LIVRE IX. — DE LA PRÉPARATION AU BAPTÈME
; ue Il n'en est point question dans l'explication des rites du baptême que donne saint Grégoire le Grand, ni dans la lettre adressée par Hincmar à son clergé de Reims.
ARTICLE IX
De quelques rites du Catéchuménat
La plupart des rites préparatoires du baptême se répétaient immédiatement avant l'administration du sacrement (r); ils se sont plus ou moins conservés dans notre liturgie. Nous nous réservons d'en parler dans le Livre XIV consacré aux CÉRÉMONIES, et nous ne traiterons ici que de quelques rites spéciaux qui ont laissé peu de traces dans les temps modernes, c'est-à-dire des scrutins, du sacrement des Catéchumènes et du Capitolarium.
Des scrutins
On donnait le nom de scrutins (de scrutlari, rechercher) aux réunions des Compétents, lesquelles avaient lieu avant l’époque du baptême, parce qu’un de leurs principaux buts était de rechercher si les candidats étaient véritablement dignes du sacrement qu'ils avaient demandé. Le
(1) J. L. Campieng (Traité historique. des anciennes cérém. de l'Église, etc., p. 256) explique ainsi ce renouvellement: « Jen trouve, dit-il, la raison littérale dans le baptême des petits enfants; car ces petits enfants ne s'étant pas trouvés aux scrutins pendant lesquels se faisaient la plupart de ces cérémonies, il convenait de les renouveler en leur faveur pour ne pas les priver des grâces qui y étaient attachées; et quoiqu’on les eût déjà pratiquées à l'égard des adultes, il n’y avait nul inconvénient à les renouveler aussi pour eux, la grâce du baptême dont ils étaient si proches demandant qu’on les mit
* dans la meilleure disposition où ils pouvaient être pour en recevoir la plénitude. On croyait, d’ailleurs, qu’il ne fallait pas mettre de différence, même dans les pratiques extérieures, entre ceux qui devaient avoir également part, et dans le même temps, au bienfait de la régénération. »
peuple des fidèles y était convi£ pour réndre témoignage de la conduite des Catéchumènes, dont on lisait, dans ce but, la liste à haute voix.
Les scrutins commençaient le mercredi de la troisième semaine de carême, ou, en certaines contrées, le mercredi de la quatrième semaine : ils n'avaient ordinairement lieu que le mercredi et le samedi; on nen faisait que trois à Rome du temps du pape Sirice, mais plus tard ils furent portés au nombre de sept, sans doute en l’honneur des sept dons du Saint-Esprit ; cette modification importante est antérieure au pape Gélase, car rien n'indique, dans son Sacramentaire, qu’elle ait été instituée par lui.
Dans quelques églises, les enfants eux-mêmes étaient assujettis à trois scrutins (1).
En éomparant les prescriptions des Rituels français, allemands et italiens du moyen âge avec les scrutins indiqués dans le Sacrementaire de Gélase, on peut constater des variantes, peu importantes au fond, dans la succession des cérémonies. Nous allons mentionner celles de l'Église romaine,en ne faisant qu’indiquer les divers rites, plus où moins consérvés aujourd’hui, et dont nous devrons rechercher l’antiquité et la signification dans le Livre XIV consacré aux CÉRÉMONIES Du BAPTÈME.
Le mercredi de la troisième semaine de carême, la messe avait pour objet de recommander à Dieu le succès des scrutins. On priait, au Memento des vivants, pour les Compétents dont les noms étaient inscrits sur les diptyques avec ceux de leurs parrains.
Le second scrutin avait lieu le samedi suivant. Parfois il fut avancé d'un jour, et la cérémonie coincidait alors fort heureusement avec l'Épître qui parle du rocher d'où l'eau jaillit sous la verge de Moïse, et avec l'Évangile de la Samaritaine.
Le troisième scrutin était réservé partout au mercredi de la quatrième semainé et s'appelait le grand scrutin où la férie des scrutins, parce que c'était le plus important, le plus solennel, celui où avait lieu le choix des Élus. Le quatrième se faisait le lendemain ou le samedi suivant ; le cinquième, le mercredi de la Passion ; le sixième, le samedi suivant ; enfin le septième, le mercredi de la Semaine sainte, Chaque dimanche, on annonçait aux fidèles le sérutin du mercredi, et, à cé dernier jour, celui du samedi suivant.
Le grand scrutin étant le type le plus complet des autres, il nous suflira d’en indiquer les principales cérémonies :
(1) Mabillon, Mus. ital., 2€ partie, p. 60.