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LIVRE IX. — DE LA PRÉPARATION AU BAPTÈME

concile n’a eu en vue que les soldats de l’armée de Licinius qui, après avoir renoncé à leur profession pour n'être point contraints de sacrifier aux Dieux, retournaient sous les drapeaux et abjuraient leur foi. L'Église a toujours été si éloignée de condamner la profession des

| armes, que le premier concile d'Arles a frappé d'excommunication Îles

__ déserteurs. $

| Le Catéchuménat n'avait pas seulement pour but d’initier aux mys-

:__tères du Christianisme, de développer la foi dans les âmes, mais encore

__ de former les cœurs à la vertu. Au 1v° siècle, quelques personnes prétendaient que pour recevoir le baptême, il suffisait de croire aux mystères de Jésus-Christ, et qu’on n’était obligé de changer de vie qu’après avoir reçu le sacrement. Saint Augustin composa tout exprès contre cette erreur son traité De fide et opertbus. Il y montre que le Catéchuménat est le noviciat de la vie chrétienne, et que l'Église a le droit d'exiger une conduite pieuse et régulière de la part de ceux qui aspirent à devenir les disciples de Jésus-Christ.

C'est pour opérer cette conversion de l'esprit et du cœur qu’on assujettissait les Catéchumènes à de nombreux exercices de piété et de pénitence.

Lorsque les Juifs convertis par la première prédication de saint Pierre lui demandèrent par quel moyen ils pourraient être sauvés : « Faites pénitence, leur répondit-il, et que chacun de vous soit baptisé. » Aussi, les jeûnes, les abstinences, les mortifications, les veilles, la continence étaient-ils considérés comme la préparation obligée du baptême (1). On donnait le nom de première pénitence à celle que

-s’infligeaient les Catéchumènes, pour la distinguer de la seconde pénitence, imposée par l'évêque ou le prêtre aux Chrétiens baptisés qui tombaient dans des fautes graves.

La pénitence des Catéchumènes n’était pas publique ; elle s’accomplissait à domicile. Ceux qui ont prétendu le contraire ont cité des faits qui ne peuvent être considérés que comme la libre et volontaire expansion du repentir. Ce ne fut qu’exceptionnellement que l'Église soumit à la pénitence publique quelques grands pécheurs non baptisés ; il en fut ainsi de Dorothée, coupable du martyre de plusieurs Chrétiens.

La pénitence des Compétents commençait avec celle des fidèles, c'est-à-dire avec le carême (2); quand les exercices préparatoires du

(x) Const. apost., 1. VIL c. xx; Orig., Hom. XXIII in Luc.; Tert., Me PEREMCANE; August., Epist. CCLXV ad Saleuc.; Justin., Apol. II, p. 93. (2) Cyrill., Catech. I, 5 ; Hieron., Epist. ad Pammach.

baptême furent réduits à un moins grand nombre de jours, les exercices de pénitence subirent la même diminution de durée. On voit par là que ces pénitences n'étaient pas essentiellement associées au carême des fidèles ; d’ailleurs, elles avaient également lieu pendant quarante jours pour ceux qui devaient recevoir le baptème aux fêtes de la Pentecôte. Pendant les féries de carême, les Catéchumènes, à l’exemple de David, marchaient nu-pieds, pour bien se pénétrer de cette vérité: qu'ils devaient renoncer aux affections désordonnées de la chair, et s’avancer librement dans les sentiers d’une nouvelle vie dont les aspérités n'avaient rien de dangereux pour leur âme (1). En signe d'humilité, ils marchaient la tête baissée et parfois couverte d’un voile, pour se conformer, même physiquement, aux recommandations liturgiques de l'époque : Humiliate capita vestra Deo. Les Catéchumènes, en signe de pénitence, répandaient de la cendre sur leur tête (4) ; c'est de là qu'est venu l'usage, admis plus tard dans toute l'Eglise, d'en mettre sur le front de tous les fidèles. Il y en avait qui, revêtus d’un cilice, couchaient sur la cendre ou sur la terre nue (5). Dans le Rituel de Clément VIIT, on trouve encore une formule pour la bénédiction des cendres destinées à asperger les Catéchumènes, au commencement des scrutins. " Plusieurs écrivains pensent que les Compétents observaient le jeûne quadragésimal des fidèles, c'est-à-dire qu'ils ne faisaient qu’un seul repas par jour, vers le soir, et qu'ils s'abstenaient de vin, ainsi que des viandes les plus délicates ou les plus substantielles. On cite à ce propos des textes du faux Alcuin et de Rhaban Maur ; mais ils n’ont de valeur probante que pour les pays de ces deux auteurs, c’est-à-dire la France et l'Espagne; il y est dit, d’ailleurs, que cette observance quadragésimale fait contracter des souillures, ce qui ne peut s'appliquer qu’à l'imposition des cendres. Remarquons en outre que le mot «bstinence,dans l’ancien langage ecclésiastique, ne comprend pas nécessairement le jeûne. En somme, nous croyons qu'il ne faut pas confondre le jeûne quadragésimal avec le jeûne catéchuménal ; ce dernier pouvait coïncider avec l’autre, quand les scrutins qui précédaient le baptême pascal duraient quarante jours; mais, en général, ces jeûnes

1) Johannes Diaconus, Epist. ad Serar., apud Mabillon, Mus. Hal pire 2) August., lib. Il de Symb. ad Catech., c. 1; Beda, Quest. sup. Genes.

3) August., /bid.; Paulin. Nol., Paneg. de Celso. à

4) Greg. Naz., Orat. XL.

( ( ( ( (5) Greg. Naz., bid.; Act. S. Donati episc. et Hilarin. Monachi,

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