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5) De Serm, in Monte, c. xxvir.
En somme, nous ne trouvons dans l'Écriture aucun fait certain, aucun texte précis qui puisse péremptoirement démontrer qu’on ait baptisé les enfants dans les temps apostoliques. Empressons-nous d'ajouter qu’on ne saurait prouver non plus par le Nouveau Testament que cet usage n’a pas été pratiqué. En l'absence de témoignages historiques directs, il faut chercher dans les saints Livres des arguments indirects en faveur du baptême des enfants ; il n’est point difficile d'en démontrer la légitimité par la nature même du sacrement, par le but pour lequel il a été constitué, et par le droit qu’y ont les enfants de parents chrétiens en raison même de leur naissance. N’abordons point ces questions qui sont du ressort de la théologie, et, pour rester dans notre sujet, bornons-nous à rappeler que saint Augustin (1)et Origène déclarent que le baptème des enfants est d’origine apostolique. « L” Église, dit ce dernier (2), a recu des apôtres la coutume de conférer le baptême aux enfants. Ces augustes fondateurs de notre Foi, ceux à qui furent révélés tous les secrets concernant nos mystères, savaient que chacun de nous, en naissant, est souillé d’une tache originelle qui ne peut être lavée que dans l’eau et le Saint-Esprit. » Nous devons d'autant mieux en croire l'attestation d'Origène, qu’il nous paraît impossible d'admettre que le pédobaptisme ait pu surgir au n° ou au 11° siècle sans avoir aucune racine dans les temps antérieurs. On comprend des différences dans l’âge d'admission, selon les siècles ; on comprend également des exceptions plus ou moins motivées ; mais on ne saurait imaginer une révolution aussi radicale, sans qu’elle ait donné lieu aux protestations des hérétiques qui, de tout temps, se sont prétendus les conservateurs et les héritiers de la tradition évangélique.
Saint Justin, qui écrivait vers l’an 140, parle de septuagénaires qui avaient conservé leur innocence depuis qu'ils avaient été faits disciples du Christ dans leur enfance (3). Saint Irénée a évidemment le baptême en vue quand il nous dit que le Christ vient sauver par luimême tous les hommes, tous ceux qui, par lui, renaissent en Dieu, les enfants de tout âge, les jeunes gens et les vieillards (4). Ceux qui ont voulu expliquer Pexpression renaître en Dieu par la pratique de la
(1) Contr. Donatist., IV, xxim, n. 30; De lib. arbitr., III, xx, n. (GE
(2) 1n epist. ad Roman.
(3) Qui a prima ætate Christi discipuli facti sunt. (Apol. IT.)
(4) Omnes enim venit per semetipsum salvare, omnes inquam, qui per eum renas-
cuntur in Deum, infantes et parvulos et pueros et juvenes et seniores. (Ad. hæres. II, XXII, N. 4.)