‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 230 sur 283 · EIVRE VIT. —" DES SUJETS DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

EIVRE VIT. —" DES SUJETS DU BAPTÈME

indulgents, invoquent un texte contestable d’Innocent IT (1), où le célèbre Pontife semble dire qu’on peut baptiser les adultes infidèles tombés en léthargie ou en démence, pourvu seulement qu'ils n’aient pas exprimé auparavant la volonté formelle de ne pas être baptisés. Fr

Sourps-Muers. — Le plus ancien document relatif au baptême des sourds-mucts est peut-être le Capitulaire où Othon IT, évêque de Verceil, dit qu’on ne doit point leur refuser le premier des sacrements s'ils manifestent par quelque signe qu'ils veulent être chrétiens (2). Le peuvent-ils lorsqu'ils ne connaissent point la parole écrite ou parlée ? M. l'abbé Montaigne (3) suppose que le sourd-muet, avant son instruction, est privé de tout sentiment moral; il refuse au simple langage des signes naturels le pouvoir d'introduire le sourd-muct dans la connaissance des vérités morales et religieuses, et n’accorde ce privilège qu'aux langues écrites et parlées auxquelles, en France, dix-huit mille infortunés restent étrangers. M. l'abbé Lambert, premier aumônier de l'Institution nationale des sourds-muets de Paris, nous paraît avoir démontré la complète fausseté de cette doctrine ; l'expérience lui a prouvé que la seule langue des signes peut développer dans le sourdmuet des idées morales et religieuses, et lé disposer suffisamment au bienfait des sacrements. « Il y a obligation, dit-il (4), de lui conférer le baptême, sans aucune instruction, quand il est en danger de mort et qu'on n’a pas le temps de l’instruire. Tel est le sentiment de Reiffentuel, de Layman et d’autres théologiens, parce que, disent-ils, ils sont alors dans le même cas que les petits enfants. Jésus-Christ et l’Église suppléent à la foi et à l'intention qu’ils ne peuvent avoir. »

(1) Cap. Majores. III, De Bapt., à Item quæritur.

(2) D’Achéry, Spicil., t. VITE, p. 8.

(3) Recherches sur les connaissances intellectuelles des Sourds-Muets, considérées par rapport à l'administration des Sacrements.

(4) Le Conseiller des Sourds-Muets, n° d’oct. 1869. Cf. La Clef du langage de la physionomie et du geste mis à la portée de tous, 3e éd., p. 40.

CHAPELEE C1

Des sujets inaptes au baptème

ARTICLE I

Des adultes et des enfants déjà baptisés

Le Symbole que nous récitons à la messe proclame l'unité du baptême : Confiteor unum baptisma. L'homme étant né par le baptême à la vie chrétienne, ce sacrement ne peut être réitéré, car on ne peut naître qu’une fois. Par là même que c’est avant tout la guérison radicale du péché originel qui ne saurait souiller l’âme de nouveau, il est évident que cette ablution purificative ne peut se renouveler. On a donné le nom de Rebaptisants, Dibaptistes, Anabaptisies, aux nombreuses sectes qui, par divers motifs, ont réitéré l’empreinte d’un caractère essentiellement indélébile. Cette rebaptisation a été considérée comme si coupable que saint Léon la traite de sacrilège irrémissible (1), et que saint Augustin nous dit qu'il est difficile de juger ce qu'il y a de plus pernicieux ou de ne pas être baptisé du tout ou bien de Pêtre deux fois (2).

Nous allons parler successivement de la rebaptisation par les Catholiques, par les hérétiques anciens et modernes, et par les Églises schismatiques orientales.

Les Catholiques ont toujours reconnu l’unité du baptême proclamée par l’Apôtre (3). Si quelques Églises d'Asie et d'Afrique l'ont violée en réitérant le baptême à ceux qui l’avaient reçu des mains des hérétiques,

(1) Epist. CXXXV ad Neon.

(2) De Bapt. contra Donatist., 1. IT, c. x1v. (3) Ephes., 1v, 5.

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