LIVRE ÎX; == DE LA PRÉPARATION AU BAPTÈME
l’église, avaient donné de sérieuses garanties de leur convérsion, ils passaient dans la classé des Prosternés ou Catéchüumënes proprement dits, Où ils étaient rèçus avec lés cérémonies et les prières qui sônt rapportées dans les anciens monuments liturgiques, sous le titre d’Ordo àd faciendum Catechumenum. Les plus anciens ne parlent que d'uñ seul signe de croix fait par l’évêque ou le prêtre sur le front du candidat; les liturgies plus récentes mentionnent, outre l'imposition des mains, des signes de croix sur le front et sur la poitriñie, ét parfois aussi sur les yeux et les oreilles.
Après le renvoi des Écoutants, les Prosternés assistaient aux prières que lé célébrant faisait spécialement pour eux; ils recevaient, en s’agenoüillañt, la bénédiction spéciale de l’évêque ou du prêtre, etils se reti= raient à l’offertoire, suivis bientôt, d’abord par les Énergumènes, en suite par les Pénitents ét, enfin, par les Compétiteurs. Ceux-ci, seuls, étaient assujettis aux scrutins dont nous parlerons plus loin, Quand ils en sortaient triomphants, ils prenaient le nom d'Ælus. Ces deux désis gnations sont souvent prises indifféremment l’une pour l’autre par les écrivains des premiers siècles.
ARTICLE V
Durée du Catéchuménat
Le Catéchuménat, ayant été surtout institué pour éprouver la sincérité de la conversion, a dû nécessairement varier de durée selon les circonstances et les sujets. Les épreuves, plus longues dans les premiers siècles, ont été successivement abrégées, jusqu’à ce que le Catéchuménat ait été confondu avec les cérémonies du baptème.
Les Constitutions apostoliques, tout en prescrivant trois années de Catéchuménat, permettent d’abréger ce temps de probation, lorsque le candidat témoigne un vif désir d’être initié aux saints Mystères (1). Le concile d’Elvire fixe à deux ans la durée de cette préparation pour ceux dont la conduite offre une sérieuse garantie ; mais il exige trois ans
(1) Lib. VIIT, c. xxxir.
pour les Flamines qui auraient accordé des spectacles au peuple. Le concile d'Agde (506) se contente de huit mois pour éprouver les Juifs, auxquels Clément d'Alexandrie, plus méfiant à leur égard, avait imposé un noviciat de douze années (1). Le concile de Nicée confie cette réglementation à la prudente décision de chaque évêque.
La durée des épreuves était prolongée pour ceux dont la conversion n’était pas bien évidente et pour ceux qui tombaient dans des fautes graves. Ces derniers, quand ils étaient dans la classe des Prosternés, devaient, d’après un canon du concile de Nicée, retourner pendant trois ans dans celle des Écoutants. Le concile d'Elvire proroge de cinq années le noviciat d’une Catéchumène qui aurait épousé un homme déjà marié; il l’étend jusqu'aux approches de la mort pour une Catéchumène coupable d’idolâtrie et d’avortement.
Quand survenait une persécution, on s'empressait parfois de baptiser les Catéchumènes et les enfants, pour qu'ils ne fussent pas exposés à périr sans être régénérés. Il en fut ainsi à Alexandrie pendant la persécution qu’y suscita Valérien, en l’an 257 (2).
Les missionnaires de la Foi, dans les contrées païennes, ne pouvaient point imposer de longues épreuves à ceux qu’ils convertissaient par leur parole ou leurs miracles. Socrate nous dit (3) qu'un évêque des Gaules baptisa un grand nombre de Burgundes, après les avoir catéchisés pendant sept jours. Saint Otton, de Bamberg, en agit de même pour les convertis de la Prusse et de la Poméranie. Beaucoup de légendes nous représententles premiers apôtres du Nord de l'Europe baptisant de nombreuses populations, après quelques jours seulement de prédication.
ARTICLE VI
De l'instruction des Catéchumènes
Notre-Scigneur, en donnant à ses disciples l’ordre de baptiser, l’a fait précéder du précepte d'enseigner. Aussi le baptème des adultes
(1) Strom., 1. VI.
(2) Boll., 3 Oct., De S. Dionys., n° 524 (2): Hist.eccls I VII CES