‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 258 sur 283 · LIVRE IX. —.DE LA PRÉPARATION AU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IX. —.DE LA PRÉPARATION AU BAPTÈME

l’Église, faisaient grâce à un certain nombre de prisonniers. Cette coutume d'en libérer quelques- -uns, soit le samedi saint, soit huit jours avant Pâques, a persévéré plus ou moins fours selon les pays. Il y en avait encore un vestige à Toulouse, au xvmi° siècle, dans ce qu'on appelait Za Redde.

Le baptême de la Pentecôte n’était point précédé de scrutins, peutêtre parce que la joie de la résurrection du Seigneur, qui anime toute la liturgie de cette époque, semblait exclure les pénitences qui accompagnaient toujours les scrutins. Le Sacramentaire de Gellone est le seul qui en indique trois pour le dimanche, le jeudi et le samedi avant la Pentecôte. On y trouve la même prescription pour la fête de l'Épiphanie.

Quand on commença à baptiser les enfants peu de temps après leur naissance, c'est-à-dire vers le xr° siècle, on supprima pour eux la cérémonie des trois scrutins. Elle avait encore lieu au xn° siècle à Milan, car nous en trouvons les détails dans le Cérémonial de Beroldi (1). Le second dimanche de carême, un cilice était étendu dans la nef de la cathédrale ; après la messe, on l’aspergeait de cendres bénites. On y faisait ranger, en forme de couronne, les garçons au midi, les filles au nord. La récitation du Pater et du Credo, faite par les parrains, était suivie d’un signede croix sur le front des enfants et de lexorcisme. La cérémonie se terminait par diverses prières prononcées au grand autel où les jeunes Catéchumènes avaient été conduits. Le samedi de Lazare, on inscrivait les noms des enfants, on les oignait de l’huile des Catéchumènes, et la cérémonie se terminait par la triple répétition du chant du Symbole.

En ce qui concerne les adultes, l'usage des scrutins se conserva plus longtemps pour eux dans diverses églises. On en trouve l'Office dans les manuscrits italiens du xm* siècle, et, encore au xv°, dans les livres liturgiques d’Aquilée et de Fréjus (2). Mais, en général, c’est au xiv° que les adultes, alors même qu’on les baptisait la veille de Pâques, furent dispensés de toutes les cérémonies préparatoires, confondues désormais avec la célébration du baptême. A la fin du xvi° siècle, le cardinal Sanctorius, dans le Rituel de Grégoire XIII, essaya bien de faire revivre l’ordre antique des scrutins; mais ces projets de réforme liturgique ne furent jamais réalisés.

(1) Ap. Muratori, t. IV, p. 911.

(2) Bern. de Rubeis, De sacris Forojulii rit., c. x. Tel 30

Du Sacrement des Catéchumènés

De nombreux écrivains (1) croient qu'on distribuait du pain bénit aux Catéchumènes, et que c’est là ce qu'on appelait le Sacrement des Catéchumènes. Ils allèguent surtout un canon du troisième concile de Carthage, où il est dit que, pendant les jours très solennels de Pâques, on ne doit donner aux Catéchumènes d'autre sacrement que lé sel accoutumé, parce que, si les fidèles ne changent point de sacrement ces jours-là, il ne faut point non plus que les Catéchumènes en changent (2). Il faudrait interpréter ces paroles assez obscures en ce Sens, que de même qu'il était défendu aux fidèles, pendant les jours solennels de Pâques, de communier avec des eulogies ou pain bénit, et de prendre ainsi un autre sacrement que l'Eucharistie, qui était alors obligatoire, de même on ne devait donner aux Catéchumènes que le sacrement du sel et ne pas l’échanger contre le pain bénit, qu’on appelait aussi improprement un sacrement. Cette défense, dit-on, prouve que, dans les temps précédents, les Catéchumènes participaient à la distribution des eulogies.

De l’Aubespine, le Père Nicolaï, Collin (3) et quelques autres écrivains repoussent ces conjectures, parce que la participation au pain bénit, refusée même aux Pénitents du quatrième degré, aurait rompu la barrière qui séparait les Catéchumènes de la communion des fidèles. Quel est donc cet autre sacrement qu’on ne doit point leur donner ? S’agissait-il du lait et du miel? Quand le concile de Carthage dit que les fidèles, pendant les jours solennels de Pâques (c’est-à-dire pendant l’'Octave), ne changent point de sacrement, cela signifierait-il qu’ils ne changent point d’oblation, qu’ils offrent uniquement le pain et le vin du sacrifice dont on doit faire une plus grande consommation que de coutume, et qu’ils n'offrent plus le lait et le miel dont on faisait pour les Catéchumènes, à d’autres époques, un sacrement figuratif ? Cette opinion de l'Aubespine est bien conjecturale,

(1) Estius, Maldonat, Beveregius, Petau, Visconti, Bellarmin, Baronius, Troma belli, etc.

(2) Item placuit ut etiam per solemnissimas paschales dies sacramentum Catechumenis non detur, nisi solitum sal ; quia si fideles per illos dies sacramentum non mutant, nec Catechumenis opportet mutari. (Can. 5.)

(3) Traité du pain bénit, ch. vur.

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