‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 175 sur 283 · LIVRE VI. — DES MINISTRES DU BAPTÊME eu · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — DES MINISTRES DU BAPTÊME eu

mulaire pour le baptême privé. Les érudits de l’Angleterre ont discuté pour savoir s’il s'agissait là d’un baptême non solennel fait hors du temple, mais par un ministre, ou bien d’un ondoiement administré en cas de nécessité par un laïque. Quant aux théologiens, ils ont chaudement discuté sur la licité et la validité de cette dernière sorte de baptèmes. Le roi Jacques, dans le colloque d'Hampton-Court, se prononcça contre leur licité, en maintenant qu’il ne fallait point les renouveler ; c’est là, dit Bingham (1), l'opinion générale qui a prévalu dans PEglise anglicane.

Certains Piétistes d'Allemagne et d'Angleterre non seulement admettent le baptême par les laïques, mais le trouvent préférable à celui que confèrent les ministres. Voici, en effet, ce que nous lisons dans le Catéchisme des Piétistes : « Le Baptème devrait se pratiquer par immersion en présence de quelques fidèles qui donneraient la main d'association au baptisé et l’introduiraient dans l’assemblée pour y être reçu à la communion, le jour même ou le jour suivant. Il faudrait que les enfants fussent baptisés par forme de bénédiction seulement, par leur père ou par plusieurs de leurs parents, ou par les principaux de l'assemblée, au lieu destiné, par aspersion, avant laquelle on ferait une courte prière. »

D'après les Sociniens, il est vrai que, dans la primitive Église, les fonctions de prêtre n'étaient pas nécessairement requises pour administrer le baptême; mais plus tard, l'établissement d’une discipline régulière a dû exiger que l'administration des sacrements fût exclusiment du ressort des ministres, et c’est à eux seuls qu’il est aujourd’hui permis de baptiser (2).

Les Mormons établissent en principe que nul homme n’a le droit d’administrer les sacrements sans la délégation du Seigneur ; que cette investiture n'a pas été transmise par une chaîne d’autorités non interrompue et non corrompue depuis les apôtres jusqu’à ce jour. C’est pour cela, disent-ils,qu’Adam Smith « a reçu l'autorité divine par l’ouverture des cieux et par l’administration de saints Anges, et cette autorité a été restaurée de nouveau sur la terre (3). » La conclusion, c’est que le baptême ne peut être administré que par les Apôtres des Saints des derniers jours. À

(1) The Judgment of the Church of England in the case of Lay-Baptism. (2) Volkelius, De vera relig., 1. V.

(3) John Taylor, Traité sur le Baptème, p. 14.

ARTICLE II

De quelques catégories de ministres par nécessité

Parmi les ministres par nécessité, dont nous venons de parler en général, certaines questions spéciales concernent : 1° les femmes ; 2° les sages-femmes ; 5° le père et la mère.

RRRT

Du Baptême conféré par les femmes

Dès lors que la nécessité investit les laïques du droit de baptiser, on . serait inconséquent d’exclure les femmes de cet office. On comprend { que, théoriquement, en raison d’un principe de dignité, la préférence doit être dévolue à l’homme, mais la femme n’en reste pas moins l’instrument d’un sacrement qui n’opère que par la vertu du Christ et qui, en raison même de son absolue nécessité, doit pouvoir être conféré par tous indistinctement. Dans l’ancienne Loi, les femmes administraient validement la circoncision (1); pourquoi ne pourraient-elles pas con- | férer'le sacrement qui l'a remplacée ? On est unanime aujourd’hui sur | ce point qui restait indécis dans les premiers siècles, parce que la bapti- | sation étant un acte sacerdotal, la concession qu’on en faisait en cas de | nécessité aux laïques paraissait ne devoir pas s'étendre jusqu’aux femmes.

Les Constitutions apostoliques leur interdisent de baptiser et d’enseigner (2). « La témérité de la femme, dit Tertullien (3), est allée jusqu’à usurper le droit d'enseigner ; ira-t-elle jusqu’à s’arroger celui de baptiser ? Je nelecrois pas, à moins qu’il ne surgisse un monstre semblable à Quintille, et que de même que celle-ci a prêché contre la nécessité du baptême, une autre s’imagine de l’administrer. Les femmes essayeraient-elles de justifier leurs prétentions au pouvoir d'enseigner et de baptiser, en alléguant la permission que leur en aurait donnée

(1) Exod., 1v, 25; I Macch., 1, 63; II Macch., vi, 10.

(2) SS. Apost. Capit., ap. card. Pitra, Jur. Eccles. STEC IST Al

(3) De Bapt., c. xvr. » P- 99.

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