LIVRE I. =— PROLÉGOMÈNES
tion, de feu (flaminis) (1), parce que l'Esprit-Saint (Flamen) porte le cœur à aimer Dieu et à se repentir du péché. Il est possible, dans
certains cas, de rattacher ces dernières expressions au baptême de désir; mais, dans beaucoup d’autres, il s’agit évidemment du sacrement ou de la vertu de pénitence qui efface les péchés (2).
Parfois aussile nom de baptismus flaminis est donné à l’effusion des dons du Saint-Esprit, tels que les reçurent les apôtres au jour de la Pentecôte (3).
Saint Athanase, patriarche d'Alexandrie, dans son énumération des diverses sortes de baptême, compte celui du feu dans l'enfer, qu’il définit : « Un feu brûlant et châtiant les pécheurs sans trêve et éternellement. »
Nous verrons plus tard que quelques théologiens, en commentant les paroles de saint Jean - Baptiste sur le futur baptême de feu
(Matth., nr, 2), ont admis un baptême d'outre-tombe pour les élus
qui, avant d'entrer dans le royaume des cieux, seraient ainsi purifiés
par un feu matériel.
En 153r, la Faculté de théologie de Paris déclara téméraire cette proposition que lui avait déférée l’évêque de Condom: « Il y a quatre baptêmes suffisants pour remettre le péché originel : celui d’eau, celui de sang, celui du Saint-Esprit et celui de la sanctification ; ce quatrième est invisible et se peut obtenir sans sacrement, par la foi des parents, à l'égard d’un enfant qui est dans l'impossibilité de recevoir le. baptême d’eau (4). »
M. l'abbé Caron distingue trois sortes de baptême : 1° le baptême
“ de feu ou d’amour qui existe depuis la création; 2° le baptême de
sang, depuis le péché d'Adam; 3° le baptème d’eau, depuis la venue du
» Sauveur. Selon lui, le baptême d'amour, source de la grâce et de la vie peurnaturelle, aurait été donné aux anges et à nos premiers parents, en
-vertu des mérites futurs du Verbe incarné ; c’est par ce baptême d'esprit - que, depuis le péché d'Adam, tous les inc d’un cœur droit auraient recu, avant l’ère chrétienne, la grâce de la régénération ; c’est par lui
» que Marie aurait été préservée de la tache originelle (5).
Pa,
(x) Jonas, Inst. laic., 1. I, c. 1v; Hildeph., De coguit. bapt., c. ex1x ; Isid. Sev., lib. IT Offic., c. xxiv; Thom., part. IT, q. LXVE, art. II. ,
(2) Le faux Alcuin (De div. offic., c. xix) définit le baptême de larmes : « celui par lequel David obtint miséricorde. »
(3) Czimmermann, De baptismo flaminis, Thoruni, 1697.
(4) Ellies Dupin, xvie siècle, Ire partie, p. 755.
(5) La vraie doctrine de l’Église sur le salut des hommes, c. vi.
AU POINT DE VUE DES RITES ANALOGUES. — Saint Jean Chrysostome distingue trois sortes de baptême : celui des Juifs, qui purifiait seulement des souillures légales ; celui de saint Jean, qui disposait à la pénitence; celui de Jésus-Christ, qui efface les péchés, donne le Saint- Esprit et confère la grâce.
C'est également par comparaison avec divers rites purificatoires qu’on distingue le baptême chrétien des baptêmes des prosélytes chez les Juifs et des baptêmes ou ablutions en usage chez les païens et les musulmans.
AU POINT DE VUE DES FIGURES DE L'ANCIENNE LOI. — On divise le baptême en figuratif et réel. C’est en comprenant dans son énumération plusieurs figures de l’ancienne Loi que saint Jean Damascène a pu compter huit genres de baptême : 1° le baptême du déluge qui détruisit le péché ; 2° le baptême de la nuée et de la mer Rouge ; 3° le baptême de purification des Juifs ; 4° le baptème donné par saint Jean ; 5° le baptême recu par Notre-Seigneur ; 6° le baptême de pénitence ; 7° le baptême de sang; 8° le baptême d’eau institué par Jésus-Christ (1).
AU POINT DE VUE DES CÉRÉMONIES. — Le baptême est solennel, public ou privé. Selon Suarez (2), le baptème solennel est celui qui est conféré dans une église par un évêque ou un prêtre, d’où il faudrait conclure ‘qu’un simple ondoiement peut être solennel, et qu’il faudrait refuser cette qualification au baptême princier qui se fait dans un oratoire ou parfois même dans un salon. D’autres théologiens considèrent comme solennel tout baptême qui est accompagné des cérémonies prescrites par l'Eglise. Trombelli (3) exige, pour cette qualification, la présence de plusieurs membres du clergé et le déploiement d’une certaine pompe ; autrement ce n’est, selon lui, qu’un baptême public, par opposition au baptême privé qu’on appelle encore baptême des cliniques, ad succurendum où ondoiement. Au moyen âge, on appelait baptême général celui que l’on conférait aux veilles de Pâques et de la Pentecôte, et baptême particulier celui qu'on administrait à toute autre époque. On donne le nom de baptême furtif à celui que les missionnaires administrent aux enfants des infidèles de façon à ce que les parents ne s’'aperçoivent de rien.
(1) De fide orthod., 1. IV, c. 1x.
(2) JIT part., disp. II, sect. 7, n. 20.
(3) De Bapt., diss. III, n, 22.