‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 152 sur 283 · LIVRE V. — DE LA FORME DU BAPTÈME eg · texte numérisé non relu

LIVRE V. — DE LA FORME DU BAPTÈME eg

comme valide une formule où 17 nomine est répété avant le nom de chaque personne divine. La sacrée Congrégation du Concile jugea qu’il ne fallait point réitérer le sacrement à un enfant qu’une sage-femme espagnole avait baptisé en disant: Wio te bautizo en el hombre (au lieu de nombre) del Padre, etc., parce que ce n’était là qu’une faute de prononciation commune dans sa province.

Saint Boniface, archevêque de Mayence, croyait qu’il fallait renouveler le Sacrement à un enfant qu’un prêtre ignorant, de Bavière, avait baptisé avec ces paroles : ]n nomine Patria et Filia et Spiritas Sancta; mais le pape Zacharie, consulté à ce sujet, fut d’un avis contraire, parce qu’une faute involontaire de prononciation n’atteint point la valeur essentielle de la forme (1).

Saint Thomas(2) dit que si un ministre employait cette formule : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et de la bienheureuse vierge Marie, » le baptême serait valide ou non, selon l'intention qu'aurait eue le ministre. A-t-il voulu baptiser au nom de la sainte Vierge, aussi bien qu’au nom des trois personnes de la sainte Trinité, le baptême est nul, parce qu’il y aurait là une atteinte à la foi catholique. A-t-il voulu seulement invoquer la protection de Marie pour le nouveau-né, le baptême est valide.

Jadis le diacre et les assistants répondaient Amen, après l’invocation des trois personnes divines, et même, en Orient, après le nom de chacune d’elles. Quand il n’y eut plus de diacre assistant au baptême et que les fidèles ne répondirent plus rien dans ces baptêmes isolés, qui se multipliaient tous Les jours de l’année, le prêtre se substitua à eux en disant lui-même Amen, de même que dans l'office privé il se répond à lui-même en disant : Ef cum spiritu tuo. Bientôt cette addition s’introduisit dans un grand nombre de Rituels, mais jamais dans celui de Rome, et c’est à la formule de ce dernier que, d’après une décision de la Congrégation des rites (3), il faut strictement s’en tenir sur ce point.

Dans presque tous les Rituels orientaux, le mot Amen, espèce d’acte de foi en la grâce qui se confère, est répété après l’invocation de chaque personne divine.

(x) Decret., p. IT, de Consecr., dist. 44 (2) Part. III, quæst. LX, art. 8.

(3) Gardellini, Decr. auth., n° 5188.

ARTICLESIV

De quelques additions qui ne rendent pas la forme nulle

Quelques liturgistes pensent qu'on a fait parfois à la formule baptismale des additions explicatives qui étaient loin d’en altérer le sens; mais les textes de saint Justin (r) et des Constitutions apostoliques (2) qu’on invoque à ce sujet, ne paraissent être que des paraphrases de la formule, et non point la formule elle-même, que les écrivains des premiers siècles évitaient de livrer à la publicité. Ce qui est certain, c’est que dans de fort anciens Rituels, les paroles sacramentelles sont suivies de ces diverses additions : « Pour la rémission des péchés, afin que tu aies la vie éternelle. » — « Afin que tu aies la vie éternelle dans les siècles des siècles. » — « Au nom du Père et du Fils et du Saint- Esprit, qui n’ont qu'une même substance, afin que tu aies la vie éternelle et la partages avec les saints (3). » — Des additions du même genre sont fréquentes dans les Rituels orientaux (4).

Les Sociniens de Pologne se servaient de cette formule : « Jete baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit; que le Seigneur Jésus te baptise du Saint-Esprit. »

Quelques ministres calvinistes baptisaient ainsi au xvi° siècle : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, selon l'autorité que m’a donnée Calvin. »

Les Mormons emploient cette formule qu’ils prétendent avoir été révélée à Joseph Smith (5) : « En vertu de lautorité que je tiens de Jésus-Christ, je vous baptise au nom du Père et du Fils et du Saint- Esprit. Amen. » |

(1) In nomine cunctarum rerum Parentis Domini et Dei, et Salvatoris nostri Jesu Christi, et Spiritus Sancti, in aqua hoc lavacrum perficitur. (Apcl. II.)

(2) In nomine Patris qui misit, Christi qui venit, Spiritus sancti qui testimonium perhibuit. (Lib. VII, c. xxtr.)

(3) Missal gallic., ap. Mabillon, Mus. ital.; D. Martène, De ant. Eccl. rit., p, 166.

(4) Assémani, De Bapt., 1. Il, p. 194 et 298; Naironus, Enoplia fidei, part. II, c. 1. Quelques anciens Eucologes grecs terminent ainsi la formule baptismale : « Maintenant et toujours et dans tous les siècles des siècles. Amen. »

(5) Livre des Mormons, UT Nephi, ch. v, 2 0.

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