‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 228 sur 283 · LIVRE VII. —— DES SUJETS DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VII. —— DES SUJETS DU BAPTÈME

l'exil les Juifs qui refuseraient de se faire baptiser. Le roi de Portugal en avait agi de même en 1406, à l'égard des Juifs et des Maures, |

Si un certain nombre de princes chrétiens ont employé la violence pour hâter des conversions plus ou moins sincères, il en est d’autres dont les mesures fiscales devaient avoir pour résultat de mettre un sérieux obstacle à la conversion des Juifs; tels sont ceux qui, au moyen Âge, se sont cru le droit de confisquer, au profit de l'État, les biens acquis par les Juifs avant leur baptême. Le troisième concile de Latran (1170) défend, sous peine d'excommunication, aux autorités civiles, de s’emparer ainsi des biens des néophytes. Cet abus persista longtemps en France, car Charles VI fut obligé de publier une ordonnance pour protéger la fortune des Juifs convertis (1). L'origine de ces confiscations provient sans doute de la croyance où l’on était alors que les biens possédés par les Juifs, avant leur conversion, avaient été acquis injustement ; car nous voyons le concile de Bâle (2) établir une distinction entre les biens extorqués par l'usure, que Île néophyte doit restituer, et ceux possédés légitimement, sur lesquels il est interdit aux laïques et aux ecclésiastiques de rien prélever.

ARTICLE IV

Be quelques catégories particulières d'adultes

Sous ce titre, nous allons grouper quelques renseignements rapides sur le baptême des Juifs, des paiens, des esclaves, des femmes enceintes, des énergumènes, des aliénés, et des sourds-muets.

Jurrs. — Nous avons parlé du baptème des Juifs, au point de vue de la liberté qui doit leur être laissée. Ajoutons ici que, surtout dans les temps modernes, les. conciles (3) ont entouré de certaines précautions

(1) Mabillon, Anal. t. IL, p. 485.

(2) Sess. XIX, c. vi.

(3) Concile de Milan (1579); Ordonn. de M. de Cosnac, archev. d'Aix (1702).

l'admission des Juifs au catéchuménat, en la soumettant à la décision épiscopale. Parfois, comme l’expérience l’a prouvé, des Juifs se sont fait baptiser plusieurs fois, uniquement pour recevoir des cadeaux de parrainage; les uns n’ont eu pour but que de pouvoir exercer des offices publics dont ils étaient exclus dans plusieurs Etats ; les autres» cédant à de simples velléités, retombaient ensuite dans les pratiques judaïques.

Socrate (1) raconte l’histoire d’un Juif qui feignit souvent de se convertir, dans le but ignoble de recevoir des cadeaux. pécuniaires. Il allait se faire baptiser tantôt par les Ariens, tantôt par les Macédoniens, tantôt par les Catholiques. S'étant présenté à Alexandrie, il y subit le jeûne des catéchumènes. On allait lui administrer le baptême, la robe blanche était déjà prête, le bassin du baptistère venait d’être rempli d’eau ; mais voici que soudain cette eau disparaît. On s’imagine d’abord qu’elle s’est écoulée par les conduits de décharge et on remplit de nouveau le bassin; l’eau disparaît encore quand le Juif s’en approche; les prêtres l’interpellent, des curieux accourent, et l’un d’eux reconnaît avoir été le parrain de ce faux catéchumène, déjà baptisé par le prêtre Atticus.

Païens. — Les Israélites s’étonnèrent d’abord que les incirconcis, c'est-à-dire les infidèles, pussent recevoir le baptême. « C'était là, dit saint Augustin (2), une question qu’avaient fait surgir les Juifs convertis et qui excitait du scandale dans l’Église ; car elle divisait les fidèles circoncis d'avec ceux qui étaient sortis de la gentilité, et qui, tout incirconcis qu'ils étaient, n'en recevaient pas moins le baptême. La descente du Saint-Esprit sur le centenier Corneille mit fin à cette division; ce fut comme une voix par laquelle l'Esprit-Saint luimême dit à Pierre : Hésiteriez-vous à baptiser des hommes en qui j'habite déjà ? »

Le cardinal Humbert (3) reproche aux Grecs d’avoir refusé de conférer le baptème à des paiens, et s’écrie que c’est là une suggestion du démon pour la ruine des âmes.

ESCLAVES. — Quand un propriétaire d'esclaves se faisait baptiser avec eux, il était ordinaire qu'il les affranchît ; c’est ainsi qu’en agit

(x) Lib. VITE, c. xvir ; Cassiodore, Hist, tripart., 1, XI, c. xrv. (2)ESerm XCTX NES Luc, © xir.

(3) Disp. contra, Græc.

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