LIVRE I. — PROLÉGOMÈNES
AU POINT DE VUE DE LA MATIÈRE. — On distingue le baptême par immersion, par immersion accompagnée d’infusion, par infusion, et par aspersion. Ces derniers sont désignés par les Grecs modernes sous le nom de rantême.
AU POINT DE VUE DE LA FORME. — On appelle baptême conditionnel celui qu'on administre sous condition à un sujet dont le baptême est douteux.
AU POINT DE VUE DES MINISTRES. — On distingue le baptême des évêques, des prêtres, des diacres, des laïques, des hérétiques, des païens, etc.
AU POINT DE VUE DES SUJETS. — On distingue le baptême des adultes, des enfants, des juifs, des païens, des cliniques, des fœtus, des monsires, etc. Les Grecs donnent le nom de baptême des morts (vexpoédmrioua) à celui qu’on administre 1n extremis, parce qu’il arrive parfois que l'enfant qu’on croit moribond est déjà mort.
AU POINT DE VUE DES LIEUX DU BAPTÊME. — Les baptêmes qui s’accomplissent à domicile sont nommés parabaptismata par le concile de Constantinople (543). Ces baptêmes privés, que nos anciens rituels appellent à la maison, se nomment pefit baptême dans quelques-unes de nos provinces, Gour-Vadez en basse Bretagne, baptême domestique en Angleterre, et Noth-Tauffe en Allemagne.
GCHSPLERE IV
Des Prophéties du Baptème
Les prophètes de l’ancienne Loi qui ont si bien prédit la rédemption du genre humain, les circonstances de la Passion, les persécutions et le triomphe de l'Église, ont en même temps prévu par quels mystérieux canaux la grâce viendrait relever et purifier l'humanité déchue. Parmi les prophéties qui paraissent se rapporter au baptême, il en est qu’on ne peut assurément considérer que comme d’ingénieux rapprochements imaginés par les Pères et les commentateurs. Sans vouloir ici établir de distinctions à ce sujet, nous allons reproduire les principaux textes qui ont été signalés comme des prophéties du baptême, en laissant aux commentateurs la responsabilité de leurs interprétations. Ces passages sont tirés du livre des Rois, des Psaumes, d’Isaïe, d'Ezéchiel, de Michée et de Zacharie.
IVe ivre Des Rois.— « Elisée, étant sorti vers la fontaine, jeta du sel dans l’eau et dit: Voici ce que dit le Seigneur : J’ai rendu ces eaux saines et il n’y aura plus en elles de mort ni de stérilité. » (11, 21.) Cornelius a Lapide indique ce passage comme une figure du baptême.
Psaumes. — « Le Seigneur me conduit et rien ne me manquera ; c'est dans un lieu de pâture qu’il m'a placé; c’est auprès d’une eau fortifiante qu'il m'a élevé. Il a fait revenir mon âme; il m'a conduit dans les sentiers de la justice à cause de son nom.» (Ps. XXII, 1, 2, 3.) « Cette eau de réfection, dit Cassiodore (1), est le bain du baptême par
lequel l'âme stérile est arrosée des bienfaits divins qui lui font porter de bons fruits.
— « Vous m'aspergerez avec de l’hysope et je serai purifié; vous me laverez et je deviendrai plus blanc que la neige. » (Ps. L, 7) Saint Cyrille fait allusion à ces paroles quand il s’écrie (2) : « Que les
(x) Zn psalm. X XIII.
(2) Catech. ITI.