‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 147 sur 283 · LIVRE V. — DE LA FORME DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. — DE LA FORME DU BAPTÈME

habits sacerdotaux et se retire. C’est seulement alors que le parrain déshabille l'enfant, l’oint de chrême et le plonge dans l’eau, avec l’aide des assistants, sans prononcer aucune parole (1).

Dans l'Église latine, la formule, pour le baptême solennel, doit être prononcée en latin ; mais la langue vulgaire est tolérée pour les ondoiements faits par les laïques. Les conciles prescrivent de leur bien enseigner cette formule; celui de Ravenne (1311) veut qu’elle soit publiée trois fois par an au prône, savoir : les jours de l’'Épiphanie, de Pâques et de la Pentecôte. Dans les pays protestants, la langue nationale a été substituée à la langue latine dans les Rituels et les Agendas : aussi la formule baptismale se dit-elle en langue vulgaire chez les Protestants de France, d'Allemagne, d'Angleterre, de Suède, de Danemark, etc. L'Église grecque a conservé le grec ancien; l'Église russe, le slave. Les Arméniens, les Syriens et les autres Os se servent de leur langue nationale. On sait que la prétendue Église catholique-française de l’abbé Chatel avait adopté la langue française pour tous les rites de sa ridicule liturgie.

(1) Lamberti, Relat, Cholchidis, c. xxtr.

CHAPETRE:A11

De l'Antiquité de la Forme usitée dans l’Église latine

Jésus-Christ, en conférant leur mission aux apôtres, leur prescrit de baptiser les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Mais dans ce texte, pas plus que dans tout le Nouveau Testament, nous ne pouvons pas constater la forme précise du baptême, consistant en ces paroles : Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint- Esprit. C’est la tradition et l'autorité de l'Église qui, seules, fixent notre certitude à cet égard. Il est à remarquer que, parmi les ee des cinq premiers siècles qui parlent du baptême, il n’en est pas un seul qui donne cette formule dans toute sa teneur. Ils se trouvaient enchaînés par la loi du mystère, et ne pouvaient consigner dans leurs écrits ces courtes formules des sacrements, confiées uniquement à la mémoire et désignées vaguement sous le nom de prières et d’invocations, terme voilé qui ne devait pas éveiller l’indiscrète curiosité des infidèles. « C’est un crime, dit saint Denys l’Aréopagite (1), de communiquer par écrit les prières qui perfectionnent les âmes et d’exposer en public le sens caché qu’elles renferment et les vertus que Dieu opère en elles. Vous les apprendrez par des instructions particulières et secrètes, comme notre sainte religion l'enseigne et le prescrit. » Le Père Morin a cru à tort que le secret des formules n’a pas été universellement observé dans les cinq premiers siècles, et qu’il fut complètement divulgué après cette époque. Il suppose sans preuves que ces formules étaient exprimées dans les Sacramentaires et les Pontificaux. A part quelques exceptions, nous ne les voyons pas encore figurer, au vu siècle, dans les livres d'instructions destinés aux prêtres (2); ce nest qu’au xn° siècle qu’on ne craint plus de les consigner dans les livres qui s’adressent à tous les fidèles.

(1) Hier. eccl., c.r.

(2) Au vrr siècle, saint Maxime, dans ses notes sur saint Denys, nous dit : « Nota etiatr ñon scriptis instructionibus divina nobis tradi, »

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