LIVRE VI. — DES MINISTRES DU BAPTÈME
enseignement que beaucoup de Statuts synodaux (1) prescrivent de faire aux fidèles.
Le droit canon a relaté une décision du pape Jean VIIT à cet égard (2) Un nommé Étienne, du diocèse de Limoges, voyant son enfant sur le point de mourir, et ne trouvant personne pour le baptiser, lui avait conféré lui-même le sacrement de la régénération. L’évêèque de Limoges, Anselme, crut que son diocésain, par là même, avait contracté parenté spirituelle avec sa femme et lui prescrivit de s’en séparer. Étienne eut recours au Pape, qui le loua de sa conduite et ajouta qu'il pouvait en toute sûreté de conscience continuer de cohabiter avec sa femme.
En Irlande, au xu° siècle, l'enfant nouveau-né était souvent baptisé par son père.
Dans les contrées orientales, où les prêtres se marient, il leur est parfois défendu de baptiser Eds enfants et même ceux de leurs proches parents. C’est là une prescription des canons jacobites. Saint Nicéphore, au contraire, ne voit là rien d’illicite (3).
__ (x) Statuts syn. de Langres (1404), de Troyes (1529), de Rouen (1618), de Grasse, d'Évreux (1644), etc.
(2) Quæst. I, cap. ad limina.
(3) Constit. S. Niceph., ap. card. Pitra, Jur. Eccles. græc. monum., t. Il, p. 340.