‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 252 sur 283 · LIVRE IX. — DE LA PRÉPARATION AU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — DE LA PRÉPARATION AU BAPTÈME

a-t-il été précédé d’une instruction plus ou moins longue appelée Catéchèse. L'homélie que les Catéchumènes écoutaient au commencement de la messe ne suffisait point à leur éducation religieuse; parfois les parrains y concouraient; dans les familles chrétiennes, le père, la mère, et jusqu'aux scrviteurs, remplissaient vis-à-vis des enfants et même des étrangers le rôle de Catéchistes de bonne volonté, Saint Basile se félicite (r) d’avoir reçu de sa nourrice les premiers éléments de la foi chrétienne. L’évêque se réservait ordinairement l'instruction des Compétents ; mais celle des classes inférieures des Catéchumènes était faite par des prêtres, des diacres ou des lecteurs qu’on nommait Catéchistes, Catéchètes où Nautologues (pilotes). Quelquefois, c'étaient des diaconesses qui étaient chargées de l’enseignement des femmes. En certaines circonstances, elles initiaient aussi les hommes aux premières vérités de la Foi: mais c'était là une fonction privée qu’elles n'exerçaient qu'à domicile (2).

Un bon nombre de Catéchèses nous ont été laissées par saint Ambroise, saint Augustin, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Cyrille de Jérusalem, saint Eusèbe de Césarée, saint Grégoire de Nysse, saint Nicétas, saint Pacisn, etc. Saint Augustin ne s’est point contenté de composer quatre sermons explicatifs du Symbole, à l'intention des Catéchumènes ; sur la demande d’un diacre de Carthage, il rédigea un traité sur la manière de catéchiser les ignorants. Nous voyons par cet écrit didactique, aussi bien que par les Catéchèses qui nous sont parvenues, que l’on commençait par démontrer aux Catéchumènes des deux premiers ordres l’absurdité du paganisme et la beauté de la morale évangélique. Pour les disposer à la pénitence, on les ébranlait par la terreur des jugements de Dieu ; on leur parlait ensuite de la création du monde, de la chute du premier homme, des événements figuratifs de l'Ancien et du Nouveau Testament, de la vie et de la mort du Sauveur, de sa résurrection, de l’établissement divin de l'Église, et du Jugement dernier. On réservait pour les Compétents l'explication du Symbole et de l’Oraison dominicale. C’est seulement dans le cours de la semaine qui suivait l'administration du baptême qu’on approfondissait devant les Néophytes les mystères de la Trinité et de l'Eucharistie dont il aurait été imprudent de parler avant l'initiation chré-

tienne.

(1) Epist. XXV.

(2) Chrys., Hom. XXI in Epist. ad Roman.

Ce genre d'enseignement exigeait des aptitudes spéciales et une grande prudence; aussi des écoles catéchétiques se formèrent-elles dans la seconde moitié du n° siècle. Elles fleurirent durant les trais siècles suivants, surtout à Alexandrie, à Carthage, à Nisibis, à Antioche, à Césarée, à Édesse, etc. Celle d'Alexandrie, qui élargit beaucoup le cadre accoutumé des instructions, eut successivement pour chefs: Pantène, qui devait aller évangéliser les peuplades les plus reculées de l'Asie ; Flavius Clément ; Origène, qui remplit cette fonction dès l'âge de dixhuit ans: Héraclasy Denys d'Alexandrie; Piérius ; Théognaste ; Didyme et Rhodon {1}. C'est de l'école catéchétique d'Antioche, la plus célèbre de toutes, que sortirent Eusèbe, évêque d'Émesse, saint Cyrille de Jérusalem, le poète syriaque Éphraim, etc.

Les Catéchèses se faisaient de vive voix; mais, parfois, pour des motifs particuliers, on en adressait par écrit aux absents et aux malades. Nous lisons dans la vie de saint Ambroise que le célèbre Pontife de Milan envoya une Catéchèse en forme de lettre à Fritigile, reine des Marcomans, qui avait manifesté le plus vif désir de recevoir le baptême.

ARTICLE VII

Des lieux de réunion des Catéchumènes

Les aspirants au baptême se réunissaient : 1° pour assister à la messe des Catéchumènes ; 2° pour entendre les instructions des Catéchistes. Nous devons déterminer l'endroit où ces réunions avaient lieu.

Avant l'usage des porches, c’est-à-dire antérieurement au v® siècle, l’atrium des basiliques donnait accès dans un vestibule intérieur nommé narthex ou pronaos, séparé de la nef, c’est-à-dire de l’église proprement dite, par un mur percé d’une vaste porte (porta speciosa) et quelquefois de deux portes latérales. Dans les grandes églises urbaines de l'Orient, il y avait deux narthex, l’un pour les hommes, l’autre pour les femmes. C'est dans ce portique qu'était assignée la place des Catéchumènes, à droite et à gauche, dans l’ordre suivant :

(1) Guerike, De Schola Alexandriæ, pp. 09 et 112.

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