‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 167 sur 283 · LIVRE VI. — DES MINISTRES DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — DES MINISTRES DU BAPTÈME

Pape en disant : Jube, Domine, benedicere. Celui-ci les bénissait en ajoutant : fe et baptizate omnes gentes in nomine Patris et Filii el Spiritus Sancti. Les cardinaux, qui étaient revêtus de l’habit de chœur, allaient monter à cheval dans la cour du monastère de Saint-Venance et, précédés de leur clergé, ils se rendaient chacun à son église titulaire pour procéder à la solennité baptismale. Quand le Pape avait béni les fonts du baptistère de Latran, il allait déposer dans l’oratoire de saint Jean l'Évangéliste sa chasuble et son pallium, et revenait baptiser trois catéchumènes auxquels il donnait les noms de Pierre, Jean et Marie. Après qu'il les avait confirmés, le plus jeune des cardinauxdiacres et les chanoines de Latran continuaient à baptiser les enfants; puis le Pape, reprenant ses vêtements pontificaux, retournait à la basilique de Saint-Jean de Latran (1). É

C’est ordinairement le cardinal-vicaire de Rome qui préside la cérémonie du baptême des adultes, qui a lieu, la veille de Pâques, au baptistère de Saint-Jean de Latran.

L'administration du baptême est un droit paroissial qu’on ne peut exercer au préjudice du propre prêtre, c’est-à-dire du curé. Il y avait cependant en France des Chapitres qui avaient le privilège de baptiser les enfants nés dans la ville, depuis la veille de Pâques jusqu’au soir de la Quasimodo, et depuis la veille‘de la Pentecôte jusqu’au dimanche de la Trinité. Aujourd’hui encore, dans quelques églises cathédrales ou collégiales d'Italie, à Rieti, par exemple, les chanoines, en vertu d’un ancien usage, ont le droit exclusif de baptiser; mais c'est ordinairement le curé qui enregistre les actes (2). A Salmone, depuis onze cents ans, les chanoiïnes seuls, à tour de rôle, baptisent les enfants des huit paroisses de la ville et tiennent les registres baptismaux, qui existent intacts dans leurs archives à partir de 1580 (3).

Les premiers moines, propagateurs zélés du Christianisme, devaient nécessairement baptiser : aussi eurent-ils des fonts dans leurs églises, et c'était là que souvent avait lieu l'instruction des catéchumènes. Plus tard, quand les droits paroissiaux furent bien déterminés, les religieux ne conférèrent plus le sacrement que lorsqu'ils desservaient une église paroissiale. Quand il n’en était pas ainsi, ils ne pouvaient baptiser que par un privilège spécial accordé par l’évêque diocésain

(1) Gatticus, Act. select. cœærem. sanctæ Roman. Eccles., t. I, p.213; Panvinius, Sette chiese, p. 197; De Bussière, les Sept Basil, de Rome, p. 143.

(2) Thes. resolut. S. Congr. Concilii, t. XC, pp. 2, 13.

(3) Zbid., t. XCII, pp. 296, 385. ‘

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