‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 212 sur 283 · LIVRE VII. — DES SUJETS DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — DES SUJETS DU BAPTÈME

sion des femmes à la communion ! Ceux qui admettent que le baptême des prosélytes fut bien antérieur au Christianisme, peuvent dire que, l’ablution des enfants étant très commune chez les juifs, il re fut point nécéssaire, lorsque l’immersion devint un sacrement évangélique, de le prescrire spécialement pour les enfants.

On à voulu tirer des arguments de probabilité du récit de baptêmes collectifs donnés à des familles entières ; l’Écriture mentionne celles de Corneille {r), de Lydie (2), du geôlier Philippe (3) et de Stephanos (4). Il n’est pas vraisemblable, dit-on, qu’il n’y eût point de jeunes enfants dans aucune de ces familles. C’est fort possible, mais rien ne le prouve. Admettons toutefois qu’il y ait eu des enfants dans ces familles, comment deviner s'ils étaient au maillot ou déjà assez grands pour comprendre les vérités de la foi ? Lydie était une inarchande foraine, venue de Thyatire à Philippes pour vendre de la pourpre. Se serait-elle embarrassée dé jeuñes enfants pour ce voyage, et le terme oùxx, familia, ne sé rapporterait-il pas uniquerhent à ses serviteurs ? Ne peut-on pas donner la même interprétation au passage où saint Luc nous dit que lé géôlier de la mêine ville fut baptisé, lui et les siens ?

Des commentateurs catholiques ou protestants, voulant prouver l’usage de baptisér les jeunes enfants dans les temps apostoliques, ont invoqué divers textes de l'Écriture qui né nous semblent rien prouver à cet égard. Lorsque Notre-Seigneur dit à ses disciples : « Laissez vénir à moi les petits enfants ét ne les empêchez point d'approcher, car c'est à ceux qui leuf ressemblent qu'appartient le Royaume des Cieux, » il faut bien se garder d’en conclure que ces enfants avaient été baptisés, puisque Notre-Seigneur n'avait point encore donné l’ordre de baptiser les hations. Quand saint Paul, voulant établir la légitimité des liens cofjugaux dans les mariages fixtes, dit aux Corinthiens (7 Cor., vi, 14): « Vos enfants sont saints, » faut-il én conclure, avec saint Augustin.(5), qu’ils avaient été baptisés ? L'Apôtre, comime l’ont mieux expliqué d’autres Pères de l'Église, engagé la fetnmé chrétienne à ne pas se séparer d’un mari idolâtre, afin que ses enfants soient considérés comme légitimes, qu’ils ne soient pas élevés par le père dans le culte des idoles, mais qu’ils reçoivent une éducation sainte et chrétienne.

1) 2) Act., XVI, 15.

Page 1