‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 181 sur 283 · LIVRE VI. — DES MINISTRES DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — DES MINISTRES DU BAPTÈME

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un extrait de quelque synode d’Icone, de Synnade ou de Carthage, tenu vers le milieu du rr° siècle.

Saint Vincent de Lérins nous dit (1) que, « le premier de tous, Agrippin, évêque de Carthage, se décida à rebaptiser, contrairement aux canons divins, à la règle de l'Eglise universelle, au sentiment de tous les prêtres et aux institutions des ancêtres. » Ce témoignage se trouve tout à fait en harmonie avec les Philosophumena, dont l'auteur écrivait vers l’an 230. Il nous dit (2) que, sous le pontificat de Calliste (218-222), quelques novateurs essayèrent d'introduire l’usage de rebaptiser les hérétiques, ce qui démontre bien que jusque-là on avait suivi la coutume contraire.

Tertullien, contemporain d'Agrippin, devait, en raison mème de sa tendance au rigorisme, être favorable à la rebaptisation des hérétiques qui voulaient rentrer dans le sein de l’Église : « Nous et les hérétiques, disait-il (3), nous n’avons pas le même Dieu, nous n’avons pas le même Christ ; par conséquent nous n'avons pas un seul et même baptême ; n’ayant pas le baptême tel qu'il doit être, ils ne l'ont indubitablement pas ; ils ne peuvent donc pas donner ce qu'ils n’ont pas. » Remarquons, d’ailleurs, que ces paroles (et c’est l’avis de quelques, commentateurs) pourraient s’interpréter dans le sens orthodoxe, si l’auteur n’a voulu désigner par là que les hérétiques qui altéraient la forme du baptême.

Vers l'an 23r,un synode s'assembla à Icone au sujet du baptême conféré avec la forme voulue par les Cathaphrygiens. Saint Firmilien s'y trouvait avec plusieurs évêques de Cappadoce, de Galatie, de Cilicie et des provinces voisines. Les Actes de ce concile ne nous sont point parvenus, mais nous savons par la lettre de Firmilien, insérée dans les œuvres de saint Cyprien, que ces évêques rejetèrent comme nul tout baptême conféré hors de l'Église (4). Cette décision fut confirmée par un concile tenu peu de temps après à Synnade en Phrygie, et par un concile de Carthage, présidé par Agrippin, où se trouvèrent soixante-dix évêques.

Saint Cyprien, qui prit possession du siège de Carthage en 248, maintint l'usage établi par Agrippin. ile, de M uen, il avait déjà laissé poindre cette même opinion dans son traité sur l’unité del” Église.

) Lib. Commonit., 9.

) Philosoph., ed. Miller. RP 207 ) De Bapt., c, xv.

(1 (2 (3 (4) Euseb., 1. VII, <. vir,

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Jusqu'en 255, la discipline varia sur ce point dans les Églises d'Afrique et d'Asie Mineure, mais sans susciter ni trouble ni controverse. À cette époque, dix-huit évêques de Numidie, voyant que les Novatiens rebaptisaient les Catholiques qui embrassaient leur parti, écrivirent à Cyprien pour savoir s’il fallait en user de même à légard des hérétiques, ce qui prouve combien on était peu fixé à cet égard. Saint Cyprien s'empressa de convoquer un concile. Trente et un évêques répondirent à son appel et se trouvèrent unanimes contre la validité du baptème des hérétiques. Voici quelques extraits de la lettre synodale qu’en 255 ils adressèrent aux évêques de Numidie :

Qui peut donner ce qu’il n’a pas ? Et comment celui qui a perdu le Saint-Esprit, le peut-il conférer à un autre ? Il faut donc baptiser celui qui vient à l’Église recevoir le sceau de la régénération, afin qu'il soit sanctifié par ceux qui sont saints, puisqu'il est écrit Soyez saints parce que je suis Saint, dit le Seigneur. Il faut que celui qui, par suite de l'erreur où il se serait trouvé engagé, aurait été baptisé hors de l'Église, vienne se laver, dans un baptème véritable et conforme à l'intention de l'Église, de la souillure nouvelle qu'il a contractée en s’adressant à un ministre sacrilège, pour en recevoir un sacrement qu’il n'était pas en état de lui conférer. Ce serait conniver à l’hérésie et au schisme que de tolérer le baptême administré par leurs adhérents. Il ne peut y avoir là un côté mauvais et un côté régulier ; il n’y a point de milieu. Si les hérétiques et les schismatiques peuvent baptiser, ils peuvent aussi donner le Saint- Esprit. Mais s'ils ne peuvent donner le Saint-Esprit, parce que, étant hors de l'Église, ils ne l'ont point, ils ne peuvent non plus baptiser, puisque le ee est un, aussi bien que le Saint-Esprit est un, et que l’Église, fondée par Jésus-Christ sur saint Pierre, est une. D' où il suit que, comme tout ce qui se fait parmi eux est faux et inutile, nous ne devons rien approuver de ce qu'ils font. En effet, qu'est-ce que Jésus-Christ peut approuver et ratifier de ce que font ceux que Notre-Seigneur Jésus-Christ déclare ses ennemis dans son Évangile ? » On voit par cette lettre, comme par des écrits postérieurs, que saint Cyprien, au lieu de faire reposer la vertu du baptême sur Pinstitution divine et les mérites de Jésus- Christ, la fait dépendre de la foi et des dispositions du ministre. Son principal argument, dans le cours de la controverse, sera toujours celui-ci : Hors de l’Église, il n’y a pas d’ Esprit-Saint, pas de grâce, pas de rémission des péchés, par conséquent pas de baptême. C’est dans ce |

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