LIVRE I. — PROLÉGOMÈNES
tence à l’enfant d’Agar. De même que le corps du Fils de Dieu, qui était dans l’infirmité de la chair, fut transfiguré dans la clarté d’un corps glorieux et que, d'enfant d'Adam qu'il paraissait être, il se manifesta comme étant le Fils de Dieu, ainsi par le baptême, les enfants de malédiction deviennent les enfants de Dieu, les esclaves du démon deviennent les membres glorieux de Jésus-Christ.
Enfin, le baptême se trouve nécessairement compris dans les figures de l’ancienne Loi, qui, d'après les exégètes, se rapportent à l’ensemble des sept sacrements, comme les sept épis du songe de Pharaon, les sept lampes de la vision de Zacharie, les sept colonnes qui soutiennent le temple de la Sagesse, dans le livre des Proverbes, les sept trompettes qui annonçaient aux enfants d'Israël l’année du jubilé, les sept étoiles que l’auteur de l’Apocalypse vit resplendir dans la main droite du Fils de l'Homme, les sept sceaux du livre de vie, etc.
Dans le chapitre que nous consacrerons à l’iconographie, nous verrons comment ont été représentées les principales figures du baptême, et nous entrerons dans quelques détails qui feraient ici double emploi.
GHAPITRE VI
Des Rites analogues au Baptème
La purification symbolique par l’eau fait partie intégrante des conceptions religieuses de tous les peuples de l'antiquité, surtout chez les nations qui n’ont point adopté un rite spécial de purification, comme le feu chez les Sabéens, la circoncision chez les Juifs, etc.
Tandis que certains adversaires du Christianisme se sont emparés de ces faits pour attribuer au. baptême une origine païenne, des écrivains catholiques se sont efforcés d’atténuer la réalité de ces analogies, pour échapper à ce qui leur paraissait être une pierre d’achoppement. Bien loin de les suivre dans cette voie, nous grouperons ici, sur les ablutions purificatives, plus de témoignages qu'on n’en avait encore réunis; mais nous en tirerons des conclusions qui ne feront qu’augmenter notre respect pour les bases divines de la religion.
Nous ne saurions partager l'avis de quelques théologiens, prétendant que les lustrations de l’antiquité « n’ont point de rapport avec le baptême des chrétiens (1), » et que « dans l’accomplissement de ces ablutions, les prêtres et le peuple-ne cherchaient et ne désiraient rien de plus que de se débarrasser de toute souillure, non sous le rapport moral, mais sous le rapport physique (2). » Il nous paraît démontré, tout au contraire, que si le monde antique s’est plongé dans les eaux, c'était pour y trouver tout à la fois et la pureté du corps et la pureté de l’âme. Oui, sans doute, il y a une immense différence, en réalité, entre les lustrations de l’antiquité et le baptème chrétien. Celui-ci est imposé comme obligatoire, tandis que la plupart des ablutions antiques étaient des observances facultatives ; elles pouvaient se réitérer, tandis que notre sacrement ne se donne qu’une fois. Le baptême a son rituel fixe, tandis que les lustrations ont singulièrement varié leur mode, selon les temps, les religions et les climats. Mais la question
(1) Nonotte, Dict. phil. de la Religion, vo Baptéme. (2) Dollinger, Paganisme et Judaïsme, t. 1, 1.1V, c. mr.