‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 199 sur 283 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

De la pluralité de ministres

Les théologiens disent que deux ministres pourraient ensemble conférer validement, mais illicitement, le sacrement de baptême, en versant de l’eau et en disant l’un et l’autre en même temps : Je fe baptise, etc.; mais que le sacrement serait nul si les deux ministres disaient : Nous vous baptisons, etc., parce qu’il y aurait en ce cas intention de faire un acte collectif là où il ne doit y avoir qu’un acte individuel (x).

Lorsque des récits hagiographiques nous parlent d’un personnage baptisé par deux prêtres — comme Odile, fille d’Aldric, baptisée par Hérard, évêque de Ratisbonne, et Hidulphe, évêque de Trèves, — il est présumable qu’un seul prononçait les paroles sacramentelles, et que l’autre accomplissait quelques-unes des cérémonies accessoires.

Les casuistes se sont demandé si le baptême est valide quand il est administré par deux ministres remplissant chacurf une fonction partielle ; par exemple, lorsque, dans un cas de nécessité, un muet verse l’eau et un manchot prononce les paroles. S'il fut un temps où ce cas était à peu près chimérique, il n’en fut plus de même au commence ment du xvu° siècle, alors que les hérétiques des Pays-Bas employaient deux ministres, l’un pour l’infusion de l’eau, l’autre pour la prononciation de la formule. Le second concile de Malines, en 1607, décida que ce baptême était nul.

Dans l’administration solennelle de ce sacrement, c'est le même prêtre qui doit baptiser et accomplir toutes les cérémonies préparatoires. Telle a été la décision de la Congrégation des rites (19 décembre 1665), par rapport à de nombreux Turcs qu’on devait régénérer dans le baptistère de Saint-Jean, à Florence.

(1) S. Thomas, S. Bonaventure, Soto, Bonacina, Gabriel, etc. Sont d’un avis contraire, Durand, Paludanus, Cajetan, Tolet, etc,

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