LIVRE VI. — DES MINISTRES DU BAPTÈME
quelque ornement spécial réservé exclusivement à cette cérémonie. Ainsi Constantin donna à Macaire, évèque de Jérusalem, un vêtement tissu en fils d’or pour la célébration solennelle du baptême. Un de ses successeurs, saint Cyrille, pendant une grande famine, vendit le mobilier de son église pour secourir les indigents. Le vêtement qu'avait donné Constantin échut à un comédien qui, en dansant avec cet habit sacré sur le théâtre, se rompit le cou. Acace, nous dit Théodoret (a), profita de cette circonstance pour calomnier saint Cyrille auprès de l'empereur Constance. Saint Remi, par son testament, légua à son successeur un ornement blanc, amphibalum album paschalem.
Un cérémonial milanais du xn* siècle nous dit que l'archevêque, avant de se rendre aux fonts baptismaux, quittait l’étole et la chasuble, se revêtait du pa/udamentum baplismale, se ceignait d’un ceinturon auquel il attachait un essuie-main, chaussait des sandales lacées derrière le talon et se couvrait de la mitre (2).
Aujourd’hui, quand l’évêque baptise un enfant ou un adulte, il se revêt du rochet, de l'aube, de la ceinture, de l’étole violette, du pluvial violet et de la mitre simple. Après les onctions, il prend l’étole blanche, le pluvial blanc et la mitre auriphrygiate. Il reste assis et mitre en tête, quand il verse l’eau, ainsi que dans toutes les cérémonies où la nature des offices n’exige pas qu'il se lève.
En ce qui concerne les prêtres, le concile de Rouen (1072) leur prescrit d’être revêtus d’une aube et d’une étole. Au xnr° siècle, l'aube commence à être parfois remplacée par le rochet ou le surplis, qui, à partir du xvi° siècle, sont toujours prescrits par les synodes.
Monseigneur Barbier de Montault décrit ainsi le costume du prêtre baptisant aux xiv° et xv° siècles, d’après les manuscrits des Bibles historiées de cette époque : « Le prêtre qui baptise porte une soutane bleue ou rouge, ancien usage qu’ont longtemps combattu les conciles, et dont la trace se retrouve encore de nos jours dans la soutane de couleur des enfants de chœur. Le costume se complète par un amict dont l’orfroi est rabattu sur les épaules, une aube ou un surplis qui n’en est que le diminutif, une étole rouge, bande d’étoffe étroite et semée de petites. croix, un camail à capuchon ou une aumusse sur la tête pour se préserver du froid. Ces deux derniers vêtements étaient le plus ordinairement et sont restés l’insigne de la
(1) Théodoret, 1. Il, c. xxur.
(2) Visconti, ,De ant, bapi, ritib., 1. I, c. xxvurr.