cas (l’imposition de la main sur la tête) peut se rapporter à l'immersion

dans les fleuves, alors que le ministre appuyait sa main sur la tête du

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