‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 137 sur 283 · LIVRE IV. — DE LA MATIÈRE DU SACREMENT DE BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — DE LA MATIÈRE DU SACREMENT DE BAPTÈME

xvI1° et xvin siècles : règne de l’infusion seule; immersion conservée jusqu’à nos jours dans les rites mozarabe et ambrosien ; rétablissement de l’immersion dans quelques sectes religieuses.

xIx° siècle : progrès rapide de l'immersion dans diverses communions religieuses, surtout en Amérique et en Angleterre.

ARTICLE II

De l’Infusion

Dans l’article précédent, lorsque nous avons essayé de préciser autant que possible l’époque de la décadence de l'immersion en divers pays, nous avons nécessairement indiqué les dates approximatives du triomphe de l’infusion et nous avons également parlé de la connexion des deux modes ; il nous reste à examiner ce qui concerne l'administration de lPinfusion seule, sans aucun emploi simultané d'immersion partielle.

À quelle époque faut-il rapporter son origine ? D’après Lighfoot, cette méthode aurait été habituellement en usage, aussi bien que l’immersion, dès les temps apostoliques. M. Maurus Walther croit qu'elle a peut-être été aussi généralement employée que l’immersion, mais il ne base son opinion que sur les fresques des premiers siècles qui représentent l’infusion accompagnée d'immersion. Beaucoup d'écrivains protestants (1) ne voient dans l'infusion qu’une invention papiste du mr° siècle ; d’autres (2) croient qu’elle n’apparut qu’à la fin du v° siècle, sous le pontificat de Grégoire I. Des écrivains catholiques ont admis la tardive apparition de l’infusion, en dehors des cas de nécessité; elle n'aurait revêtu un véritable caractère liturgique qu'au vi siècle, selon Selvagi; au vin° seulement, d’après Pellicia. Avant d'exprimer notre opinion, examinons les textes que nous fournit à ce sujet l’antiquité ecclésiastique. Nous ne saurions ranger dans cette catégorie les visions de Catherine Emmerich: c'est donc uniquement au point de vue de la curiosité, que nous ferons remarquer qu’elle ne décrit

(1) G. Zeltner, De Mersione in baptismo, p. 11; Cretin, Recherches sur le Bapt., p. 18. (2) Berevidge, Pandect. canon. apost., in can. 50.

jamais une véritable immersion, mais tantôt des immersions accompagnées d’infusions et tantôt de simples infusions : « Près de Galgala, dit-elle (1), ceux qu’on baptisait n’entraient pas dans l’eau; ils courbaient seulement la tête au-dessus; on ne les revêtait pas non plus d'une robe baptismale, on se bornait à leur mettre un drap blanc sur les épaules. Les disciples n'avaient pas une écuelle avec trois rainures, comme Jean, mais ils puisaient trois fois avec la main dans un bassin placé devant eux. Jésus avait béni l’eau et y avait versé de celle de son baptême. » Dans ce passage, comme dans bien d’autres, on démêle facilement des rites et des usages qui appartiennent à des siècles postérieurs, ou qui même n’ont jamais existé; ainsi la voyante parle d’eau qu’on bénit en présence de Jésus pour le baptême (2); de Jésus « assis sur une chaire placée en plein air, préparant les aspirants au baptême ; » des robes blanches dont on revêtait les catéchumènes (3); d’un drap blanc qui, au moment de l’ablution, leur enveloppait tout le corps à l'exception des épaules (4); d’une outre pleine d’eau dans laquelle saint Jean puisait avec une écuelle (5), etc.

Les Actes des apôtres ne nous fournissent que de simples conjectures sur l'emploi de l’infusion. Lorsque saint Pierre baptisait, dans la prison Mamertine, ses deux geôliers et quarante-sept captifs, on peut présumer qu'il n’avait à sa disposition que les quelques gouttes d’eau qui suintaient dans une dépression du sol. On ne saurait trop comprendre que saint Paul ait été baptisé par immersion, alors qu’il était debout, dans une maison. Ananias, après lui avoir expliqué sa mission, lui dit : « Maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi et sois baptisé et purifié de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. » (Act., xxnt, 16.) Et ailleurs (1x, 18), nous voyons qu'il se leva en effet et qu'il fut baptisé. Lorsque ce même apôtre, détenu en prison (xvr, 33), convertit son geôlier et le baptisa, avec toute sa famille, il paraît bien difficile d’admettre qu’il leur ait conféré ce sacrement autrement que par infusion. Un certain nombre d'écrivains ont supposé que saint Pierre recourut à une simple aspersion pour baptiser des foules considérables, mais c'est là une question dont nous devons réserver l'examen pour l’article suivant.

(1) Brentano, Vie de Notre-Seigneur d’après les visions de Cath. Emmerich, c. 1v, 12 OCt. 1821.

(2) Zbid., 18 janvier r822.

(3) 4 février 1822.

(4) Ibid.

(5) 14 juillet 1821.

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