LIVRE V. — DE LA FORME DU BAPTÈME DS
que du vi° siècle jusqu’à nos jours, on lit dans tous les monuments liturgiques : Barriterur o doukos roù Ocov N, et que nulle part on ne ren- Contre farresdw. Cette erreur a été signalée dès le xvn° siècle, et cependant beaucoup de théologiens (1) ont continué à supposer l'existence, chez les Grecs, de cette forme déprécative.
Les Arméniens, tout en employant la troisième personne de l’indicatif, accentuent l’action du ministre, en disant: Un tel, serviteur du * Christ, est baptisé maintenant par moi ou par mes mains, au nom du Pérerete (2).
Les Coptes se sont toujours servis de la première personne du présent de l’indicatif. Les Éthiopiens l’'emploient également depuis que le pape Paul IIT l’a introduite dans la version latine de leur liturgie.
ARTICLE II
Mention de la personnalité du sujet
Dans la formule latine, la personnalité du sujet est exprimée par le régime Ze qui précède le verbe baptixo, ou bien qui le suit, comme on le voit dans un certain nombre d'anciens monuments liturgiques HE Elle l’est encore parfois par le nom même de l’enfant : Jules, je te baptise. Le nom qu’on doit donner à l'enfant est remplacé dans les livres liturgiques par la lettre N, et plus anciennement par l’abréviation #//. ou le mot puer. Plusieurs Rituels (4) du xvr° siècle prescrivent cette formule : Enfant, je te baptise, etc.
Le catéchumène qui reçoit le baptême est quelquefois qualifié par une épithète. Baptizo te credentem, lit-on dans le Sacramentaire gallican. Les Grecs disent : Un tel, serviteur de Dieu,est baptisé, etc.; les Rituels du rite jacobite et des Syriens Maronites prescrivent cette formule : Je te baptise N..., agneau du troupeau de Jésus-Christ, au
1) Layman, Tolet, Catalan, Liguori, Bouvier, Gury, etc. 2) Gabr. Antoine, De Bapt., app. ? 2. £ 3) Statuts synod. d'Eudes de Sully ; Stat. d'Ét. Poncher, év. de Paris (1503-1510).
( ( ( (4) Manuel de Chartres (1544) ; Stat. synod. de Reims (1548).
nom du Père, etc. Les Arméniens variaient leurs qualifications dans des formules assez diverses (1).
Les théologiens admettent que le pronom singulier te peut être remplacé par vos, si, par défaut de temps, on se trouvait obligé de baptiser à la fois plusieurs enfants en danger de mort (2).
ARTICLE TIT
Mention des personnes de la Trinité
Quelques incrédules modernes ont prétendu que la coutume de conférer le baptême au nom des trois personnes divines, a été introduite par des sectateurs de Platon devenus chrétiens, parce qu’ils trouvaient dans cette invocation les sentiments de ce philosophe sur la Trinité. Il suffit d'ouvrir l'Évangile pour voir que c’est Jésus-Christ lui-même qui a prescrit cette forme; la tradition tout entière atteste qu'elle a été employée toujours et partout. Les Canons apostoliques ordonnent de déposer « l’évêque ou le prêtre qui ne baptiserait pas, selon le commandement du Seigneur, au nom du Père et du Fils et du Saint- Esprit. » Les Conciles proclament l’invalidité des baptêmes où l’invocation de la Trinité se trouverait supprimée, ou gravement altérée.
In nomine n’a point de synonyme équivalent, mais sa suppression complète n’entraînerait pas la nullité du sacrement, d’après divers théologiens (3). Tertullien dit in nomen (4), mais tous les Pères grecs emploient l’ablatif.
Un décret du Saint-Office, en date du 1o mars 1590, reconnaît
(1) N.., veniens de catechumenis ad baptismum, baptizatur innomine, etc. — N... baptizatur in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, redemptus sanguine Christi, et recipit libertatem Patris cœlestis, ut fiat cohæredes Christi et templum Spiritus sancti. — N..., servus Jesu Christi, veniens voluntate ex statu catechumenorum in baptismum, baptizatur nuncin manibus meis, in nomine Patris, etc. (Assémani, Cod. liturg., 1. É, Cx1y, p200:)
(2). Thom., IN part., quæst. LXVII, art. 4; Estius, in IV, dist. III, 26; Concile d'Aix (1585), de Narbonne (1609).
(3) Estius, in IV, dist. 3, ? 6.
(4) De Bapt., c. x.