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n'étant point conforme au précepte divin, la formule orientale dont se servaient les prêtres grecs de la Sicile. Ceux-ci ne faisaient que conserver des traditions qui existaient déjà aux vi° et vn° siècles (1). Quelques auteurs (2) supposent que les Orientaux avaient d’abord notre forme actuelle, et qu’ils l’ont changée pour ne pas prêter occasion aux Novatiens de prétendre que la foi du ministre influe sur la valeur du sacre: ment. Qu'il y ait eu ou non substitution, ces paroles sacramentelles, à la troisième personne, paraissent bien avoir eu pour but de démontrer que la vertu du Baptème est tout à fait indépendante de celui qui l'administre : c’est une réaction contre une erreur dogmatique que nous voyons se produire dès le premier siècle et que saint Paul nous laisse entrevoir dans sa première épître aux Corinthiens (1, 12): « J'ai été averti, mes Frères, qu’il y a des contestations parmi vous. Or je parle ainsi parce que chacun de vous dit : Moi, je suis à Paul, et moi à Apollon, et moi à Céphas, et moi à Jésus-Christ. — Jésus-Christ est-il donc divisé ? Est-ce que Paul'ä été crucifié pour vous ? Ou avez-vous été baptisés au nom de Paul? Je rends grâce à Dieu de ce que je n'ai baptisé aucun de vous, sinon Crispus et Caïus, afin que personne 7€ dise que vous avex été baptisés en mon nom. »
Siméon de Thessalonique et Gabriel de Philadelphie ont essayé de démontrer que la forme baptismale grecque est plus respectueuse que la nôtre pour Jésus-Christ qui confère seul la grâce du sacrement; mais, en réalité, l'Église grecque admet la validité de notre baptème, puisqu'elle ne le réitère qu’exceptionnellement aux Latins qui entrent dans sa communion.
L'Église catholique, en reconnaissant comme légitime l'usage des Grecs, ne le tolère point dans les églises latines. D'après les décisions de Benoît XIV (3), l'enfant d’un père latin et d’une mère grecque doit être baptisé selon le rite latin. Si le père est grec et la mère latine, le père peut choisir l’un ou l’autre Fit.
Un certain nombre de théologiens ont bien inutilement discuté sur la forme déprécative des Grecs, puisqu’elle n’a jamais existé. Quelques Latins qui ne savaient pas bien le grec auront traduit farréerat par baptixetur, et les théologiens, saint Thomas en tête, les ont crus sur parole. C’est peut-être par respect pour le Docteur angélique que le Concile de Florence cite baptizetur en même temps que baptizatur. Il est certain
(1) Theod. Lect., lib. II Collect.; Mosch. Prat. spirit., c. CLxxvI. (2) Gabr. Antoine, De Bapt. Append, 2 2.
(3) Bulla Etsi pastoralis.