‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 158 sur 283 · TI · texte numérisé non relu

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pour réfuter les objections qu’on lui opposait. Il tâche de démontrer que, du milieu du 1x° siècle jusqu’au xm°, ce fut l'opinion commune que les apôtres avaient conféré le baptême au nom du Christ; que du xrne au xvi° siècle, ce sentiment fut presque exclusivement enseigné dans les écoles, et enfin qu’elle compte encore de nombreux défenseurs aux xvu® et xvir siècles.

Les adversaires de ce sentiment ont été plus nombreux que ne le prétend Orsi. De tout temps, mais surtout de nos jours, des érudits et des théologiens de haute valeur (1) ont soutenu, avec la plupart des Pères, qu’en Judée, où le baptême de saint Jean conservait beaucoup de célébrité, il a pu être utile de le distinguer de celui de la nouvelle Loi et que, pour en bien déterminer la différence, rien n’était plus convenable que d’appeler l’un le baptême de Jean et l’autre le baptême au nom de Jésus-Christ. Il est possible aussi qu’on ait voulu exprimer par là qu'on avait été baptisé dans la foi de Jésus-Christ, c’est-à-dire après une profession de foi spéciale en la divinité du Sauveur.

Origène explique en ces termes (2) les motifs qui ont déterminé saint Paul, dans son épître aux Romains, à ne parler que de l’invocation du nom de Jésus-Christ : « Vous me demanderez peut-être pourquoi Jésus-Christ, ayant ordonné à ses disciples de baptiser toutes les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, l'Apôtre, parlant du baptême dans son épître aux Romains, ne fait mention que de l’invocation du nom de Jésus-Christ, en disant : « Nous tous qui « avons été baptisés en Jésus-Christ, quoique d’ailleurs il n’y aït point « de baptême légitime sans l’invocation de la Trinité. » Mais faites attention ici à la prudence de saint Paul qui a plus en vue dans cet endroit de parler de la mort de Jésus-Christ, que de la manière de conférer le baptême, voulant nous persuader de mourir au péché pour imiter la mort de Jésus-Christ, et de nous ensevelir avec lui. Or il ne convenait pas que l’Apôtre, parlant de la mort du Sauveur, fit mention du Père et du Saint-Esprit. C’est donc avec raison qu’il ne parle point ici de l’invocation des trois personnes ; il nous apprend par là que du temps des Apôtres, l’on ne se contentait point, comme on le fait aujourd’hui, de donner la formule des mystères à ceux que l’on baptisait, mais qu'on leur en expliquait les vertus et les raisons, à savoir que par le

(1) Estius, Sylvius, Soto, Vasquez, Suarez, Harduin, Sirmond, Calmet, Grotius, Cornelius a Lapide, Noël Alexandre, Drouin, Tournely, Berty, Martinet, etc. (2) In epist. ad Rom., 1. V.

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