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LIVRE IX. == DE LA PRÉPARATION AU BAPTÈME

étaient moins rigoureux et duraient moins longtemps ; ils étaient surtout obligatoires pendant les quelques jours qui précédaient immédiatement l'administration du sacrement, n'importe à quelle époque de l’année.

Tous les écrivains ecclésiastiques recommandent aux Catéchumènes l'observance du jeûne, pour expier leurs fautes et pour imiter l'exemple de Corneille qui recut le baptême, étant à jeun (1). Les Constitutions apostoliques disent (2) que « Celui qui est initié doit d’abord jeüner, ensuite être baptisé. » Saint Grégoire le Grand écrit à Faustin, au sujet des Juifs convertis en Sicile, qu’il faut leur imposer un jeûne de quarante jours. Le quatrième concile de Carthage demande vingt jours d'abstinence de vin et de viande; du temps de Rupert (3), le jeûne préparatoire durait deux semaines; il ne fut que d’une semaine pour Constantin. Enfin, nous voyons de nombreux exemples, surtout dans les temps de persécutions et dans les pays de mission, où le baptême n’est précédé que d'un jeûne de trois jours, et même d’un seul jour (4).

Les enfants eux-mêmes paraissent avoir été soumis, dans une certaine mesure, à la loi du jeûne. Saint Augustin écrit à saint Jérôme (5) que cette obligation leur incombe à cause du péché originel, ce qui peut faire croire qu'il est question dans ce passage du jeûne prépara- : toire au baptême. Mais cette pratique n’avait sans doute lieu que pour le jour même du baptème, comme cela se fait encore aujourd'hui dans quelques contrées orientales.

Il serait difficile de préciser l'époque où le jeüne baptismal tomba en désuétude. Il n'en est pas fait mention dans la lettre qu'Hinemar adresse à son clergé en 874; Rupert, qui lui est postérieur, en parle. La glose des décrétales de Gratien, attribuée au xm° siècle, constate l'abandon de cette pratique. Elle a dû persévérer plus ou moins longtemps, selon que les conversions plus où moins tardives des peuples ont prolongé les baptèmes d'adultes.

Il est probable que les Compétents s’abstenaient de bains, mais que, néanmoins, ils en prenaient un le samedi saint, comme les autres Chrétiens. C'était là une coutume religieuse et non point une prescription liturgique. |

(1) Justin., Apol. IL, n. 61; Tertul., De Bapt., c. xix3 Cyril. Hier.; Cat. HE, n.7; Greg. Naz., Orat. XL; August., Epist. XXVIII ad Hieron.

(2) L. VIL c. xxur.

(3) L. IV, De div. offic., c. xIx.

(4) Boll., 17Jan., Vit. S. Genulphi, c. 3; 19 Jun., Act. SS. Mari, Marthæ, etc., €. 11; 2 Jul., Vit. $. Ottonis, n. 65 ; 14 Oct., Act. 8. Calixti.

(5) Epist XX VIII.

La continence conjugale était prescrite aux Catéchumènes mariés, à partir du moment où ils étaient inscrits au nombre des Elus; cette abstinence devait durer encore quelque temps après la réception du baptême (1). En diverses contrées, c'était là un conseil de perfection et non pas un précepte obligatoire (2). Les célibataires ne pouvaient point se marier pendant ces jours de préparation immédiate.

Il est certain que les Compétents confessaient en secret leurs péchés aux prêtres. Ce n'était pas évidemment pour recevoir une absolution dont ils n'étaient point encore capables, toutes leurs fautes actuelles ne pouvant être effacées que par le baptême. Les futurs Chrétiens laissaient voir par là qu'ils ne craignaient point les humiliations et qu'ils sauraient un jour se soumettre à celle de la confession auriculaire.

« Ceux qui doivent entrer dans le bain sacré, dit Tertullien (3), doivent se confesser de tous leurs péchés passés, pour mieux représenter ainsi le baptème que donnait saint Jean; » 1l ajoute qu’on doit s’estimer heureux de ne pas être obligé, comme alors, de faire un aveu public de ses péchés passés. Saint Cyrille dit aux Catéchumènes (4) : « Vous devez vous confesser des péchés que vous avez commis par paroles et par actions, pendant la nuit et pendant le jour. » Saint Basile s'adressant aux Catéchumènes qui différaient trop longtemps de devenir chrétiens : « Pourquoi, leur dit-il, attendez-vous que la fièvre ou la maladie vous presse, pour recevoir le baptême, alors que vous ne pourrez plus prononcer une parole, ni faire une confession exacte. » Saint Grégoire de Nazianze (5) ne considère pas cette humiliation comme trop pénible, puisqu'elle doit faire éviter celle du siècle à venir. De ces textes et de bien d’autres (6), il nous semble résulter clairement : 1° que les Catéchumènes ne .se confessaient pas seulement à Dieu, en déclarant d’une manière générale qu'ils étaient pécheurs, mais qu'ils faisaient un aveu détaillé de leurs fautes ; 2° que cette confession était privée et non publique; 3° qu’elle était recommandée vivement, mais non pas obligatoire.

Cette pratique de pénitence a dû disparaître plus tôt que les autres.

) August., Serm. CXVT; De fide et op., c. vi; Hieron., Epist. LXX XIII ad Ocean. ) Greg. Naz., Orat. XL ; Cæs. Arel., Serm. CCLXVII. )J DE=Bapr ic. xx:

JACatech.\c"r.

\ Orat. XL.

( ) Chrys., Hom. X in Matth., n. 5; Euseb., Vit. Const., 1. IV, c. Lxr; Socrat., Hist. tripart., 1. IX, c. xxx ; Boll., 8 Oct., De Nonno.

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