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LIVRE VII. — DES SUJETS DU BAPTÊME

leurs langes, un billèt anonyme attestant qu’ils ont reçu le baptême. D'assez nombreux théologiens (1) ont cru qu’il ne fallait point les baptiser, parce qu'on ne peut point raisonnablement supposer que les parents qui ont exposé cet enfant aient voulu, par un mensonge, auquel ils n'avaient nul intérêt, le priver d’un sacrement nécessaire au salut. D’autres théologiens (2) n’accordent aucune confiance à ce témoignage anonyme, quand il ne fournit pas de preuves, et c’est aussi l'avis pratique de la sacrée Congrégation du Concile (3), de beaucoup de conciles provinciaux (4) et de Rituels.

Une instruction ministérielle du 8 février 1823 déclare que les enfants trouvés, apportés dans les hospices, doivent être immédiatement baptisés et élevés dans la religion catholique. . 4

I était déjà d'usage au xrrr° siècle. de mettre du sel sur les enfants exposés, pour marquer qu’ils n’avaient pas été baptisés ; car un concile de Londres, de l’an 1200, ordonne de baptiser ces enfants, qu on les ait trouvés avec ou sans +. (5). .” >

Le troisième concile provincial de Malines (1607) avait prescrit de baptiser les enfants trouvés sur lesquels ou près desquels on avait mis du sel comme signe de non-baptisation. Mais le Synode de 1609 reconnut que cet indice, bien loin d’avoir partout le même sens, affrmait au contraire, en certains endroits, la réception du sacrement; en conséquence, il décida qu’on devait baptiser sous condition tous les enfants exposés, qu’ils aient on n’aient point de sel (6).

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Des enfants des juifs et des infidèles

Le principe généralement admis qui règle cette question, c’est qu’on peut baptiser tout enfant de Juif ou d’infidèle, dès qu’on ne fait

(1) Suarez, Vasquez, Ledesma, Navarre, Soto, Layman, Bonacina, Palaus, Sylvestre, Tabiena, Ochagavia, etc.

(2) Marchant, Leander, Gonzalez, Ramirez, Munnoz, Mendoza, Liguori, Gury, etc.

(3) 15 Janv. 1624.

(4) Conciles de Rouen (1581), d'Aix (1585), de Toulouse (1590), de Narbonne (1609), etc.

(5) Baptizentur expositi de quorum baptismo dubitantur, sive invenientur cum sale sive sine sale.

(6) De Ram, Nov. coll. syn. Mechlin., t. I, p. 370 ; t. II, p. 218.

que peu ou point d'injure au pouvoir paternel et qu'on n’expose point vraisemblablement le sacrement à une profanation.

Une instruction dressée par ordre de Pie VI, en date du 27 juillet 1775, prescrit aux missionnaires de ne conférer le baptême aux enfants des infidèles, quand les parents en font la demande, que lorsque les circonstances donnent la presque certitude que ces enfants seront éle 3] vés dans la religion chrétienne. Les nombreuses décisions dela sacrée | Congrégation du Saint-Office sont toujours basées sur ce principe.

Les Bohémiens, les Gitanos, les Zingari, etc., ont souvent tenté par spéculation, de faire rebaptiser leurs enfants dans tous les lieux où ils passent ; aussi, Catholiques et Protestants se montrent-ils justement défiants à leur égard.

En Albanie, ies Turcs faisaient parfois baptiser leurs enfants, s’imaginant par là les préserver de maladies contagieuses ; quelques prêtres catholiques se prêtaient à leurs césirs, mais, pour ne point conférer réellement le sacrement à des enfants qui devaient certainement un jour pratiquer le Mahométisme, ils omettaient quelque chose d’essentiel, soit dans la matière, soit dans la forme. En 1703, le concile d’Albanie condamna l'usage de ces baptêmes fictifs.

Tous les théologiens admettent que le baptême conféré à des enfants d'infidèles et de Juifs est valide, malgré l'absence de consentement des parents, parce que leur volonté n’est nullement requise pour l'essence du sacrement et concerne seulement l'équité du droit naturel. Catharin est à peu près le seul qui prétende qu’un baptême administré à un enfant juif contre le gré de ses parents, serait nul, qu’il n'imprimerait aucun caractère, et ne produirait aucune grâce dans celui qui le recevrait.

Là où les théologiens se sont parfois divisés, c’est relativement aux conditions exigées pour la licité de tels baptêmes. Scot et un petit nombre de théologiens (1) n’en réclament qu’une seule, c’est qu'on pourvoie à l'éducation chrétienne de ces enfants. D'après eux, on pourrait enlever les enfants des Juifs et des idolâtres et les baptiser malgré l'opposition de leurs parents, parce que le salut de l'enfant est préférable au bonheur naturel du père, parce que les droits de Dieu sont supérieurs à ceux de la famille. Un certain nombre d'anciens missionnaires, surtout pendant la conquête de l'Amérique, ont agi en vertu de ce principe. Cette conduite leur a été durement reprochée par les Protestants, qui savent d'ordinaire si bien modérer leur zèle (2).

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(1) Frassen, Estius, Pichler, Holzman, Gabriel, Ledesmius, Udalric Zazius, etc. (2) J. Reiche, De Baptismo furtivo.

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